Mary Read (1685-1721) est une pirate anglaise qui dissimula longtemps son sexe sous des habits d'homme. Elle servit dans l'armée puis sur des navires avant de rejoindre l'équipage du pirate Calico Jack Rackham, aux côtés d'Anne Bonny, dans les Caraïbes.
Mary Read(1685 — 1721)
Mary Read
royaume de Grande-Bretagne
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Née vers 1685 en Angleterre, élevée déguisée en garçon par sa mère
- Sert d'abord comme soldat ou marin déguisée en homme avant de gagner les Caraïbes
- Rejoint vers 1720 l'équipage du pirate Calico Jack Rackham, où elle combat aux côtés d'Anne Bonny
- Capturée en novembre 1720 au large de la Jamaïque, jugée et condamnée à mort pour piraterie
- Échappe à la pendaison en invoquant sa grossesse, mais meurt en prison en avril 1721, probablement de fièvre
Œuvres & réalisations
Engagée sous une identité masculine pendant la guerre de Succession d'Espagne, Mary Read y acquit l'entraînement et le courage au combat qui marqueront toute sa vie.
Après avoir révélé son sexe à un camarade soldat et l'avoir épousé, elle tint avec lui cette auberge ; veuve, elle reprit ses habits d'homme et la mer.
Aux côtés d'Anne Bonny, Mary Read devint l'une des deux seules femmes pirates connues de l'« âge d'or », cas exceptionnel qui assura sa célébrité historique.
Lors de la capture du navire, Read et Bonny résistèrent presque seules sur le pont, une scène devenue le symbole du courage des deux femmes pirates.
Condamnée à mort, elle échappa provisoirement à la pendaison en se déclarant enceinte ; son procès reste une source majeure sur la piraterie féminine.
Le récit de Charles Johnson fit entrer Mary Read dans la légende et inspire depuis trois siècles romans, films et représentations des femmes pirates.
Anecdotes
Selon le récit du capitaine Charles Johnson, la mère de Mary Read, restée seule et sans ressources, habilla très tôt sa fille en garçon pour la faire passer auprès de sa belle-mère pour un fils légitime décédé, et continuer ainsi à toucher une pension. Mary garda ce déguisement masculin une grande partie de sa vie, d'abord par nécessité, puis par choix.
Devenue jeune femme, Mary s'engagea sous une identité d'homme pendant la guerre de Succession d'Espagne, servant en Flandre dans l'infanterie puis dans la cavalerie. Tombée amoureuse d'un de ses camarades flamand, elle lui révéla son secret ; ils se marièrent et tinrent une auberge à l'enseigne des « Trois Fers à cheval », près de Bréda. Veuve peu après, elle reprit ses habits d'homme et la mer.
Embarquée dans l'équipage du pirate Calico Jack Rackham, Mary y retrouva une autre femme déguisée, Anne Bonny. D'après Johnson, Bonny, croyant avoir affaire à un beau jeune marin, s'était d'abord éprise de Mary, qui dut lui dévoiler qu'elle était elle aussi une femme. Les deux pirates devinrent inséparables.
Lors de la capture du sloop de Rackham au large de la Jamaïque, en octobre 1720, on raconte que Mary Read et Anne Bonny furent presque les seules à se battre sur le pont tandis que les hommes, ivres, s'étaient réfugiés dans la cale. Mary aurait tiré dans la cale en injuriant ses propres camarades pour les forcer à monter combattre.
Condamnée à mort par pendaison à la fin de novembre 1720, Mary Read échappa au gibet en se déclarant enceinte (« plaider son ventre »), ce qui suspendait l'exécution. Interrogée sur la potence, elle aurait répondu qu'elle n'y voyait pas grand mal : sans elle, « tous les lâches se feraient pirates ». Elle mourut pourtant en prison quelques mois plus tard, en 1721, probablement de fièvre.
Sources primaires
As to hanging, she thought it no great hardship, for, were it not for that, every cowardly fellow would turn pirate, and so infest the seas, that men of courage must starve.
That the two Women, Prisoners at the Bar, were then on Board the said Sloop, and wore Men's Jackets, and long Trouzers, and Handkerchiefs tied about their Heads; and that each of them had a Machet and Pistol in their Hands, and cursed and swore at the Men.
Whereas John Rackum [...] and two Women, by name, Ann Fulford alias Bonny, and Mary Read, did [...] feloniously steal, take and carry away [...] a certain Sloop call'd the William.
Lieux clés
Pays de naissance de Mary Read, vers 1685, dans un milieu modeste. C'est là que, selon la tradition, sa mère l'éleva habillée en garçon.
Théâtre des campagnes de la guerre de Succession d'Espagne où Mary Read servit comme soldat. C'est près de Bréda qu'elle se maria et tint l'auberge des « Trois Fers à cheval ».
Principal repaire des pirates des Caraïbes, surnommé la « république des pirates ». C'est de son port que Rackham vola le sloop William en 1720 avec son équipage, dont Mary Read.
Zone où le sloop de Rackham, à l'ancre, fut surpris et arraisonné en octobre 1720 par le chasseur de pirates Jonathan Barnet. C'est là que Mary Read mena son dernier combat sur le pont.
Siège de l'administration coloniale anglaise, où Mary Read fut jugée et condamnée en novembre 1720. C'est dans la prison de la paroisse de St. Catherine qu'elle mourut en 1721.
Objets typiques

