Mary Read(1685 — 1721)

Mary Read

royaume de Grande-Bretagne

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MilitaireExplorationSociétéTemps modernesÂge d'or de la piraterie dans les Caraïbes, au tournant des XVIIe et XVIIIe siècles, à l'époque moderne

Mary Read (1685-1721) est une pirate anglaise qui dissimula longtemps son sexe sous des habits d'homme. Elle servit dans l'armée puis sur des navires avant de rejoindre l'équipage du pirate Calico Jack Rackham, aux côtés d'Anne Bonny, dans les Caraïbes.

Questions fréquentes

Mary Read (1685-1721) est l'une des deux seules femmes pirates connues de l'âge d'or de la piraterie dans les Caraïbes. Ce qui la rend singulière, c'est qu'elle a passé la majeure partie de sa vie déguisée en homme : soldat en Flandre pendant la guerre de Succession d'Espagne, puis marin et pirate aux côtés d'Anne Bonny dans l'équipage de Calico Jack Rackham. Ce qu'il faut retenir, c'est que son histoire, popularisée par le récit de Charles Johnson en 1724, a durablement marqué l'imaginaire occidental comme symbole de courage et de transgression des genres.

Faits marquants

  • Née vers 1685 en Angleterre, élevée déguisée en garçon par sa mère
  • Sert d'abord comme soldat ou marin déguisée en homme avant de gagner les Caraïbes
  • Rejoint vers 1720 l'équipage du pirate Calico Jack Rackham, où elle combat aux côtés d'Anne Bonny
  • Capturée en novembre 1720 au large de la Jamaïque, jugée et condamnée à mort pour piraterie
  • Échappe à la pendaison en invoquant sa grossesse, mais meurt en prison en avril 1721, probablement de fièvre

Œuvres & réalisations

Service militaire en Flandre (infanterie puis cavalerie) (vers 1701-1713)

Engagée sous une identité masculine pendant la guerre de Succession d'Espagne, Mary Read y acquit l'entraînement et le courage au combat qui marqueront toute sa vie.

L'auberge des « Trois Fers à cheval », près de Bréda (vers 1713-1717)

Après avoir révélé son sexe à un camarade soldat et l'avoir épousé, elle tint avec lui cette auberge ; veuve, elle reprit ses habits d'homme et la mer.

Engagement dans l'équipage de Calico Jack Rackham (1720)

Aux côtés d'Anne Bonny, Mary Read devint l'une des deux seules femmes pirates connues de l'« âge d'or », cas exceptionnel qui assura sa célébrité historique.

Le dernier combat sur le pont du sloop William (octobre 1720)

Lors de la capture du navire, Read et Bonny résistèrent presque seules sur le pont, une scène devenue le symbole du courage des deux femmes pirates.

Procès de Spanish Town et survie par « plaider son ventre » (novembre 1720)

Condamnée à mort, elle échappa provisoirement à la pendaison en se déclarant enceinte ; son procès reste une source majeure sur la piraterie féminine.

Figure de la General History of the Pyrates (1724)

Le récit de Charles Johnson fit entrer Mary Read dans la légende et inspire depuis trois siècles romans, films et représentations des femmes pirates.

Anecdotes

Selon le récit du capitaine Charles Johnson, la mère de Mary Read, restée seule et sans ressources, habilla très tôt sa fille en garçon pour la faire passer auprès de sa belle-mère pour un fils légitime décédé, et continuer ainsi à toucher une pension. Mary garda ce déguisement masculin une grande partie de sa vie, d'abord par nécessité, puis par choix.

Devenue jeune femme, Mary s'engagea sous une identité d'homme pendant la guerre de Succession d'Espagne, servant en Flandre dans l'infanterie puis dans la cavalerie. Tombée amoureuse d'un de ses camarades flamand, elle lui révéla son secret ; ils se marièrent et tinrent une auberge à l'enseigne des « Trois Fers à cheval », près de Bréda. Veuve peu après, elle reprit ses habits d'homme et la mer.

Embarquée dans l'équipage du pirate Calico Jack Rackham, Mary y retrouva une autre femme déguisée, Anne Bonny. D'après Johnson, Bonny, croyant avoir affaire à un beau jeune marin, s'était d'abord éprise de Mary, qui dut lui dévoiler qu'elle était elle aussi une femme. Les deux pirates devinrent inséparables.

Lors de la capture du sloop de Rackham au large de la Jamaïque, en octobre 1720, on raconte que Mary Read et Anne Bonny furent presque les seules à se battre sur le pont tandis que les hommes, ivres, s'étaient réfugiés dans la cale. Mary aurait tiré dans la cale en injuriant ses propres camarades pour les forcer à monter combattre.

Condamnée à mort par pendaison à la fin de novembre 1720, Mary Read échappa au gibet en se déclarant enceinte (« plaider son ventre »), ce qui suspendait l'exécution. Interrogée sur la potence, elle aurait répondu qu'elle n'y voyait pas grand mal : sans elle, « tous les lâches se feraient pirates ». Elle mourut pourtant en prison quelques mois plus tard, en 1721, probablement de fièvre.

Sources primaires

Captain Charles Johnson, A General History of the Robberies and Murders of the Most Notorious Pyrates (1724)
As to hanging, she thought it no great hardship, for, were it not for that, every cowardly fellow would turn pirate, and so infest the seas, that men of courage must starve.
The Tryals of Captain John Rackam, and other Pirates (procès-verbal imprimé à la Jamaïque) — déposition de la témoin Dorothy Thomas (1721)
That the two Women, Prisoners at the Bar, were then on Board the said Sloop, and wore Men's Jackets, and long Trouzers, and Handkerchiefs tied about their Heads; and that each of them had a Machet and Pistol in their Hands, and cursed and swore at the Men.
Proclamation du gouverneur Woodes Rogers contre Rackham et son équipage (publiée dans la Boston Gazette) (5 septembre 1720)
Whereas John Rackum [...] and two Women, by name, Ann Fulford alias Bonny, and Mary Read, did [...] feloniously steal, take and carry away [...] a certain Sloop call'd the William.

Lieux clés

Angleterre (région de Londres)

Pays de naissance de Mary Read, vers 1685, dans un milieu modeste. C'est là que, selon la tradition, sa mère l'éleva habillée en garçon.

Flandre, autour de Bréda

Théâtre des campagnes de la guerre de Succession d'Espagne où Mary Read servit comme soldat. C'est près de Bréda qu'elle se maria et tint l'auberge des « Trois Fers à cheval ».

Nassau, île de New Providence (Bahamas)

Principal repaire des pirates des Caraïbes, surnommé la « république des pirates ». C'est de son port que Rackham vola le sloop William en 1720 avec son équipage, dont Mary Read.

Point Negril, côte ouest de la Jamaïque

Zone où le sloop de Rackham, à l'ancre, fut surpris et arraisonné en octobre 1720 par le chasseur de pirates Jonathan Barnet. C'est là que Mary Read mena son dernier combat sur le pont.

Spanish Town (St. Jago de la Vega), Jamaïque

Siège de l'administration coloniale anglaise, où Mary Read fut jugée et condamnée en novembre 1720. C'est dans la prison de la paroisse de St. Catherine qu'elle mourut en 1721.

Voir aussi