Anastase IV

Anastase IV

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SpiritualitéPolitiqueReligieux/sePolitiqueMoyen ÂgeHaut Moyen Âge, époque des grandes réformes de l'Église et des croisades

Pape de l'Église catholique de 1153 à 1154, Anastase IV fut le 168e successeur de Pierre. Son pontificat bref fut marqué par des efforts de réconciliation avec l'Empire byzantin et la gestion des affaires ecclésiastiques en Europe.

Questions fréquentes

Pour comprendre Anastase IV, il faut imaginer un pape élu en 1153 à un âge très avancé, presque un symbole de transition après le pontificat agité d'Eugène III. Ce qui frappe ici, c'est que son court règne de 17 mois n'a pas été une parenthèse vide : il a géré l'héritage du Traité de Constance avec Frédéric Barberousse et tenté un rapprochement diplomatique avec Constantinople après le schisme de 1054. Ce qu'il faut retenir, c'est que même un pontificat bref peut être marqué par des décisions lourdes de conséquences, comme la confirmation des privilèges des ordres religieux ou la régulation des élections épiscopales.

Faits marquants

  • Élu pape en 1153, succédant à Eugène III
  • Son pontificat dura moins de deux ans, jusqu'en 1154
  • Il fut l'un des rares papes à être bien reçu par le peuple romain de son vivant
  • Il tenta de maintenir la paix entre les différentes puissances chrétiennes d'Europe
  • Enterré au Latran dans un sarcophage antique romain réutilisé

Œuvres & réalisations

Bulles de privilèges aux ordres religieux (1153-1154)

Anastase IV confirma et étendit les privilèges de plusieurs ordres monastiques, notamment cisterciens et prémontrés, renforçant leur autonomie face aux évêques locaux. Ces documents constituaient une reconnaissance officielle de leur mission spirituelle.

Rescrits sur les élections épiscopales (1153-1154)

Face aux conflits récurrents autour de la désignation des évêques, Anastase IV émit plusieurs décisions précisant les règles canoniques héritées du Concordat de Worms. Ces textes alimentèrent le droit canonique médiéval en développement.

Correspondance diplomatique avec Byzance (1153-1154)

Anastase IV engagea un échange épistolaire avec le patriarcat de Constantinople pour explorer les possibilités d'un rapprochement entre les deux Églises. Ces lettres, partiellement conservées, témoignent d'une diplomatie prudente et théologiquement avertie.

Gestion du legs du Traité de Constance (1153)

En tant que successeur immédiat d'Eugène III, Anastase IV supervisa les premières étapes d'application de l'accord avec Barberousse, notamment concernant la protection des territoires pontificaux en Italie centrale.

Anecdotes

Lorsque Anastase IV fut élu pape en juillet 1153, il était déjà très âgé et affaibli. Malgré cela, il prit en main les affaires de l'Église avec détermination, cherchant à apaiser les tensions qui déchiraient la chrétienté après le pontificat d'Eugène III. Son élection surprit beaucoup, car peu pensaient qu'un homme si vieux pourrait gouverner l'Église universelle.

Anastase IV prit une décision audacieuse en choisissant de se faire enterrer dans un sarcophage de porphyre antique conservé au Latran — celui-là même qui avait jadis contenu les restes d'Hélène, mère de l'empereur Constantin le Grand. Ce geste symbolique rattachait son pontificat à la grandeur de la Rome chrétienne des origines, un message fort dans un contexte de tensions avec l'Empire.

Durant son court pontificat, Anastase IV s'efforça de réchauffer les relations avec l'Empire byzantin, tendues depuis le schisme de 1054. Il échangea des lettres diplomatiques avec Constantinople, espérant renouer un dialogue œcuménique interrompu. Ces efforts restèrent inaboutis mais témoignèrent d'une vision large des responsabilités pontificales.

Anastase IV dut gérer l'héritage difficile laissé par Bernard de Clairvaux, mort en août 1153, quelques semaines seulement après son élection. Ce moine influent avait façonné la spiritualité et la politique de l'Église pendant des décennies. Le nouveau pape dut arbitrer entre les différents courants religieux que Bernard avait animés ou combattus.

Sources primaires

Bulle pontificale Licet de vitanda discordia (1153-1154)
Anastase IV y réglemente les procédures d'élection épiscopale afin d'éviter les schismes locaux, rappelant que l'unité de l'Église repose sur le respect des canons et l'obéissance au Saint-Siège.
Liber Pontificalis (XIIe siècle)
Conradus natione Romanus, ex patre Johanne, sedit menses XVII, dies XXI. Hic sedit in Laterano et ibi sepultus est in sarcophago porfiretici.
Traité de Constance (Conventum de Constance) (1153)
Les représentants du pape Eugène III et de Frédéric Barberousse y scellent une alliance défensive : l'Empereur s'engage à protéger les terres de l'Église, et le pape à soutenir la couronne impériale en Italie. Anastase IV en hérita l'application.
Correspondance de Jean de Salisbury (vers 1154)
Jean de Salisbury, secrétaire à la curie romaine, mentionne dans ses lettres le gouvernement tranquille et conciliant d'Anastase IV, soulignant sa prudence dans les affaires ecclésiastiques d'Angleterre et de France.

Lieux clés

Basilique Saint-Jean-de-Latran, Rome

Cathédrale du pape en tant qu'évêque de Rome et siège historique de la papauté avant le Vatican. Anastase IV y résida, y célébra ses cérémonies et y fut inhumé dans le sarcophage de porphyre.

Palais du Latran, Rome

Résidence officielle des papes depuis Constantin jusqu'à leur départ en Avignon au XIVe siècle. C'est depuis ce palais qu'Anastase IV dirigea l'administration de l'Église universelle pendant son pontificat.

Constantinople (Istanbul)

Capitale de l'Empire byzantin et siège du patriarcat orthodoxe, avec lequel Anastase IV chercha à renouer un dialogue diplomatique. Les deux Églises restaient officiellement séparées depuis le schisme de 1054.

Constance (Allemagne)

Ville impériale où fut signé en 1153 le traité entre la papauté et Frédéric Barberousse, dont Anastase IV hérita l'application dès son élection. Ce traité conditionna toute sa politique italienne et impériale.

Voir aussi