Stede Bonnet(1688 — 1718)

Stede Bonnet

royaume de Grande-Bretagne, royaume d'Angleterre

6 min de lecture

MilitaireSociétéExplorationTemps modernesÂge d'or de la piraterie dans les Caraïbes et l'Atlantique, au début du XVIIIe siècle, à l'époque des empires coloniaux européens.

Stede Bonnet (vers 1688-1718), surnommé « le pirate gentleman », était un riche planteur de la Barbade qui abandonna sa plantation pour devenir pirate dans les Caraïbes. Allié un temps à Barbe-Noire, il fut capturé puis pendu à Charleston en 1718.

Questions fréquentes

Ce qu'il faut retenir, c'est que Stede Bonnet (vers 1688-1718) est un cas unique dans l'histoire de la piraterie : au lieu d'être un marin désœuvré, c'était un riche planteur de la Barbade qui a tout quitté pour devenir pirate. Ce qui le distingue de ses contemporains, c'est qu'il a acheté son navire, le Revenge, plutôt que de le voler, et qu'il versait un salaire à son équipage. Son surnom de « gentleman » vient de son éducation, de ses habits de qualité et de sa bibliothèque de bord, un objet rarissime sur un bateau pirate.

Faits marquants

  • Né vers 1688 à la Barbade dans une famille de riches planteurs anglais
  • Abandonne sa plantation pour acheter et armer un navire, le Revenge, en 1717 — fait rare car les pirates volaient habituellement leurs bateaux
  • S'associe au pirate Barbe-Noire (Edward Teach) avant d'en devenir le rival
  • Capturé lors de la bataille de la rivière Cape Fear en septembre 1718
  • Jugé et pendu à Charleston (Caroline du Sud) le 10 décembre 1718

Œuvres & réalisations

Achat et armement du sloop Revenge (1717)

Geste inédit dans l'histoire de la piraterie : Bonnet finança lui-même son navire de guerre au lieu de le capturer, fondant ainsi sa carrière de pirate.

Campagne de piraterie sur la côte américaine (1717-1718)

Au large de la Virginie, des Carolines et dans les Caraïbes, Bonnet attaqua et pilla plusieurs navires marchands, parfois en les brûlant.

Alliance avec Barbe-Noire (1717-1718)

Son association avec le plus célèbre pirate de l'époque fit entrer Bonnet dans la légende, même s'il y perdit le commandement de son propre navire.

Blocus de Charleston (1718)

Aux côtés de Barbe-Noire, Bonnet participa au blocus du port de Charleston, où des otages furent pris pour obtenir une rançon en médicaments.

Reprise de la piraterie sous l'alias « capitaine Thomas » (1718)

Après sa grâce, il replongea sous une fausse identité avec le navire rebaptisé Royal James, jusqu'à sa capture.

Procès de Charleston (1718)

Son jugement, publié sous le titre The Tryals of Major Stede Bonnet, est l'un des procès de pirates les mieux documentés de l'Âge d'or de la piraterie.

Anecdotes

Contrairement à la quasi-totalité des pirates, qui volaient leur navire, Stede Bonnet ACHETA le sien : un sloop de dix canons qu'il baptisa le Revenge. Plus étonnant encore, il versait un salaire à son équipage au lieu de partager le butin. Ce riche planteur sucrier de la Barbade, qui n'avait aucune expérience de la mer, gagna ainsi son surnom de « pirate gentleman ».

Quand Bonnet s'associa à Barbe-Noire, ce dernier comprit vite que le gentilhomme était un piètre marin et prit le commandement de fait. Selon A General History of the Pyrates, Bonnet resta alors comme un invité à bord, libre d'arpenter le pont en robe de chambre et de lire les livres de sa bibliothèque — un objet rarissime sur un bateau pirate.

Après avoir profité de la grâce royale offerte aux pirates, Bonnet replongea presque aussitôt dans la piraterie. Pour brouiller les pistes, il prit le faux nom de « capitaine Thomas » et rebaptisa son navire le Royal James.

Capturé puis emprisonné à Charleston, Bonnet parvint à s'évader de sa geôle avec un complice. Sa liberté fut de courte durée : il fut repris quelques jours plus tard sur une île voisine et ramené pour son procès.

Avant son exécution, Bonnet, terrifié, écrivit au gouverneur Robert Johnson une lettre déchirante pour implorer sa grâce, allant jusqu'à proposer qu'on lui coupât les membres comme garantie qu'il ne pirateraît plus jamais. Sa supplique resta sans effet : il fut pendu le 10 décembre 1718.

Sources primaires

The Tryals of Major Stede Bonnet, and Other Pirates (compte rendu imprimé du procès de Charleston) (1719)
Allocution du juge Nicholas Trott au condamné : « Vous êtes un gentilhomme qui avez bénéficié d'une éducation libérale et que l'on tient généralement pour un homme de lettres ; aussi me sera-t-il inutile de vous expliquer la nature de la repentance et de la foi. »
A General History of the Pyrates, attribué au capitaine Charles Johnson (1724)
« Cette lubie de partir pirater venait d'un trouble de l'esprit, déjà bien visible chez lui quelque temps auparavant, et que l'on dit avoir été causé par certains désagréments éprouvés dans l'état de mariage. »
Acte d'accusation du procès de Stede Bonnet (The Tryals) (1718)
Le major Stede Bonnet est accusé d'avoir, en pirate, attaqué et pris au large de la Virginie le sloop Francis (commandé par Peter Manwaring) et le sloop Fortune (commandé par Thomas Read).

Lieux clés

La Barbade (Bridgetown)

Île des Antilles où naquit Bonnet et où il possédait une riche plantation sucrière avant de tout abandonner pour la piraterie.

Nassau (Bahamas)

Principal repaire des pirates de l'Atlantique au début du XVIIIe siècle, plaque tournante où Bonnet croisa la route de Barbe-Noire.

Bath (Caroline du Nord)

Petit port où Bonnet obtint la grâce royale du gouverneur Charles Eden, espérant devenir corsaire contre l'Espagne.

Rivière Cape Fear (Caroline du Nord)

Estuaire où le colonel William Rhett livra bataille à Bonnet et le captura en septembre 1718.

Charleston (Charles Town, Caroline du Sud)

Ville où Bonnet fut emprisonné, jugé puis pendu à White Point le 10 décembre 1718.

Voir aussi