Sténographe et mémorialiste russe, seconde épouse de Fiodor Dostoïevski. Engagée pour transcrire son roman Le Joueur, elle devint sa collaboratrice, gestionnaire de ses affaires et l'éditrice de ses œuvres après sa mort.
Anna Grigorievna Snitkina
Anna Grigorievna Snitkina (Dostoïevskaïa)
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Née en 1846 à Saint-Pétersbourg, morte en 1918 à Yalta
- En 1866, engagée comme sténographe par Dostoïevski pour écrire Le Joueur en 26 jours
- Épouse Fiodor Dostoïevski en 1867
- Gère les finances et les dettes de l'écrivain, fonde une activité d'auto-édition de ses œuvres
- Rédige ses Souvenirs (Mémoires), source majeure sur la vie de Dostoïevski
Œuvres & réalisations
Sténographie en 26 jours du roman dicté par Dostoïevski, qui sauva l'écrivain d'un contrat ruineux. Point de départ de leur collaboration et de leur union.
Journal intime tenu en sténographie durant le voyage en Europe, précieux témoignage sur la vie quotidienne et la passion du jeu de Dostoïevski.
Anna devint sa propre éditrice et distributrice, supprimant les intermédiaires : une innovation rare pour une femme dans la Russie de l'époque.
Après la mort de l'écrivain, Anna fit paraître l'édition de référence de ses œuvres et régla toutes ses dettes.
Rassemblement de manuscrits, lettres et objets, avec catalogue, qui préfigura les musées consacrés à l'écrivain.
Récit détaillé de sa vie avec Dostoïevski, devenu une source historique majeure sur le grand romancier.
Anecdotes
En octobre 1866, Dostoïevski avait signé un contrat ruineux : s'il ne livrait pas un roman avant le 1er novembre, son éditeur Stellovski obtiendrait les droits de toute son œuvre pour neuf ans. À 20 ans, la jeune sténographe Anna fut engagée et, en 26 jours seulement, elle transcrivit sous sa dictée le roman Le Joueur, sauvant l'écrivain de la catastrophe.
Quelques mois après ce sauvetage littéraire, Dostoïevski, de 25 ans son aîné, lui fit une demande en mariage déguisée : il lui raconta l'histoire d'un vieil artiste amoureux d'une jeune fille et lui demanda ce qu'elle répondrait à sa place. Anna comprit aussitôt et accepta. Ils se marièrent en février 1867.
Pendant leur voyage en Europe, Dostoïevski était dévoré par la passion du jeu et perdait jusqu'à leurs alliances et les robes d'Anna aux tables de roulette. Plutôt que de lui faire des reproches, elle tint patiemment les comptes et le soutint jusqu'à ce qu'il renonce définitivement au jeu en 1871.
Après la mort de son mari en 1881, Anna refusa de vendre les droits à des éditeurs et décida de publier elle-même les œuvres complètes de Dostoïevski. Devenue éditrice et femme d'affaires avisée, elle paya toutes les dettes de l'écrivain et fit de son œuvre un patrimoine durable.
Anna fut l'une des premières personnes en Russie à constituer un véritable musée consacré à un écrivain : elle rassembla manuscrits, lettres et objets de Dostoïevski et milita pour qu'ils soient conservés, jetant les bases des futurs musées qui lui sont dédiés.
Sources primaires
Lorsque je me présentai pour la première fois chez Fiodor Mikhaïlovitch pour prendre sa dictée, j'étais une jeune fille timide, mais résolue à bien faire mon travail de sténographe.
Fédia a de nouveau joué et nous avons perdu presque tout notre argent ; mais je ne veux pas l'accabler, car je vois combien il souffre de sa faiblesse.
Ma chère Ania, sans toi je serais perdu ; tu es mon ange gardien et le soutien de toute ma vie.
Lieux clés
Ville natale d'Anna et lieu de sa rencontre avec Dostoïevski. C'est là qu'elle apprit la sténographie et qu'elle vécut la majeure partie de sa vie d'épouse et d'éditrice.
Ville d'Allemagne où le couple séjourna durant son long voyage européen. Anna y tint son journal et y vécut les premières joies et peines de son mariage.
Villes thermales allemandes célèbres pour leurs casinos, où Dostoïevski cédait à sa passion du jeu. Anna y affronta les pires moments financiers du couple.
Petite ville de villégiature où la famille passait ses étés et où Dostoïevski écrivit une partie des Frères Karamazov. Anna y veillait sur les enfants et le travail de son mari.
Ville du bord de la mer Noire où Anna se réfugia pendant la guerre civile et où elle mourut en 1918, loin de Pétersbourg.
Objets typiques

Petit carnet où Anna notait à toute vitesse, en signes abrégés, les paroles dictées par Dostoïevski. C'est l'outil qui a permis de produire un roman entier en moins d'un mois.

Instruments avec lesquels Anna recopiait au propre les textes sténographiés avant de les remettre à l'imprimeur. Elle passait de longues heures à mettre en clair les manuscrits.

Registre dans lequel Anna consignait dépenses, dettes et recettes du ménage. Sa rigueur comptable a sauvé la famille de la ruine et financé l'édition des œuvres.

Feuillets corrigés des romans comme L'Idiot ou Les Frères Karamazov, qu'Anna conservait précieusement. Elle en fit le cœur de sa collection consacrée à l'écrivain.

Anneau de mariage qu'Anna dut, à plusieurs reprises, mettre en gage lorsque son mari avait tout perdu au jeu en Europe. Elle le récupérait dès que les finances le permettaient.

Tenue sobre et pratique qu'Anna portait pendant les quatre années passées à voyager en Europe. Certaines de ses robes furent elles aussi engagées au mont-de-piété.
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Vie quotidienne
Matin
Anna se levait tôt pour mettre au propre, à la plume, les pages que son mari lui avait dictées la veille. Elle organisait aussi la journée du foyer et réglait les affaires courantes avant que Dostoïevski ne se réveille, lui qui travaillait souvent la nuit.
Après-midi
L'après-midi était consacré à la gestion : courrier avec les imprimeurs et libraires, tenue des comptes, démarches auprès des créanciers. Mère attentive, elle veillait aussi sur leurs enfants entre deux tâches.
Soir
Le soir, Dostoïevski dictait ses romans à Anna, assise avec son carnet de sténographie. Ces longues séances de travail commun, parfois tard dans la nuit, étaient le cœur de leur vie d'écrivains.
Alimentation
L'alimentation suivait les usages russes de l'époque : soupes comme le chtchi ou le bortsch, kacha (bouillie de céréales), pain noir et thé servi au samovar. En voyage et durant les années de dettes, le couple devait souvent se contenter de repas modestes.
Vêtements
Anna portait les robes longues et sobres des femmes de la classe moyenne instruite du XIXe siècle, avec corset, jupons et châle. Pendant les périodes de ruine au jeu, elle dut parfois engager ses plus belles tenues au mont-de-piété.
Habitat
La famille vivait dans des appartements loués à Saint-Pétersbourg et passait ses étés à Staraïa Roussa. Durant quatre ans, le couple mena une vie errante d'hôtel en pension à travers l'Allemagne, l'Italie et la Suisse pour fuir les créanciers russes.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Transcription du roman Le Joueur
1866
Journal de l'année 1867
1867
Édition autonome des œuvres de Dostoïevski
à partir de 1873
Publication des Œuvres complètes de F. M. Dostoïevski
1883
Constitution d'une collection et d'un fonds Dostoïevski
vers 1900-1906
Souvenirs (mémoires)
publiés en 1925






