Ali Farka Touré(1939 — 2006)

Ali Farka Touré

Mali

6 min de lecture

MusiqueCultureChanteur/seCompositeur/triceXXe siècleSeconde moitié du XXe siècle, après l'indépendance du Mali (1960), à l'ère de la mondialisation des musiques du monde

Ali Farka Touré est un guitariste et chanteur malien, figure majeure de la musique africaine. Surnommé le « John Lee Hooker africain », il a révélé au monde les racines africaines du blues en fusionnant traditions maliennes et blues américain.

Questions fréquentes

Ce qu'il faut retenir, c'est qu'Ali Farka Touré, né en 1939 dans la région de Niafunké, était un guitariste et chanteur malien qui a révolutionné la musique africaine. Ce qui frappe ici, c'est son surnom : il le doit à son style de guitare hypnotique qui rappelle le blues américain, mais pour lui, c'était l'inverse. Il affirmait que le blues venait d'Afrique, emporté par les esclaves. Son jeu mêle traditions songhaï et sonorités modernes, créant ce qu'on appelle le « blues du désert ».

Faits marquants

  • Né en 1939 à Kanau, dans la région de Tombouctou (Mali), il grandit à Niafunké au bord du fleuve Niger
  • Auto-didacte, il commence par le njarka (violon monocorde) avant d'adopter la guitare dans les années 1950-1960
  • Son album « Talking Timbuktu » (1994), enregistré avec Ry Cooder, remporte un Grammy Award
  • Il devient maire de Niafunké et investit dans l'agriculture et le développement de sa région
  • Mort le 6 mars 2006 à Bamako ; son album posthume « Savane » est salué par la critique

Œuvres & réalisations

Ali Farka Touré (1988)

Album qui le révèle au public international et impose son « blues du désert » auprès des amateurs de musiques du monde.

The Source (1992)

Album acclamé mêlant traditions maliennes et invités internationaux, confirmant sa stature de figure majeure de la musique africaine.

Talking Timbuktu (avec Ry Cooder) (1994)

Collaboration avec le guitariste américain Ry Cooder, lauréate d'un Grammy Award et symbole du pont entre blues africain et américain.

Niafunké (1999)

Album enregistré dans son village pour rester fidèle à ses racines, célébrant la vie rurale et la musique songhaï.

In the Heart of the Moon (avec Toumani Diabaté) (2005)

Duo avec le joueur de kora Toumani Diabaté, récompensé par un Grammy Award et salué comme un sommet de la musique malienne.

Savane (2006)

Album posthume considéré comme son chef-d'œuvre, couronné lui aussi d'un Grammy Award et résumant tout son art.

Anecdotes

Son vrai prénom est Ali Ibrahim Touré, mais tout le monde le connaît sous le surnom de « Farka ». En songhaï, ce mot signifie « âne » : Ali expliquait qu'on le lui avait donné pour saluer son entêtement et sa force de travail, et il ajoutait en riant qu'il était « l'âne que personne ne peut monter ».

La première fois qu'il entendit un disque du bluesman américain John Lee Hooker, Ali Farka Touré fut convaincu que cet Américain avait « volé » une musique malienne. Pour lui, le blues n'était pas né en Amérique mais en Afrique, emporté de l'autre côté de l'océan par les esclaves : toute sa carrière a servi à démontrer cette parenté.

Au sommet de sa renommée internationale, Ali refusait de quitter durablement son village de Niafunké. Il répétait que la musique passait après la terre : il était avant tout cultivateur de riz et éleveur, et il consacrait ses gains de musicien à irriguer et à faire vivre ses champs.

En 1994, son album « Talking Timbuktu », enregistré avec le guitariste américain Ry Cooder, remporte un Grammy Award. C'était l'une des premières fois qu'une musique du désert malien recevait une telle reconnaissance mondiale.

En 2004, Ali Farka Touré est élu maire de Niafunké. Plutôt que d'attendre l'aide de l'État, il finance lui-même des travaux d'irrigation et d'aménagement pour sa commune, mettant sa célébrité au service des habitants.

Sources primaires

Ali Farka Touré, entretien sur les racines africaines du blues (années 1990)
« Pour moi, le blues vient d'Afrique. Beaucoup de gens pensent que c'est américain, mais cette musique a été emportée par ceux qu'on a déportés. Quand j'ai entendu John Lee Hooker, j'ai reconnu chez nous. »
Propos d'Ali Farka Touré sur la musique et la terre (années 1990-2000)
« La musique, ce n'est pas mon métier principal. Mon métier, c'est l'agriculture. Je suis un paysan de Niafunké avant d'être un guitariste. »
Pochette et notes de l'album « Talking Timbuktu » (avec Ry Cooder) (1994)
Enregistrement présentant la rencontre du blues malien d'Ali Farka Touré et du jeu de guitare américain de Ry Cooder, salué comme un pont entre les deux rives de l'Atlantique.

Lieux clés

Niafunké (région de Tombouctou, Mali)

Ville de la boucle du Niger où Ali Farka Touré a grandi, cultivé ses rizières et dont il est devenu maire. Il y a installé son studio pour enregistrer au plus près de ses racines.

Kanau / Gourma-Rharous (boucle du Niger, Mali)

Région du nord du Mali, près de laquelle Ali Farka Touré naît en 1939, au cœur du pays songhaï baigné par le fleuve Niger.

Tombouctou (Mali)

Ville mythique du désert malien, ancien carrefour caravanier et symbole de la culture du nord. Son nom est associé à l'univers et à l'album « Talking Timbuktu » d'Ali Farka Touré.

Bamako (Mali)

Capitale du Mali, centre de la vie musicale du pays, où Ali Farka Touré a enregistré et où il est mort en 2006.

Voir aussi