Compositeur italien (1792-1868), Rossini est l'un des maîtres de l'opéra du XIXe siècle. Son œuvre la plus célèbre, Le Barbier de Séville (1816), reste un chef-d'œuvre du répertoire lyrique mondial.
Gioachino Rossini(1792 — 1868)
Gioachino Rossini
États pontificaux, royaume d'Italie
9 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« L'appétit vient en mangeant, mais la soif s'en va en buvant.»
« Donnez-moi une liste de blanchisserie et je la mets en musique.»
Faits marquants
- Naissance à Pesaro (Italie) en 1792
- Compose Le Barbier de Séville en 1816, à seulement 24 ans
- Compose Guillaume Tell en 1829, son dernier opéra
- Se retire de la scène lyrique après Guillaume Tell, à 37 ans, et ne compose plus d'opéras
- Décède à Paris en 1868
Œuvres & réalisations
Premier grand opéra sérieux de Rossini, créé à Venise. L'air 'Di tanti palpiti' devint si populaire qu'il fut surnommé 'l'aria dei rizzi' car les gondoliers le chantaient en cuisinant leur riz.
Chef-d'œuvre de l'opéra-bouffe, composé en 27 jours selon la légende. Son ouverture virtuose et ses situations comiques irrésistibles en font un modèle du genre qui n'a jamais quitté les scènes lyriques.
Considéré comme le chef-d'œuvre absolu de l'opéra-bouffe, adapté de la pièce de Beaumarchais. Son ouverture, ses airs (comme 'Largo al factotum') et ses ensembles burlesques sont parmi les pages les plus brillantes de toute l'histoire de l'opéra.
Version lyrique du conte de Cendrillon, dans laquelle la pantoufle de verre est remplacée par un bracelet. Cet opéra exige une mezzo-soprano d'une virtuosité exceptionnelle et reste l'un des sommets du bel canto.
Dernier opéra italien de Rossini, créé à Venise. Cette tragédie inspirée de Voltaire est l'une des œuvres les plus monumentales du bel canto, avec ses parties vocales d'une difficulté extrême.
Ultime opéra de Rossini, créé à l'Opéra de Paris. Inspiré du héros suisse de Schiller, c'est une œuvre visionnaire qui annonce le grand opéra romantique. Son ouverture, avec son célèbre galop final, est l'une des pages orchestrales les plus connues au monde.
Recueil de 150 pièces légères pour piano, voix et petits ensembles, composées dans sa retraite parisienne. Rossini les qualifiait lui-même de 'petites riens', mais elles révèlent une inventivité harmonique surprenante qui annonce Satie et la musique du XXe siècle.
Anecdotes
Né le 29 février 1792, Rossini n'avait techniquement d'anniversaire que tous les quatre ans. Il aimait plaisanter en disant qu'il avait l'avantage de vieillir quatre fois moins vite que ses contemporains. Cette particularité amusait ses amis et alimentait sa réputation d'homme spirituel.
La première représentation du Barbier de Séville le 20 février 1816 à Rome fut un désastre retentissant : un chanteur trébucha sur scène, une corde de guitare se brisa en plein air, et un chat errant envahit le plateau sous les huées du public. Pourtant, dès la deuxième représentation, l'opéra triompha et devint l'un des plus célèbres du répertoire mondial.
Rossini avait l'habitude de composer couché dans son lit. Un jour, selon une anecdote rapportée par ses contemporains, il laissa tomber une page de partition sur le sol. Plutôt que de se lever pour la ramasser, il préféra réécrire entièrement le passage de mémoire. Cette paresse légendaire n'empêchait pas une productivité extraordinaire : il composa près de 40 opéras en moins de 20 ans.
En 1822, Rossini rendit visite à Beethoven à Vienne. Le maître allemand, déjà sourd et réputé mépriser l'opéra italien, reçut chaleureusement le jeune compositeur et lui dit : 'Le Barbier de Séville est le plus bel opéra-bouffe qui ait jamais été écrit.' Rossini en fut profondément touché et garda ce souvenir toute sa vie.
Après le triomphe de Guillaume Tell en 1829, Rossini cessa brutalement de composer des opéras à l'âge de 37 ans, alors qu'il était au sommet de sa gloire. Il vécut encore 39 ans sans écrire un seul opéra supplémentaire, se consacrant à la gastronomie et à ses célèbres 'Péchés de vieillesse', une collection de pièces légères pour piano et voix. Cette retraite mystérieuse fascine encore les historiens.
Sources primaires
Je travaille sans relâche ; je suis décidé à me faire un nom dans ce pays, et j'espère y parvenir. Le succès du Barbier m'a donné des ailes.
La gloire de cet homme n'a plus de bornes ; il n'y a, depuis Mozart, qu'un seul homme à qui la musique doive autant. Bonaparte n'est plus, mais un autre homme dont l'Europe parle déjà se montre à Moscou, à Naples, à Paris, à Londres, à Vienne, à Berlin : c'est Rossini.
Beethoven lui dit : 'Ah, Rossini ! Vous êtes l'auteur du Barbier de Séville ? Je vous en félicite ; c'est un excellent opéra-bouffe. Je l'ai lu avec plaisir et m'en suis réjoui. Il sera joué aussi longtemps que l'opéra-bouffe existera.'
Rossini m'a dit : 'J'ai composé avec la rapidité de l'éclair et la paresse du philosophe. Je n'ai jamais retouché ce qui était écrit d'un jet, sauf si c'était franchement mauvais.'
Ces modestes chansonnettes sont nées dans mes heures d'oisir. Je les dédie à mes amis pianistes, à mes amis chanteurs, et à tous ceux qui daignent les accueillir avec indulgence.
Lieux clés
Ville natale de Rossini sur la côte adriatique des États pontificaux. La ville lui rend hommage avec un musée et le prestigieux Festival Rossini, organisé chaque été depuis 1980.
Théâtre où fut créé Le Barbier de Séville le 20 février 1816. Malgré le désastre de la première représentation, il devint le lieu du premier grand triomphe romain de Rossini.
Rossini dirigea ce grand théâtre royal de 1815 à 1822, y composant ses opéras sérieux les plus ambitieux dont Otello (1816) et Mosè in Egitto (1818). Naples fut le laboratoire de sa maturité artistique.
Rossini en fut le directeur de 1824 à 1829. Cette salle du boulevard des Italiens était le temple de l'opéra en France et le lieu de ses derniers grands succès parisiens.
Lors de son séjour triomphal à Vienne en 1822, Rossini fut reçu à la cour impériale et acclamé par toute la ville, rivalisant de popularité avec Beethoven lui-même.
Résidence de Rossini de 1855 à sa mort en 1868. Il y tint son célèbre salon musical, les 'Samedis de Rossini', réunissant l'élite artistique parisienne (Liszt, Wagner, Verdi, Meyerbeer).






