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La table d'offrandes (hetep) et le repas du ka
La cuisine égyptienne funéraire ne se range pas en entrée-plat-dessert : elle s'ordonne autour de la table d'offrandes (hetep), dressée pour nourrir le ka du défunt et apaiser les puissances de la Douât. Sur la natte ou la table de calcite s'alignent, selon la formule htp-di-nsw (« offrande que donne le roi »), des pains d'amidonnier, des cruches de bière, une volaille ou un quartier de bœuf, des paniers de figues et de dattes, des galettes sucrées et un vase de vin. Les mets ne se mangent pas dans l'ordre : ils sont présentés ensemble, en abondance symbolique, du plus carné au plus sucré, pour assurer la survie et la « justification » (maât-kherou) face au jugement.
Signature : Le souchet (chufa) et le miel des temples
Deux douceurs reines de l'Égypte ancienne. Le souchet — petit tubercule sucré récolté dans les vases du Nil — broyé et lié au miel sauvage donnait les premiers confiseries du monde, retrouvées dans les tombes thébaines. Le miel, larme du dieu Rê selon les textes, était l'aliment des dieux par excellence : il sucre les offrandes, conserve les chairs et parfume la bière. C'est la note dorée qui revient sur toute la table d'Ammout.

Ammit à table

5 recettes d’époque