Retour à Anna Politkovskaïa
Le repas russe en trois temps : zakouski, pervoïé, vtoroïé — et le tchaï qui ne finit jamais
À la table russe, on ne sert pas une entrée, un plat et un dessert à la française. On ouvre par les zakouski (petites bouchées salées et marinées qui accompagnent le thé ou la vodka), puis vient le pervoïé (le « premier » : toujours une soupe chaude, cœur du repas), suivi du vtoroïé (le « second » : céréale, viande ou poisson). Tout se prolonge autour du samovar, le tchaï coulant des heures durant pendant qu'on parle, qu'on se dispute et qu'on se réchauffe. Dans la Russie soviétique et post-soviétique d'Anna Politkovskaïa, ce rythme structurait aussi bien la cuisine d'appartement moscovite que les repas partagés avec les familles tchétchènes sur le terrain.
Signature : Le smetana et l'aneth
Deux marqueurs absolus de la cuisine russe : la smetana (crème aigre épaisse) qu'on dépose sur presque tout — soupe, kasha, pirojki — et l'aneth (ukrop) qui parfume les bouillons, les marinades et jusqu'au thé. Anna, élevée entre New York (où ses parents diplomates soviétiques étaient en poste à l'ONU) et Moscou, retrouvait dans cette cuillère de smetana et cette pluie d'aneth le goût simple et reconnaissable de chez elle.

Anna Politkovskaïa à table

1958 — 2006

5 recettes d’époque