Alberto Gentili (1873–1954) est un compositeur et musicologue italien. Il est notamment célèbre pour avoir redécouvert et catalogué un immense fonds de manuscrits musicaux de Vivaldi, contribuant ainsi à la renaissance de l'œuvre du compositeur baroque.
Alberto Gentili(1873 — 1954)
Alberto Gentili
Italie, royaume d'Italie
8 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1873 à Turin, mort en 1954
- Professeur au Conservatoire de Turin pendant plusieurs décennies
- Découverte en 1926-1927 d'un vaste fonds de 300 concertos manuscrits de Vivaldi chez les héritiers Durazzo
- Ce fonds Vivaldi fut acquis par la Bibliothèque nationale de Turin grâce à ses démarches
- Ses travaux ont contribué à la renaissance mondiale de la musique de Vivaldi au XXe siècle
Œuvres & réalisations
Inventaire scientifique des quelque 450 œuvres de Vivaldi conservées à la Biblioteca Nazionale Universitaria di Torino. Ce catalogue est le fondement de toute la recherche vivaldienne ultérieure et a rendu possible les grandes éditions critiques du XXe siècle.
Travail de diplomatie culturelle mené par Gentili pour convaincre les familles Foà et Giordano de confier leurs précieux manuscrits à une institution publique italienne plutôt que de les vendre à l'étranger, sauvant ainsi un patrimoine musical irremplaçable.
Cours d'histoire de la musique dispensés dans un conservatoire italien à une époque où la discipline n'était pas encore institutionnalisée en Italie, contribuant à former une première génération de chercheurs italiens spécialisés.
Articles et travaux académiques sur les manuscrits vivaldiens qui préparèrent le terrain pour les grandes éditions critiques Ricordi de la seconde moitié du XXe siècle et pour la renaissance internationale de Vivaldi.
Anecdotes
Au début des années 1920, Alberto Gentili apprit l'existence d'un fonds considérable de manuscrits musicaux inédits conservés par des familles nobles génoises. En les examinant, il réalisa qu'il s'agissait de centaines d'œuvres de Vivaldi pratiquement oubliées depuis le XVIIIe siècle. Cette découverte allait révolutionner la connaissance de la musique baroque.
Gentili négocia avec persévérance pour que ces précieux manuscrits restent en Italie plutôt que d'être vendus à l'étranger. Grâce à ses démarches, Roberto Foà fit don en 1927 d'une première collection à la Bibliothèque nationale universitaire de Turin, en mémoire de son fils Mauro. Trois ans plus tard, Renzo Giordano offrit une seconde collection, formant un ensemble exceptionnel de quelque 450 œuvres de Vivaldi.
Pendant des années, Gentili travailla méthodiquement à cataloguer ces centaines de partitions manuscrites, déchiffrant des écritures parfois brûnies par le temps et reconstituant des œuvres fragmentaires. Ce travail de fourmi, accompli dans les salles de la bibliothèque turinoise, posa les bases de toute la musicologie vivaldienne du XXe siècle.
Gentili fut l'un des premiers à enseigner l'histoire de la musique de façon systématique dans un conservatoire italien, contribuant à l'institutionnalisation de la musicologie en Italie. Ses étudiants bénéficiaient d'un accès direct aux manuscrits originaux qu'il avait rassemblés, une pédagogie très novatrice pour l'époque.
Lorsque le compositeur Alfredo Casella organisa en 1939 la Settimana Vivaldiana à Sienne — premier festival entièrement consacré à Vivaldi — les partitions utilisées provenaient en grande partie des collections que Gentili avait contribué à sauvegarder et cataloguer. Sans son travail d'archiviste, cet événement fondateur n'aurait pas été possible.
Sources primaires
Document officiel par lequel Roberto Foà cède à la bibliothèque de Turin sa collection de manuscrits musicaux, en mémoire de son fils Mauro Foà, à la suite des démarches d'Alberto Gentili.
Second acte de donation complétant le fonds Foà, portant à environ 450 le nombre d'œuvres de Vivaldi conservées à Turin grâce aux négociations conduites par Gentili.
Inventaire systématique établi par Gentili des manuscrits vivaldiens déposés à la Biblioteca Nazionale Universitaria di Torino, comprenant concertos, opéras et œuvres sacrées, classés par formation instrumentale et tonalité.
Lettres échangées entre le musicologue et la direction de la bibliothèque documentant les négociations pour l'acquisition des fonds, les conditions de conservation et le programme de catalogage.
Lieux clés
Dépositaire des collections Foà et Giordano de manuscrits vivaldiens, c'est dans cette bibliothèque que Gentili travailla pendant des années à cataloguer les œuvres redécouvertes. Elle conserve encore aujourd'hui ce fonds exceptionnel.
Établissement où Gentili enseigna l'histoire de la musique, contribuant à former une génération de musicologues italiens et à ancrer cette discipline dans l'enseignement supérieur musical.
Ville où Gentili découvrit au début des années 1920 les manuscrits vivaldiens conservés par des familles nobles locales. Cette découverte dans les palais génois déclencha l'une des plus importantes sauvegardes du patrimoine musical du XXe siècle.
Centre de l'activité professionnelle de Gentili pendant toute sa carrière. C'est dans cette ville piémontaise qu'il vécut, enseigna et mena ses recherches musicologiques, faisant de Turin un pôle majeur de la musicologie italienne.
Ville toscane où fut organisée en 1939 la Settimana Vivaldiana, premier grand festival consacré à Vivaldi, dont le programme puisait dans les manuscrits que Gentili avait contribué à sauvegarder et cataloguer.
Objets typiques

