Heinrich Schliemann(1822 — 1890)

Heinrich Schliemann

États-Unis, Empire russe, grand-duché de Mecklembourg-Schwerin

8 min de lecture

ExplorationSciencesScientifiqueExplorateur/triceXIXe siècleXIXe siècle, ère des grandes découvertes archéologiques et du positivisme scientifique

Archéologue allemand autodidacte (1822-1890), il consacra sa fortune à retrouver la Troie homérique. Ses fouilles à Hisarlik en Turquie révélèrent plusieurs cités superposées, dont une qu'il identifia — à tort — comme la Troie de l'Iliade.

Questions fréquentes

Heinrich Schliemann (1822–1890) est un archéologue allemand autodidacte devenu célèbre pour avoir découvert les sites antiques de Troie et Mycènes. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a consacré sa fortune à prouver que les récits d'Homère reposaient sur des faits réels, inaugurant l'archéologie de l'Âge du Bronze en Méditerranée. Moins un scientifique méthodique qu'un passionné visionnaire, il a bouleversé la connaissance du monde antique malgré des méthodes parfois destructrices.

Citations célèbres

« J'ai contemplé le visage d'Agamemnon.»
« Toute ma vie j'ai été guidé par Homère.»

Faits marquants

  • 1871 : début des fouilles à Hisarlik (Turquie), site identifié comme Troie
  • 1873 : découverte du « trésor de Priam », ensemble de bijoux et d'objets en or
  • 1876 : fouilles de Mycènes, découverte des tombes à fosse et des masques en or
  • 1822-1890 : vie de Schliemann, autodidacte devenu millionnaire avant de se consacrer à l'archéologie
  • Ses méthodes de fouille, jugées destructrices, ont néanmoins fondé l'archéologie préhistorique européenne

Œuvres & réalisations

Ithaque, le Péloponnèse et Troie (1869)

Premier ouvrage archéologique de Schliemann, relatant ses voyages d'exploration en Grèce. Il y développe sa conviction que les sites homériques sont réels et localisables.

Trojanische Alterthümer (Antiquités troyennes) (1874)

Rapport détaillé des premières grandes campagnes de fouilles à Hisarlik, avec la description de la découverte du 'Trésor de Priam'. Cet ouvrage suscita enthousiasme et controverses dans le monde savant européen.

Mycenae: A Narrative of Researches and Discoveries (1878)

Récit des fouilles de Mycènes incluant la découverte des tombes royales et du 'Masque d'Agamemnon'. L'ouvrage établit l'existence d'une civilisation préhellénique que l'on nommera mycénienne.

Ilios: The City and Country of the Trojans (1880)

Synthèse majeure sur les fouilles de Troie, présentant les neuf couches successives d'occupation et les objets découverts. Schliemann y défend sa thèse d'identification de la seconde couche (Troie II) avec la Troie homérique.

Tiryns: The Prehistoric Palace of the Kings of Tiryns (1886)

Étude des fouilles du palais mycénien de Tirynthe, menées avec l'architecte Wilhelm Dörpfeld. Ce travail contribua à définir les caractéristiques de l'architecture palatiale de l'Âge du Bronze en Grèce.

Anecdotes

Schliemann avait une mémoire prodigieuse et un don exceptionnel pour les langues : il en apprit dix-huit au cours de sa vie, dont le grec ancien, en lisant Homère à voix haute pendant des heures. Il affirmait avoir mémorisé une grande partie de l'Iliade et de l'Odyssée dès l'enfance, après avoir entendu son père lui raconter les aventures de Troie.

Lorsqu'il découvrit en 1873 un ensemble de bijoux et d'objets en or à Hisarlik, Schliemann interrompit les fouilles et renvoya ses ouvriers sous un prétexte. Avec sa femme Sophia, il dégagea clandestinement le trésor et le fit sortir de Turquie dissimulé sous les vêtements. Il photographia Sophia parée des diadèmes d'or en la surnommant 'Hélène de Troie', mais ce trésor s'avèrera beaucoup plus ancien que la Troie homérique.

