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Quenelles de brochet, sauce Nantua
Pourquoi ce plat ? Saint-Exupéry est né à Lyon en 1900 et a passé son enfance au château de Saint-Maurice-de-Rémens, dans l'Ain — pays des écrevisses et de la sauce Nantua. Lui qui « appréciait la bonne cuisine française et les dîners entre amis » ne pouvait ignorer ce plat-roi des tables lyonnaises.
Des quenelles de brochet aussi légères qu'un nuage, pochées puis gratinées sous une sauce d'un rose profond aux écrevisses, la Nantua. Le plat de fête de sa ville natale, riche en umami, qui demande de la patience et réunit la tablée.
Je suis né à Lyon, et chez nous, recevoir des amis n'allait jamais sans quenelles. On faisait pocher ces nuages de brochet dans l'eau à peine frémissante, puis on les nappait d'une sauce rougie d'écrevisses — la Nantua, du nom du lac voisin. C'est un mets de patience, qui exige qu'on batte la pâte longtemps et qu'on ne quitte pas le feu des yeux. Mais quand le gratin sortait du four, doré et tremblant, toute la tablée se taisait enfin. Crois-moi : il y a des silences qui valent tous les compliments.
- •Chair de brochet — selon la pêche (cœur de la quenelle)
- •Panade (lait, beurre, farine) — — (liant aérien)
- •Œufs — plusieurs (tenue)
- •Écrevisses de rivière — une bourriche (base de la sauce Nantua)
- •Beurre, crème — — (onctuosité)
Quenelles de brochet, sauce Nantua
Des quenelles de brochet aussi légères qu'un nuage, pochées puis gratinées sous une sauce d'un rose profond aux écrevisses, la Nantua. Le plat de fête de sa ville natale, riche en umami, qui demande de la patience et réunit la tablée.
Pourquoi ce plat ? Saint-Exupéry est né à Lyon en 1900 et a passé son enfance au château de Saint-Maurice-de-Rémens, dans l'Ain — pays des écrevisses et de la sauce Nantua. Lui qui « appréciait la bonne cuisine française et les dîners entre amis » ne pouvait ignorer ce plat-roi des tables lyonnaises.
Je suis né à Lyon, et chez nous, recevoir des amis n'allait jamais sans quenelles. On faisait pocher ces nuages de brochet dans l'eau à peine frémissante, puis on les nappait d'une sauce rougie d'écrevisses — la Nantua, du nom du lac voisin. C'est un mets de patience, qui exige qu'on batte la pâte longtemps et qu'on ne quitte pas le feu des yeux. Mais quand le gratin sortait du four, doré et tremblant, toute la tablée se taisait enfin. Crois-moi : il y a des silences qui valent tous les compliments.
Ingrédients (version d’époque)
- Chair de brochet — selon la pêche (cœur de la quenelle)
- Panade (lait, beurre, farine) — — (liant aérien)
- Œufs — plusieurs (tenue)
- Écrevisses de rivière — une bourriche (base de la sauce Nantua)
- Beurre, crème — — (onctuosité)
Ingrédients
- Filet de brochet (ou sandre) — 300 g (quenelle)
- Lait — 25 cl (panade)
- Beurre — 80 g + 50 g pour la sauce (panade et liant)
- Farine — 125 g (panade)
- Œufs — 3 entiers + 1 jaune (tenue)
- Écrevisses (ou queues décortiquées) — 300 g (sauce Nantua)
- Crème fraîche épaisse — 20 cl (sauce)
- Concentré de tomate — 1 c. à café (couleur (option contemporaine))
- Cognac — 1 c. à soupe (flamber les carcasses)
Préparation
- Préparer la panade : porter le lait et le beurre à ébullition, jeter la farine d'un coup, dessécher la pâte à la spatule sur feu doux, puis laisser refroidir.
- Mixer la chair de brochet, l'incorporer à la panade froide avec les œufs un à un, bien travailler jusqu'à une pâte lisse et homogène. Saler, poivrer, muscade.
- Façonner les quenelles à la cuillère et les pocher dans une eau frémissante (jamais bouillante) 10 à 12 min : elles gonflent et remontent.
- Pour la Nantua : faire revenir les écrevisses (ou carcasses) au beurre, flamber au cognac, ajouter un peu de concentré, mouiller, réduire, passer au tamis, puis monter avec crème et beurre. Décortiquer les queues et les garder pour le dressage.
- Disposer les quenelles dans un plat à gratin, napper de sauce Nantua, parsemer des queues d'écrevisses.
- Enfourner 15 à 20 min à 200 °C : les quenelles doublent et dorent. Servir aussitôt, bien chaud.
Comment on faisait : À Lyon et dans l'Ain, la quenelle se faisait à la main, à la poche ou à la cuillère, et l'on pêchait les écrevisses « à pattes rouges » dans les rivières du Bugey avant qu'elles ne se raréfient. La sauce Nantua tirait alors sa couleur uniquement du beurre d'écrevisses, sans tomate — l'ajout de concentré est une commodité moderne pour la teinte.
Le twist contemporain : Servir une quenelle individuelle dans une assiette creuse, miroir de sauce Nantua, une queue d'écrevisse posée dessus et quelques pluches d'estragon : version « bistronomique » d'un classique.
Sources : Tradition culinaire lyonnaise et bressane · Curnonsky, La France gastronomique (région Lyon-Bresse, années 1920)
Antoine de Saint-Exupéry · Charactorium





