La gamelle de l'escale
Pas un plat, mais un assemblage de survie devenu rituel : sardines à l'huile ouvertes à la clef, dattes gorgées de soleil, pain dur frotté d'huile. Le festin du voyageur pressé, salé, acidulé et sucré à la fois.
Pas un plat, mais un assemblage de survie devenu rituel : sardines à l'huile ouvertes à la clef, dattes gorgées de soleil, pain dur frotté d'huile. Le festin du voyageur pressé, salé, acidulé et sucré à la fois.
Sur la Ligne, on ne dîne pas, on se ravitaille. Avant de remettre les gaz vers Agadir ou Dakar, j'emplissais ma musette : une boîte de sardines qu'on ouvre à la petite clef, quelques dattes collantes de soleil, un quignon de pain dur comme la pierre. Crois-moi, après des heures de moteur et de sable dans les dents, ce festin de pauvre vaut tous les dîners de Paris. Mermoz en riait, Guillaumet aussi — un homme se contente de peu quand le ciel lui tient lieu de nappe.
- •Sardines à l'huile en conserve — 1 boîte (protéine salée, gardée longtemps)
- •Dattes — une poignée (sucre rapide, énergie)
- •Pain rassis — un quignon (force)
- •Citron — 1 (acidité, fraîcheur)
La gamelle de l'escale
Pas un plat, mais un assemblage de survie devenu rituel : sardines à l'huile ouvertes à la clef, dattes gorgées de soleil, pain dur frotté d'huile. Le festin du voyageur pressé, salé, acidulé et sucré à la fois.
Pourquoi ce plat ? Entre Toulouse, Casablanca, Cap-Juby et Dakar, les pilotes de l'Aéropostale mangeaient vite et peu. L'ancrage de Charactorium le dit : en mission dans le désert, « conserves, dattes » — la nourriture d'un homme qui doit redécoller.
Sur la Ligne, on ne dîne pas, on se ravitaille. Avant de remettre les gaz vers Agadir ou Dakar, j'emplissais ma musette : une boîte de sardines qu'on ouvre à la petite clef, quelques dattes collantes de soleil, un quignon de pain dur comme la pierre. Crois-moi, après des heures de moteur et de sable dans les dents, ce festin de pauvre vaut tous les dîners de Paris. Mermoz en riait, Guillaumet aussi — un homme se contente de peu quand le ciel lui tient lieu de nappe.
Ingrédients (version d’époque)
- Sardines à l'huile en conserve — 1 boîte (protéine salée, gardée longtemps)
- Dattes — une poignée (sucre rapide, énergie)
- Pain rassis — un quignon (force)
- Citron — 1 (acidité, fraîcheur)
Ingrédients
- Sardines à l'huile d'olive de qualité — 1 boîte (env. 100 g) (protéine)
- Dattes Medjool — 6 (douceur)
- Pain de campagne rassis — 4 tranches (support)
- Citron — ½ (acidité)
- Gousse d'ail — 1 (frotter le pain)
- Huile d'olive — un filet (liant)
Préparation
- Faire légèrement griller ou sécher les tranches de pain.
- Frotter chaque tranche tiède avec la gousse d'ail coupée, arroser d'un filet d'huile d'olive.
- Déposer les sardines sur le pain, les écraser grossièrement à la fourchette, presser le demi-citron par-dessus.
- Servir avec les dattes à côté : on alterne une bouchée salée, une bouchée sucrée.
- Accompagner d'un verre de thé chaud, comme à l'escale.
Comment on faisait : Dans les avions de l'Aéropostale, ouverts et glacés, il n'était pas question de cuisiner : on mangeait de la conserve, qui voyageait sans s'abîmer, et des dattes, ressource sucrée du désert qui ne pèse presque rien dans une musette. Le citron, quand il y en avait, réveillait le palais après l'huile.
Le twist contemporain : Dresser en "tartine de pilote" sur une planche de bois brut, avec une carte de navigation ancienne en sous-main et les dattes ouvertes en éventail.
Sources : Antoine de Saint-Exupéry, Terre des hommes (1939) · Antoine de Saint-Exupéry, Vol de nuit (1931)
Antoine de Saint-Exupéry · Charactorium