Veste, large pantalon et foulard noué autour de la tête que Mary Read portait pour se faire passer pour un homme, comme l'ont décrit les témoins de son procès. Ce déguisement lui permit de servir comme soldat, comme marin puis comme pirate.

Lame courte et large, idéale pour le combat serré sur un pont. Au procès, une témoin déclara avoir vu Mary Read « un coutelas et un pistolet à la main », jurant contre les hommes de l'équipage.

Arme à feu individuelle qui ne tirait qu'un coup avant un long rechargement, si bien qu'on en portait souvent plusieurs à la ceinture. Mary Read en tenait un lors de la capture du sloop.

Arme à feu d'épaule des soldats du début du XVIIIe siècle. Mary Read s'en servit lorsqu'elle servait dans l'infanterie puis la cavalerie en Flandre, sous une identité masculine.

Alcool de canne à sucre produit en abondance dans les Antilles, base de la boisson quotidienne des pirates. L'équipage de Rackham aurait été surpris ivre lors de sa capture, alors que Read et Bonny voulaient combattre.

Code de règles signé par les membres d'un équipage pirate, fixant le partage du butin, la discipline et les indemnités en cas de blessure. C'est ce contrat qui réglait la vie à bord du navire de Rackham.
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Vie quotidienne
Matin
Quand elle servait sur un navire, la journée de Mary Read commençait au lever du jour avec la relève des quarts, l'inspection des voiles et le vidage de l'eau de la cale. Comme tout l'équipage, elle ignorait que l'un de ses compagnons était une femme : elle veillait à parler, jurer et travailler comme un homme.
Après-midi
L'après-midi se passait à entretenir le gréement, nettoyer les armes et, lors d'une chasse, à manœuvrer pour rattraper une proie. Au moment de l'abordage, Mary se montrait parmi les plus déterminées, sabre et pistolet à la main.
Soir
Le soir, l'équipage partageait le repas, buvait du rhum et jouait aux dés ou aux cartes. C'est dans ce relâchement, les hommes ivres, que la troupe de Rackham fut surprise et capturée, tandis que Read et Bonny voulaient se battre.
Alimentation
On se nourrissait surtout de vivres de conservation : biscuit de mer, viande et poisson salés, parfois tortues et fruits frais pris lors des escales. La boisson principale était le rhum des Antilles, souvent coupé d'eau.
Vêtements
Mary Read portait, comme les marins, chemise de toile, large pantalon et foulard noué autour de la tête. Ce costume masculin, décrit par les témoins de son procès, lui permettait de dissimuler son sexe au milieu de l'équipage.
Habitat
Sa « maison » était le navire lui-même, un petit sloop exigu où l'on dormait à même le pont ou dans un hamac. À terre, on logeait dans les tavernes et les baraques des repaires comme Nassau ; elle finit ses jours dans une prison de la Jamaïque.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Service militaire en Flandre (infanterie puis cavalerie)
vers 1701-1713
L'auberge des « Trois Fers à cheval », près de Bréda
vers 1713-1717
Engagement dans l'équipage de Calico Jack Rackham
1720
Le dernier combat sur le pont du sloop William
octobre 1720
Procès de Spanish Town et survie par « plaider son ventre »
novembre 1720