Outil indispensable pour déchiffrer les partitions manuscrites de Vivaldi, souvent écrites à l'encre brunie par le temps. Gentili l'utilisait pour distinguer les notes, les corrections et les indications de tempo laissées de la main du compositeur.

Les partitions vivaldiennnes retrouvées par Gentili étaient rédigées sur du papier à portées pré-gravées, typique de la production musicale vénitienne du XVIIIe siècle. Leur état de conservation variable exigeait un traitement méticuleux avant tout catalogage.

Grand cahier dans lequel Gentili consignait méthodiquement chaque pièce cataloguée : titre, tonalité, nombre de mouvements, formation instrumentale et état physique du manuscrit. Ces registres constituent eux-mêmes des sources historiques précieuses.

Instrument sur lequel Gentili déchiffrait les partitions pour vérifier leur cohérence musicale et identifier les œuvres. L'oreille du musicien complétait l'œil du chercheur dans l'identification des manuscrits.

Échanges épistolaires avec les familles donatrices (Foà, Giordano), les bibliothèques et les institutions musicales, conservés dans les archives de Turin. Ces lettres témoignent du travail de négociation diplomatique mené par Gentili sur plusieurs années.

Outil de référence pour l'accord et l'identification des tonalités dans les partitions anciennes. Gentili l'utilisait lors des vérifications musicales des manuscrits pour confirmer les indications tonales parfois ambiguës dans l'écriture de Vivaldi.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Gentili commençait sa journée tôt, consultant sa correspondance avant de se rendre à la bibliothèque ou au conservatoire. Il réservait les heures matinales, où la lumière naturelle était la meilleure, à l'examen des manuscrits fragiles, loupe en main et registre ouvert à côté de lui.
Après-midi
L'après-midi était souvent consacré à l'enseignement au Conservatoire de Turin ou à des réunions avec des collègues musicologues et des représentants des bibliothèques. Il poursuivait ensuite son travail de déchiffrage et de catalogage, prenant des notes méthodiques sur chaque partition examinée.
Soir
Le soir, Gentili assistait parfois à des concerts ou à des représentations d'opéra, entretenant son lien vivant avec la pratique musicale. Il réservait également du temps à la lecture de publications musicologiques étrangères et à la rédaction de sa propre correspondance académique.
Alimentation
Comme tout intellectuel bourgeois turinois de l'époque, Gentili suivait les habitudes alimentaires piémontaises : repas structurés avec antipasti, pasta ou risotto, viande et légumes de saison. Le café était une constante de la journée académique italienne, pris au comptoir des cafés proches de la bibliothèque.
Vêtements
Gentili adoptait la tenue sombre et sobre typique des professeurs italiens du début du XXe siècle : costume trois pièces en drap sombre, cravate, chapeau feutre en hiver. Cette mise en conformité avec les codes bourgeois reflétait son statut d'homme de science et de représentant d'une institution académique.
Habitat
Il vivait vraisemblablement dans un appartement bourgeois du centre de Turin, où il exerçait toute sa carrière. Ce logement comportait une bibliothèque personnelle fournie — espace de travail essentiel pour un musicologue accumulant livres, partitions et documents de recherche —, ainsi qu'un instrument pour déchiffrer les partitions.






