Directeur de théâtre et librettiste italien (1794-1879), Merelli dirigea la Scala de Milan et le Kärntnertortheater de Vienne. Il joua un rôle décisif dans la carrière de Verdi en lui commandant Nabucco en 1842.
Bartolomeo Merelli(1794 — 1879)
Bartolomeo Merelli
royaume d'Italie
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Né à Bergame en 1794, mort à Milan en 1879
- Directeur de la Scala de Milan à plusieurs reprises entre 1836 et 1850
- Dirigea simultanément le Kärntnertortheater de Vienne
- Commanda à Verdi l'opéra Nabucco (1842), lançant sa carrière internationale
- Collabora avec Donizetti et d'autres compositeurs majeurs de son époque
Œuvres & réalisations
La décision la plus importante de la carrière de Merelli : commander et produire cet opéra à un Verdi déprimé fut un pari risqué qui se transforma en triomphe historique, lançant l'âge d'or de Verdi.
Pendant quatorze ans, Merelli fit de La Scala le centre mondial de l'opéra romantique italien, programmant Donizetti, Bellini et le jeune Verdi devant un public européen d'élite.
Gérer simultanément la première scène lyrique autrichienne et La Scala constituait un exploit sans précédent, imposant l'opéra italien dans la capitale des Habsbourg.
Merelli programma à La Scala le deuxième opéra de Verdi, confirmant son soutien au compositeur et consolidant le succès foudroyant de Nabucco.
Avant sa carrière d'impresario, Merelli écrivit plusieurs livrets pour des compositeurs de l'Italie du Nord, acquérant une connaissance intime des contraintes du genre lyrique.
Anecdotes
Un soir de l'hiver 1840, Verdi, accablé par la mort de sa femme et de ses deux enfants, refusait d'écrire quoi que ce soit. Merelli lui glissa de force le livret de Nabucco dans la poche de son manteau en le raccompagnant à la porte. Rentré chez lui, Verdi ouvrit le cahier au hasard sur le vers « Va, pensiero, sull'ali dorate » — et il ne put s'arrêter de lire. C'est ainsi que naquit l'opéra qui allait le rendre célèbre.
Merelli fut l'un des rares impresarii de son époque à diriger simultanément deux grandes maisons d'opéra dans deux capitales européennes : La Scala de Milan et le Kärntnertortheater de Vienne. Il passait une partie de l'année à Milan et l'autre à Vienne, jonglant avec les contrats des chanteurs, les créations et les tournées — un exploit logistique qui força l'admiration de ses contemporains.
Avant de devenir directeur de théâtre, Merelli avait lui-même écrit des livrets d'opéra dans sa jeunesse à Bergame. C'est cette double compétence d'auteur et de gestionnaire qui lui permit de comprendre intuitivement les besoins des compositeurs et d'entretenir des relations de confiance durable avec des géants comme Donizetti et Verdi.
Lors des révolutions de 1848 qui secouèrent l'Europe, les théâtres viennois durent fermer leurs portes. Merelli perdit son contrat avec le Kärntnertortheater dans la tourmente politique, illustrant à quel point la vie d'un impresario d'opéra était indissociable des soubresauts de l'histoire.
Sources primaires
Merelli m'attrapa, me fourra le livret dans la poche, me prit par les épaules et me poussa dehors, fermant la porte à clé. [...] Je rentrai chez moi et jetai le manuscrit sur la table avec un geste presque violent. Il s'ouvrit ; mes yeux tombèrent sur la page et je lus : 'Va, pensiero, sull'ali dorate.'
Merelli est un homme d'une activité prodigieuse ; il tient à la fois Milan et Vienne dans sa main et s'acquitte de ses engagements avec une ponctualité qui fait l'envie de bien des directeurs.
La signora Strepponi s'engage à tenir le rôle d'Abigaille dans l'opéra nouveau intitulé Nabucco, musique du maestro Giuseppe Verdi, pour la saison de Carnaval-Quaresima 1842.
L'impresario Merelli a rendu un service immense à l'art lyrique en imposant à un compositeur découragé la mise en musique de ce sujet biblique ; le succès dépasse toutes les espérances.
Lieux clés
Principal lieu de l'action de Merelli : il en fut le directeur de 1836 à 1850, puis de 1861 à 1863. C'est sur cette scène qu'il créa Nabucco et lança définitivement la carrière de Verdi.
Merelli dirigea ce prestigieux opéra impérial viennois simultanément à La Scala de 1836 à 1848, y programmant des œuvres italiennes devant la cour des Habsbourg.
Ville natale de Merelli, également patrie de Donizetti. Ce terreau culturel bergamasque nourrit sa vocation de librettiste et ses premiers réseaux dans le monde lyrique.
Autre théâtre milanais que Merelli administra à certaines périodes, servant de scène complémentaire à La Scala pour les productions de moindre envergure.
Objets typiques

