La carte de Antoine de Saint-Exupéry
Le chocolat chaud de l'exil
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Le réconfort des nuits new-yorkaises

Le chocolat chaud de l'exil

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Le réconfort des nuits new-yorkaises

Le chocolat chaud de l'exil

Pourquoi ce plat ? Réfugié à New York de 1940 à 1943, où il écrit et illustre Le Petit Prince, Saint-Exupéry travaillait la nuit. L'ancrage le note : à New York, il « avait un faible pour le chocolat chaud » — la boisson-doudou d'un homme loin de la France en guerre.

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Le réconfort des nuits new-yorkaises

Un chocolat chaud épais, presque noir, à peine sucré pour laisser parler l'amertume du cacao. Un remède contre le froid et le mal du pays, qu'on tourne longtemps et qu'on boit à petites gorgées, la nuit, en travaillant.

À New York, l'hiver de mon exil, je veillais tard à noircir des pages et à dessiner un petit bonhomme tombé des étoiles. Quand la nuit me glaçait les doigts, je me faisais un chocolat épais, presque noir, que je tournais longtemps. J'y trempais les lèvres comme on retrouve un souvenir d'enfance — et soudain la chambre n'était plus tout à fait étrangère. Vois-tu, il faut bien peu de chose pour réchauffer un homme loin de son pays : une tasse fumante, et le dessin d'une fleur.
Antoine de Saint-Exupéry
Ingrédients
  • Chocolat noir en tablettequelques carrés (corps et amertume)
  • Lait entierune grande tasse (onctuosité)
  • Sucreselon le goût (douceur mesurée)
Comment on faisait : Le chocolat « à boire » des années 1940 était plus épais et moins sucré que les poudres instantanées d'aujourd'hui : on faisait fondre du vrai chocolat dans le lait et on le travaillait au fouet ou au moussoir. À New York, les cafés et drugstores en servaient des versions crémeuses qui réconfortaient les exilés européens.
Sources : Stacy Schiff, Saint-Exupéry: A Life (1994) · Antoine de Saint-Exupéry, Le Petit Prince (New York, 1943)

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