Alice Ball(1892 — 1916)
Alice Ball
États-Unis
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Alice Ball est une chimiste afro-américaine connue pour avoir mis au point un traitement injectable contre la lèpre à partir de l'huile de chaulmoogra. Morte à seulement 24 ans, son travail pionnier ne fut reconnu que des décennies plus tard.
Questions fréquentes
Faits marquants
- Née le 24 juillet 1892 à Seattle (Washington), aux États-Unis.
- En 1915, elle devient la première femme et la première personne afro-américaine à obtenir un master de chimie de l'Université d'Hawaï.
- Vers 1915-1916, elle développe la « méthode Ball », une forme injectable de l'huile de chaulmoogra efficace contre la lèpre.
- Morte prématurément le 31 décembre 1916, à l'âge de 24 ans.
- Son travail, longtemps attribué à un collègue, ne fut véritablement reconnu qu'à la fin du XXe siècle.
Œuvres & réalisations
Procédé isolant les esters éthyliques des acides gras du chaulmoogra, rendant le traitement injectable. Il resta la principale thérapie contre la lèpre jusqu'aux années 1940.
Étude des constituants chimiques de la racine d'awa (kava), couronnant son cursus à Hawaï.
Réussite pionnière dans une Amérique ségréguée, ouvrant une voie aux femmes et aux Afro-Américains dans les sciences.
Elle enseigna la chimie tout en menant ses recherches, fait rare pour une femme et inédit pour une Afro-Américaine dans cette université.
Anecdotes
À seulement 23 ans, Alice Ball résolut un problème qui résistait aux médecins depuis des siècles : rendre l'huile de chaulmoogra injectable. En isolant les esters éthyliques de ses acides gras, elle transforma une huile collante et nauséeuse en un remède que le corps pouvait enfin absorber, soulageant des milliers de malades de la lèpre.
En 1915, elle devint la première femme et la première personne afro-américaine à obtenir un master de chimie au College of Hawaii, puis sa première enseignante de chimie. Une double première dans une Amérique où la ségrégation fermait presque toutes les portes des universités aux Noirs et aux femmes.
Après sa mort à 24 ans, le président du collège, Arthur Dean, poursuivit ses recherches et les publia sans la citer, baptisant la technique « méthode Dean ». Il fallut attendre 1922 pour que le docteur Harry Hollmann rétablisse la vérité dans un article scientifique et redonne son nom à la « méthode Ball ».
Son grand-père, James Presley Ball, fut l'un des premiers photographes afro-américains célèbres et un pionnier du daguerréotype. La jeune Alice grandit ainsi dans une famille où la science et la technique de l'image étaient déjà familières.
La reconnaissance arriva avec près d'un siècle de retard : ce n'est qu'en 2000 que l'Université d'Hawaï posa une plaque commémorative au pied d'un arbre chaulmoogra et que le 29 février fut déclaré « Alice Ball Day ».
Sources primaires
Le docteur Hollmann y attribue explicitement le procédé à Alice Ball, écrivant qu'il ne voit aucune amélioration possible par rapport à la technique originale mise au point par « Miss Ball ».
Travail de recherche sur les constituants chimiques de la racine d'awa (kava), démontrant ses compétences d'analyse avant ses travaux sur le chaulmoogra.
Articles décrivant la production des esters injectables sous le nom de « méthode Dean », sans mention du rôle initial d'Alice Ball — illustration concrète de l'effacement de son apport.
Lieux clés
Ville natale d'Alice Ball, où elle revint malade et mourut à 24 ans à la fin de 1916.
Où elle obtint ses diplômes de chimie pharmaceutique (1912) puis de pharmacie (1914).
Où elle décrocha son master en 1915 et devint la première femme enseignante de chimie de l'établissement.
Centre de soins pour les malades de la lèpre où exerçait le docteur Hollmann, qui sollicita Alice Ball pour résoudre le problème du chaulmoogra.
Un arbre chaulmoogra planté derrière Bachman Hall porte depuis 2000 une plaque honorant la mémoire d'Alice Ball.






