Clarinettiste et chef d'orchestre américain (1909-1986), surnommé « le Roi du Swing ». Il contribua à populariser le jazz auprès du grand public blanc et à intégrer ses orchestres racialement dans les années 1930-1940.
Benny Goodman(1909 — 1986)
Benny Goodman
États-Unis
9 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« If you don't like it, don't listen to it.»
Faits marquants
- Né le 30 mai 1909 à Chicago dans une famille d'immigrants juifs polonais
- En 1935, son orchestre déclenche la « Swing Era » lors d'un concert au Palomar Ballroom de Los Angeles
- En 1938, il donne le premier concert de jazz au Carnegie Hall de New York, devenu historique
- Il intègre son orchestre dès 1936 avec des musiciens noirs (Teddy Wilson, Lionel Hampton), brisant la ségrégation dans le milieu musical
- Décédé le 13 juin 1986 à New York
Œuvres & réalisations
Arrangement de la composition de Louis Prima, rendu légendaire par Goodman avec la batterie explosive de Gene Krupa, ce morceau de plus de huit minutes fut le premier standard swing à devenir un phénomène de masse. Il reste l'une des pièces les plus célèbres du jazz américain.
Premier concert de jazz organisé dans la salle la plus prestigieuse des États-Unis, devant 2 800 spectateurs en salle comble. L'enregistrement redécouvert en 1950 est classé parmi les documents musicaux majeurs du XXe siècle.
Œuvre pour clarinette, violon et piano commandée par Goodman au compositeur hongrois Béla Bartók. Cette commande d'un musicien de jazz à l'un des plus grands compositeurs classiques vivants témoigne du prestige exceptionnel atteint par Goodman au-delà des cloisons de genre.
Récit autobiographique dans lequel Goodman raconte son enfance dans la pauvreté, sa passion pour la musique et l'ascension du swing. Document historique précieux sur l'Amérique musicale de l'entre-deux-guerres.
Formation pionnière réunissant musiciens blancs et noirs sur scène à une époque de ségrégation raciale généralisée. Ce quartet fut l'un des premiers actes publics d'intégration dans le monde du spectacle américain.
Mandaté par le gouvernement américain, Goodman fut le premier musicien de jazz à effectuer une tournée officielle en URSS, illustrant le rôle du swing comme instrument de diplomatie culturelle et vitrine de la liberté américaine durant la Guerre froide.
Anecdotes
Le 16 janvier 1938, Benny Goodman donna le premier concert de jazz jamais organisé au Carnegie Hall de New York, temple de la musique classique. Ce soir-là, la salle affichait complet et le public, d'abord sage, finit par danser dans les allées. L'enregistrement de ce concert, redécouvert en 1950 dans un placard, est aujourd'hui considéré comme l'un des documents musicaux les plus importants du XXe siècle.
En 1936, Goodman fit un geste révolutionnaire pour l'époque : il engagea le pianiste noir Teddy Wilson pour jouer avec lui sur scène, dans un pays encore marqué par la ségrégation raciale. Il ajouta ensuite le vibraphoniste Lionel Hampton à la formation, constituant l'un des premiers groupes interraciaux à se produire publiquement aux États-Unis.
Benny Goodman, fils d'immigrants juifs polonais, commença à étudier la clarinette à l'âge de dix ans à Hull House, un centre social de Chicago. Son talent était si évident qu'il joua dans des orchestres professionnels dès l'âge de treize ans, contribuant aux revenus de sa famille très pauvre qui comptait douze enfants.
Lors de sa tournée nationale en 1935, Goodman arriva épuisé et découragé au Palomar Ballroom de Los Angeles. À sa grande surprise, le public, qui avait entendu l'orchestre à la radio nationale, réclamait ses arrangements les plus rythmés. Ce soir du 21 août 1935 est souvent cité comme la naissance officielle de l'ère du swing.
Le compositeur hongrois Béla Bartók composa en 1938 l'œuvre 'Contrasts' spécialement pour Benny Goodman. Cette collaboration inattendue entre le roi du swing et l'un des plus grands compositeurs classiques vivants témoignait du respect extraordinaire que le monde académique portait désormais au clarinettiste de Chicago.
Sources primaires
I was born Benjamin David Goodman on May 30, 1909, in Chicago. I was one of twelve children. Music was the way out for me, the way to get away from the poverty and the hardships of our neighborhood.
Swing held Carnegie Hall in its hot embrace last night. Benny Goodman and his orchestra gave the first jazz concert in the history of that august auditorium, and the audience responded with an enthusiasm that shook the rafters.
I don't think music should be segregated. If a man can play, he can play, regardless of his color. Teddy Wilson is among the finest piano players I have ever heard.
The Goodman band hit Los Angeles last night and the crowd went absolutely wild. Nobody had anticipated this kind of reaction out west, but these young people knew every arrangement by heart.
Lieux clés
Centre social fondé par Jane Addams dans un quartier populaire de Chicago, où le jeune Benny Goodman apprit la clarinette gratuitement à dix ans. Sans cet accès à une formation musicale de qualité, le futur Roi du Swing n'aurait sans doute jamais émergé.
Salle de bal où, le 21 août 1935, Goodman et son orchestre connurent un triomphe inattendu qui marqua officiellement le début de l'ère du swing en Amérique. Cet événement est souvent appelé 'la nuit où le swing naquit'.
Salle de concert la plus prestigieuse des États-Unis, où Goodman donna le 16 janvier 1938 le premier concert de jazz de son histoire, consacrant définitivement le jazz et le swing comme formes d'art légitimes.
Résidence new-yorkaise emblématique de l'orchestre de Goodman dans les années 1930-1940. Les émissions radio retransmises en direct depuis cette salle de bal contribuèrent à faire de Goodman une star nationale.
Ville natale de Benny Goodman et grand carrefour musical américain des années 1920, où se croisaient blues du Delta, jazz de La Nouvelle-Orléans et musiques d'immigrants européens qui forgèrent les premières influences de Goodman.
Objets typiques