À Mycènes en 1876, Schliemann mit au jour un masque funéraire en or dans un cercle de tombes royales. Convaincu d'avoir trouvé la sépulture du roi Agamemnon, il télégraphia immédiatement au roi de Grèce : 'J'ai contemplé le visage d'Agamemnon.' Les analyses modernes ont montré que le masque datait d'environ trois siècles avant la guerre de Troie.

Schliemann avait une telle passion pour la mythologie grecque qu'il donna à ses enfants des prénoms homériques : son fils s'appela Agamemnon et sa fille Andromaque. Sa seconde femme, Sophia Engastroménos, était une jeune Grecque qu'il avait choisie sur photographie, en s'assurant qu'elle connaissait et aimait Homère.

Les méthodes de fouille de Schliemann étaient souvent destructrices par les standards modernes : en creusant à la verticale pour atteindre les couches profondes de Hisarlik, il détruisit en partie les niveaux datant de l'époque supposée de la guerre de Troie. L'archéologue Wilhelm Dörpfeld, qui travailla avec lui à partir de 1882, lui apprit progressivement les méthodes stratigraphiques rigoureuses.

Sources primaires

Ithaque, le Péloponnèse et Troie (1869)
J'ai cherché Troie toute ma vie. Je suis convaincu qu'Hisarlik est la colline sur laquelle s'élevait la ville immortalisée par Homère, et mes fouilles l'ont prouvé.
Trojanische Alterthümer (Antiquités troyennes) (1874)
Le 31 mai 1873, alors que je continuais les fouilles, je remarquai un objet en cuivre d'une forme insolite. En regardant de plus près, je vis qu'il se trouvait juste en dessous du mur d'enceinte, à environ 5 pieds de profondeur. Craignant que mes ouvriers ne s'emparent du trésor, je fis une pause et renvoyai les hommes.
Mycenae: A Narrative of Researches and Discoveries at Mycenae and Tiryns (1878)
J'ai découvert de grandes tombes à l'intérieur du cercle funéraire, contenant les dépouilles de personnages couverts d'ornements d'or. Cette découverte prouve que la tradition homérique repose sur des faits historiques réels.
Ilios: The City and Country of the Trojans (1880)
Les fouilles ont révélé non pas une mais neuf villes successives superposées. La seconde ville, détruite par un incendie violent, est celle que j'identifie comme la Troie d'Homère, dont les ruines attestent une catastrophe soudaine et terrible.
Tiryns: The Prehistoric Palace of the Kings of Tiryns (1886)
Les murs cyclopéens de Tirynthe, dont Homère parle lui-même, sont les vestiges d'un palais royal mycénien d'une grandeur insoupçonnée. Leur étude confirme que la civilisation décrite dans les épopées homériques était bien réelle.

Lieux clés

Neubukow, Mecklembourg, Allemagne

Ville natale de Schliemann, où son père lui raconta les légendes de Troie. C'est là que naquit sa passion irrépressible pour l'Antiquité homérique.

Hisarlik, Turquie

Site des fouilles de Troie, où Schliemann mit au jour neuf villes superposées entre 1871 et 1890. Ce site, inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, est aujourd'hui reconnu comme l'emplacement de la Troie antique.

Mycènes, Péloponnèse, Grèce

Site des fouilles de 1876 où Schliemann découvrit les tombes royales mycéniennes et leurs trésors d'orfèvrerie. Ces découvertes révélèrent l'existence d'une brillante civilisation de l'Âge du Bronze en Grèce.

Athènes, Grèce

Résidence principale de Schliemann dans les dernières décennies de sa vie. Il y fit construire un palais néoclassique, l'Iliou Melathron ('Demeure d'Ilion'), orné de mosaïques et de fresques à sujets homériques.

Naples, Italie

Ville où Schliemann mourut le 26 décembre 1890, emporté par une otite interne devenue encéphalite, alors qu'il se rendait à Berlin pour une opération. Sa mort interrompit de nouveaux projets de fouilles.

Voir aussi