Document clé du travail de Merelli : il évaluait et commandait les textes destinés à être mis en musique. C'est un livret — celui de Nabucco — qu'il glissa dans la poche de Verdi pour le convaincre de composer à nouveau.

Merelli rédigeait et signait des dizaines de contrats chaque saison avec chanteurs, compositeurs et scénographes. Ces documents codifiaient cachets, rôles, pénalités et durées d'engagement, formant l'ossature administrative de ses théâtres.

Outil de travail quotidien que Merelli lisait pour évaluer les nouvelles œuvres soumises à son théâtre. Sa formation de librettiste lui donnait une réelle capacité à juger la valeur musicale et dramatique d'une partition.

Dans la tradition anecdotique de l'époque, Merelli est associé à l'image de l'homme qui ouvre et ferme les portes — littéralement, il aurait fermé à clé la porte derrière Verdi le soir où il lui remit le livret de Nabucco.

Gérer La Scala et le Kärntnertortheater impliquait une comptabilité complexe : recettes des abonnements, coûts des décors, salaires des chœurs. Ces registres étaient l'outil quotidien de tout impresario sérieux.

Merelli coordonnait ses deux théâtres par un flux constant de lettres entre Milan et Vienne. La rapidité du courrier postal de l'époque — encore largement à cheval — rendait la gestion à distance périlleuse et exigeait une anticipation de plusieurs semaines.
Programmes scolaires
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Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Merelli commençait sa journée tôt dans son bureau du théâtre, dépouillant le courrier arrivé par la poste de nuit depuis Vienne ou d'autres places italiennes. Il recevait compositeurs et agents d'artistes, examinait les propositions de livrets et signait les contrats d'engagement pour la saison à venir.
Après-midi
L'après-midi était consacré aux répétitions sur scène, auxquelles Merelli assistait régulièrement pour arbitrer les inévitables tensions entre chanteurs, chefs d'orchestre et scénographes. Il négociait aussi avec les fournisseurs de décors et de costumes, veillant à l'équilibre d'un budget toujours serré.
Soir
Merelli était présent dans sa loge lors des représentations, observant le public autant que la scène — les réactions du parterre et des abonnés orientaient ses décisions de programmation. Après le spectacle, il recevait dans les coulisses, consolidant son réseau dans le milieu artistique et mondain.
Alimentation
La table d'un impresario milanais prospère au XIXe siècle était marquée par la cuisine lombarde : risotto, ossobuco, polenta accompagnée de viandes en sauce. Les dîners d'affaires après les premières, dans les restaurants voisins de La Scala, étaient l'occasion de sceller des contrats autour d'un bon Barolo ou d'un Franciacorta.
Vêtements
Merelli portait l'habit bourgeois distingué de sa classe et de son époque : frac noir à queue-de-pie, gilet de soie, cravate blanche nouée haut, chapeau haut-de-forme pour les sorties officielles. Dans les coulisses du théâtre, il troquait parfois le frac contre une redingote plus commode.
Habitat
En tant que directeur de La Scala, Merelli disposait d'un appartement bourgeois dans le centre de Milan, non loin du théâtre, meublé avec le confort sans ostentation de la grande bourgeoisie lombarde : salon de réception, bibliothèque, cabinet de travail encombré de partitions et de correspondances.






