La carte de Alexandre Soljenitsyne
Koulitch de Pâques
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Pain de fête du repas pascal orthodoxe (prazdnitchny stol)

Koulitch de Pâques

FestifÉvocation🍯difficile3 h (dont levées)
Pain de fête du repas pascal orthodoxe (prazdnitchny stol)

Koulitch de Pâques

Pourquoi ce plat ? Soljenitsyne, revenu à la foi orthodoxe de ses ancêtres, voyait dans le christianisme russe une force de résistance au totalitarisme. Le koulitch, brioche haute bénie à Pâques, est le sommet festif du calendrier orthodoxe : son contraste avec le pain noir du camp dit toute la distance entre la nuit du goulag et l'espérance de la résurrection.

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Pain de fête du repas pascal orthodoxe (prazdnitchny stol)

Une brioche cylindrique, haute et dorée, parfumée aux écorces confites et au safran, coiffée d'un glaçage blanc qui retombe comme la neige. Riche, sucrée, festive : le contraire absolu de la ration du camp, célébrée une fois l'an dans la joie de Pâques.

Voici le pain des jours clairs, inspiré de la grande fête de la Résurrection. Toute l'année on mange le pain noir des humbles, mais à Pâques, voyez-vous, la pâte se fait riche, dorée, parfumée — comme si le pain lui-même ressuscitait. On le coiffait de blanc, on l'ornait, et autour de lui la table modeste devenait royale. Après les ténèbres que j'ai traversées, croyez-moi : il n'est pas de pain plus doux que celui qu'on rompt en disant que la vie, malgré tout, l'emporte.
Alexandre Soljenitsyne
Ingrédients
  • Farine de fromentbeaucoup (base)
  • Levain ou levureun peu (levée)
  • Laitun bol (liquide)
  • Œufsplusieurs (richesse)
  • Beurregénéreusement (moelleux)
  • Sucreà volonté pour la fête (douceur)
  • Écorces confites et raisins secsune poignée (garniture)
  • Safranquelques filaments (couleur et parfum)
Comment on faisait : Le koulitch se prépare le Samedi saint pour être béni à l'église, puis partagé au matin de Pâques avec la paskha (entremets de fromage blanc). Les familles soviétiques croyantes le confectionnaient souvent en secret, le mot « Pâques » étant mal vu sous le régime — ce qui en faisait un acte de fidélité autant qu'une gourmandise.
Sources : Elena Molokhovets, Un cadeau aux jeunes ménagères (1861) · William Pokhlebkine, L'Art de la cuisine russe (1978)

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