Goodman jouait sur une clarinette en si bémol de système Boehm qu'il maîtrisait avec une virtuosité exceptionnelle, alliant technique classique et improvisation jazz. Son son pur et chaleureux en fit le clarinettiste le plus célèbre de son époque.

Goodman acheta les arrangements du chef d'orchestre noir Fletcher Henderson, dont le style rythmé et sophistiqué constitua l'ossature du répertoire de son orchestre. Ces partitions furent un élément décisif du succès commercial du swing.

L'émission radio nationale 'Let's Dance' (NBC, 1934-1935) fut le tremplin de la notoriété de Goodman, diffusant son orchestre dans tous les foyers américains. Le microphone de studio symbolise ce rôle fondateur de la radio dans la popularisation du swing.

Les enregistrements de Goodman sur disques 78 tours pour les labels Columbia et Victor Records touchèrent des millions d'Américains. 'Sing, Sing, Sing' (1937) reste l'un des disques les plus emblématiques de toute l'ère swing.

Sur scène, Goodman portait invariablement un smoking ou un costume sombre élégant avec ses lunettes rondes caractéristiques, contrastant avec l'exubérance de certains contemporains. Ce style sobre reflétait son exigence musicale et son sérieux professionnel.

En tant que directeur de son big band de seize musiciens, Goodman conduisait depuis son pupitre tout en jouant de la clarinette, combinant les rôles de soliste virtuose et de chef exigeant réputé pour sa rigueur.
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Vie quotidienne
Matin
Benny Goodman se levait tôt et consacrait ses matinées à la pratique intensive de la clarinette classique : gammes, exercices techniques, œuvres de Mozart ou de Weber. Perfectionniste reconnu de ses musiciens, il maintenait un niveau de virtuosité digne des meilleurs solistes de concert classique.
Après-midi
Les après-midis étaient dédiées aux répétitions avec l'orchestre, souvent longues et intenses car Goodman avait la réputation d'être un chef d'une exigence redoutable. Il corrigeait le moindre détail d'intonation ou de rythme, passant et repassant les mêmes passages jusqu'à la perfection voulue.
Soir
Les soirées étaient consacrées aux concerts dans les salles de bal, les hôtels de luxe ou les théâtres. Après les spectacles, Goodman participait parfois à des jam sessions informelles avec d'autres musiciens, mais il rentrait généralement tôt, peu attiré par la vie nocturne dissolue de certains de ses contemporains.
Alimentation
Issu d'une famille pauvre de la communauté juive ashkénaze, Goodman resta attaché aux plats simples de son enfance. Devenu célèbre et prospère, il fréquentait les bons restaurants new-yorkais avec sobriété, sans l'ostentation que sa fortune aurait pu lui permettre.
Vêtements
Sur scène, Goodman portait invariablement smoking ou costume sombre avec ses lunettes rondes caractéristiques, symboles de son sérieux professionnel. Dans la vie quotidienne, il s'habillait de façon classique et discrète, reflet d'une personnalité réservée que ses musiciens décrivaient volontiers comme distante.
Habitat
Au faîte de sa célébrité, Goodman vivait dans un appartement élégant à Manhattan, loin du quartier populaire de Chicago où il avait grandi. Il y recevait parfois des musiciens classiques et des compositeurs comme Bartók ou Stravinsky, illustrant la porosité croissante entre jazz et musique savante.






