Jenny Lind(1820 — 1887)

Jenny Lind

Suède

6 min de lecture

MusiqueSpectacleHumanitaireXIXe siècleEurope et États-Unis du XIXe siècle, à l'apogée de l'opéra romantique et de la culture des grandes vedettes lyriques.

Cantatrice suédoise du XIXe siècle, soprano colorature de renommée internationale surnommée « le Rossignol suédois ». Elle connut un immense succès en Europe puis aux États-Unis lors d'une tournée organisée par l'imprésario P. T. Barnum.

Questions fréquentes

Jenny Lind (1820-1887) est une cantatrice suédoise, soprano colorature, qui a marqué le XIXe siècle par la pureté et l'agilité de sa voix. Ce qu'il faut retenir, c'est que son surnom vient de la comparaison avec le rossignol, oiseau au chant mélodieux, popularisé par Hans Christian Andersen, qui s'en inspira pour son conte Le Rossignol. Sa carrière l'a menée de Stockholm à Londres et jusqu'aux États-Unis, où elle a connu un succès phénoménal grâce à l'imprésario P. T. Barnum.

Faits marquants

  • Née à Stockholm en 1820, elle débute à l'Opéra royal de Suède dès l'adolescence.
  • Elle triomphe dans les grandes scènes européennes (Berlin, Vienne, Londres) au cours des années 1840.
  • En 1850-1852, P. T. Barnum organise sa tournée aux États-Unis, qui devient un phénomène populaire (« Lind mania »).
  • Elle se retire de la scène lyrique encore jeune et se consacre à des concerts et à des œuvres de bienfaisance.
  • Morte en Angleterre en 1887, elle reste une icône du chant romantique.

Œuvres & réalisations

Agathe dans Der Freischütz (Weber) (1838)

Rôle de ses débuts marquants à Stockholm, qui révéla son talent au public suédois.

Amina dans La Sonnambula (Bellini) (années 1840)

L'un de ses rôles fétiches de bel canto, idéal pour sa voix agile de colorature.

Norma (Bellini) (années 1840)

Grand rôle dramatique du répertoire belcantiste qu'elle interpréta avec succès en Europe.

Création de I masnadieri (Verdi) (1847)

Opéra de Verdi créé à Londres avec elle dans le rôle d'Amalia, écrit en tenant compte de sa voix.

Tournée de concerts américaine (1850-1852)

Série de concerts triomphaux à travers les États-Unis, montée par P. T. Barnum, qui fit d'elle une vedette mondiale.

Interprétations d'Elijah (Mendelssohn) (années 1850)

Elle devint une interprète emblématique de cet oratorio de son ami Mendelssohn.

Enseignement au Royal College of Music (1883)

Première professeure de chant de l'institution londonienne, transmettant son art à une nouvelle génération.

Anecdotes

Surnommée « le Rossignol suédois », Jenny Lind aurait inspiré au conteur Hans Christian Andersen son célèbre conte « Le Rossignol » (1843) : l'écrivain danois, profondément épris d'elle, fut éconduit mais resta toute sa vie un admirateur fervent de sa voix.

En 1850, l'imprésario américain P. T. Barnum organisa une tournée triomphale aux États-Unis alors qu'il n'avait jamais entendu chanter Jenny Lind : il misa uniquement sur sa réputation. La « Lind mania » fut telle que les billets du premier concert furent vendus aux enchères, et que des objets à son effigie (chapeaux, gants, pianos) inondèrent le commerce.

Au sommet de sa gloire, Jenny Lind abandonna définitivement la scène d'opéra en 1849, à moins de trente ans, par scrupule religieux et par dégoût du monde du théâtre, préférant désormais ne chanter qu'en concert et dans des oratorios.

Le compositeur Felix Mendelssohn était un ami très proche et un grand admirateur de la cantatrice ; sa mort soudaine en 1847 la bouleversa profondément. On dit qu'elle attendit près d'un an avant d'oser chanter de nouveau certaines des œuvres qu'il aimait.

Jenny Lind redistribua une grande partie des sommes colossales gagnées lors de sa tournée américaine à des œuvres de charité, notamment pour fonder des écoles et soutenir de jeunes musiciens en Suède.

Sources primaires

The Life of P. T. Barnum, Written by Himself (1855)
Je résolus d'engager Jenny Lind pour une tournée de concerts aux États-Unis, bien que je ne l'eusse jamais entendue chanter et que je connusse à peine sa réputation autrement que par ouï-dire.
Le Conte de ma vie (autobiographie de Hans Christian Andersen) (1855)
Par Jenny Lind, je compris pour la première fois la sainteté qu'il peut y avoir dans l'art. Aucun livre, aucune personne n'a exercé sur moi une influence plus ennoblissante que celle de Jenny Lind.
Compte rendu du premier concert au Castle Garden, presse new-yorkaise (11 septembre 1850)
Une foule immense se pressait au Castle Garden pour entendre le Rossignol suédois ; dès les premières notes, le public fut transporté d'enthousiasme.

Lieux clés

Stockholm

Ville natale de Jenny Lind, où elle débuta sa formation et sa carrière à l'Opéra royal de Suède.

Paris

Elle y étudia auprès du maître de chant Manuel García pour soigner sa voix et perfectionner sa technique.

Londres

Lieu de ses triomphes lyriques anglais, puis de son installation durable ; elle y enseigna au Royal College of Music.

Castle Garden, New York

Salle où eut lieu, le 11 septembre 1850, le premier concert américain de Jenny Lind, déclenchant la « Lind mania ».

Boston

Ville où elle épousa le pianiste Otto Goldschmidt en 1852, vers la fin de sa tournée américaine.

Wynd's Point, Malvern

Demeure des collines de Malvern, en Angleterre, où Jenny Lind passa ses dernières années et mourut en 1887.

Voir aussi