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Le chocolat chaud de l'exil
Pourquoi ce plat ? Réfugié à New York de 1940 à 1943, où il écrit et illustre Le Petit Prince, Saint-Exupéry travaillait la nuit. L'ancrage le note : à New York, il « avait un faible pour le chocolat chaud » — la boisson-doudou d'un homme loin de la France en guerre.
Un chocolat chaud épais, presque noir, à peine sucré pour laisser parler l'amertume du cacao. Un remède contre le froid et le mal du pays, qu'on tourne longtemps et qu'on boit à petites gorgées, la nuit, en travaillant.
À New York, l'hiver de mon exil, je veillais tard à noircir des pages et à dessiner un petit bonhomme tombé des étoiles. Quand la nuit me glaçait les doigts, je me faisais un chocolat épais, presque noir, que je tournais longtemps. J'y trempais les lèvres comme on retrouve un souvenir d'enfance — et soudain la chambre n'était plus tout à fait étrangère. Vois-tu, il faut bien peu de chose pour réchauffer un homme loin de son pays : une tasse fumante, et le dessin d'une fleur.
- •Chocolat noir en tablette — quelques carrés (corps et amertume)
- •Lait entier — une grande tasse (onctuosité)
- •Sucre — selon le goût (douceur mesurée)
Le chocolat chaud de l'exil
Un chocolat chaud épais, presque noir, à peine sucré pour laisser parler l'amertume du cacao. Un remède contre le froid et le mal du pays, qu'on tourne longtemps et qu'on boit à petites gorgées, la nuit, en travaillant.
Pourquoi ce plat ? Réfugié à New York de 1940 à 1943, où il écrit et illustre Le Petit Prince, Saint-Exupéry travaillait la nuit. L'ancrage le note : à New York, il « avait un faible pour le chocolat chaud » — la boisson-doudou d'un homme loin de la France en guerre.
À New York, l'hiver de mon exil, je veillais tard à noircir des pages et à dessiner un petit bonhomme tombé des étoiles. Quand la nuit me glaçait les doigts, je me faisais un chocolat épais, presque noir, que je tournais longtemps. J'y trempais les lèvres comme on retrouve un souvenir d'enfance — et soudain la chambre n'était plus tout à fait étrangère. Vois-tu, il faut bien peu de chose pour réchauffer un homme loin de son pays : une tasse fumante, et le dessin d'une fleur.
Ingrédients (version d’époque)
- Chocolat noir en tablette — quelques carrés (corps et amertume)
- Lait entier — une grande tasse (onctuosité)
- Sucre — selon le goût (douceur mesurée)
Ingrédients
- Chocolat noir 70 % — 60 g (corps, amertume)
- Lait entier — 30 cl (onctuosité)
- Crème liquide — 5 cl (épaisseur)
- Sucre — 1 c. à café (facultatif) (douceur)
- Pincée de fleur de sel — 1 pincée (rehausser le cacao)
Préparation
- Hacher le chocolat noir en petits morceaux.
- Chauffer le lait et la crème à feu doux, sans faire bouillir.
- Hors du feu, ajouter le chocolat, laisser fondre 1 minute, puis fouetter énergiquement jusqu'à obtenir une texture lisse et nappante.
- Sucrer très légèrement si besoin, ajouter la pincée de fleur de sel, remettre 1 minute sur feu doux en tournant sans cesse pour épaissir.
- Verser dans une grande tasse chaude et boire à petites gorgées, le temps d'une page.
Comment on faisait : Le chocolat « à boire » des années 1940 était plus épais et moins sucré que les poudres instantanées d'aujourd'hui : on faisait fondre du vrai chocolat dans le lait et on le travaillait au fouet ou au moussoir. À New York, les cafés et drugstores en servaient des versions crémeuses qui réconfortaient les exilés européens.
Le twist contemporain : Le servir dans une petite tasse façon « espresso chocolat », avec une étoile de zeste d'orange — clin d'œil aux astéroïdes du Petit Prince.
Sources : Stacy Schiff, Saint-Exupéry: A Life (1994) · Antoine de Saint-Exupéry, Le Petit Prince (New York, 1943)
Antoine de Saint-Exupéry · Charactorium





