Retour à Antoine de Saint-Exupéry

Antoine de Saint-Exupéry à table

1900 — 1944

Les escales du Courrier
Plutôt qu'un menu entrée-plat-dessert, la table de Saint-Exupéry se lit comme la Ligne Aéropostale qu'il servait : une suite d'escales, chacune avec sa façon de manger. La halte saharienne et son thé d'hospitalité, la gamelle frugale qu'on emporte entre deux décollages, le grand dîner de Lyon où l'on retrouve les siens, et le réconfort solitaire de l'exil. Le repas n'est pas une succession de services mais une géographie : on mange selon le lieu où le moteur s'est tu.
Signature : Le versé de haut
Le geste emblématique appris auprès des Maures à Cap-Juby : verser le thé d'un long filet, le bras levé très haut au-dessus du verre, pour le coiffer d'une mousse fine (la "keskoussa"). Ce filet qui chante, c'est la signature de l'hospitalité du désert — un soin offert à l'hôte, et le fil rouge qui relie toutes ces tables d'homme en route.