Khutulun
Khutulun
1260 — 1306
Empire mongol
Princesse mongole du XIIIe siècle, petite-nièce de Kubilai Khan et fille du khan Kaidu. Guerrière et lutteuse légendaire, elle défiait ses prétendants à la lutte et restait invincible, remportant des chevaux à chaque victoire.
Faits marquants
- Née vers 1260, fille du khan Kaidu, rival de Kubilai Khan
- Réputée imbattable à la lutte (köröö), elle exigeait 100 chevaux de chaque prétendant vaincu
- Elle accompagnait son père à la guerre et participait aux combats aux côtés des hommes
- Marco Polo la décrit dans ses récits de voyage comme une guerrière d'une force exceptionnelle
- Décède vers 1306, après avoir joué un rôle politique dans la succession de son père
Œuvres & réalisations
Khutulun défia des centaines de prétendants à la lutte mongole traditionnelle (bökh) et resta invincible selon toutes les sources. Cette performance athlétique hors norme lui valut une renommée qui traversa les frontières de l'Empire.
Khutulun participa activement aux guerres menées par son père contre Kubilai Khan en tant que commandante de cavalerie. Son rôle militaire effectif est attesté par plusieurs chroniqueurs persans et par Marco Polo.
Kaidu consultait régulièrement sa fille sur les questions militaires et diplomatiques, selon Rashid al-Din. Son influence sur les décisions stratégiques du khanat dépassa largement le cadre attendu pour une femme de son époque.
Après la mort de son père, Khutulun joua un rôle décisif dans la crise de succession en soutenant son frère Orus contre d'autres prétendants. Elle refusa elle-même le titre de khân, préférant exercer une influence indirecte jusqu'à sa mort.
Anecdotes
Khutulun avait établi une règle implacable pour tout prétendant souhaitant l'épouser : il devait la battre à la lutte. En cas de défaite, il lui abandonnait cent chevaux. Selon les chroniques, aucun homme ne parvint jamais à la vaincre, et elle aurait ainsi accumulé plus de dix mille chevaux au fil des années.
Le voyageur vénitien Marco Polo, qui séjourna à la cour mongole entre 1271 et 1292, décrivit Khutulun avec admiration dans son récit de voyage. Il rapporta qu'elle chargeait seule dans les rangs ennemis lors des batailles, emportant un adversaire sous chaque bras comme s'il s'agissait de vulgaires agneaux, avant de le ramener prisonnier.
Lors des campagnes militaires de son père Kaidu contre Kubilai Khan, Khutulun combattait à ses côtés à la tête de la cavalerie. Les chroniqueurs persans Rashid al-Din et Wassaf témoignent de son rôle militaire effectif, inhabituel pour une femme de la noblesse mongole, même dans une société qui valorisait l'équitation et le combat féminin.
Après la mort de Kaidu en 1301, Khutulun soutint activement la candidature de son frère Orus à la succession. Elle refusa l'offre qui lui fut faite de devenir khân à sa place, mais continua d'exercer une influence politique considérable jusqu'à sa propre mort en 1306, témoignant d'un pouvoir féminin réel au sein de la noblesse gengiskhanide.
Sources primaires
Il y avait en ce pays une demoiselle, nièce du Grand Khan, qui s'appelait Aïgiarne... Elle était si forte et si vaillante qu'il n'était homme en tout son père's royaume qui pût la vaincre à la lutte.
Khutulun, fille de Kaidu, était d'une bravoure et d'une vigueur extraordinaires. Elle participait aux batailles de son père et emportait des prisonniers du milieu des rangs ennemis.
La fille de Kaidu surpassait en courage et en adresse au combat la plupart des hommes de l'armée. Son père la consultait dans les affaires militaires et politiques.
