Bernard de Clairvaux(1091 — 1153)

Bernard de Clairvaux

Royaume de France

6 min de lecture

SpiritualitéReligieux/seThéologien(ne)Moyen ÂgeMoyen Âge central, XIIe siècle, apogée du monachisme et essor de l'ordre cistercien dans l'Europe chrétienne

Moine cistercien français, fondateur et abbé de l'abbaye de Clairvaux, il fut l'une des figures spirituelles les plus influentes du XIIe siècle. Réformateur monastique et prédicateur, il prêcha la deuxième croisade et fut canonisé puis proclamé docteur de l'Église.

Questions fréquentes

Bernard de Clairvaux (1091-1153) est l'une des figures spirituelles les plus influentes du XIIe siècle. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il incarne à la fois le réformateur monastique, le prédicateur de croisade et le conseiller des papes. Ce qui le rend singulier, c'est sa capacité à conjuguer une vie d'ascèse rigoureuse à l'abbaye de Clairvaux avec une action politique et religieuse à l'échelle de l'Europe. Il fut canonisé dès 1174 et proclamé docteur de l'Église en 1830, signe de l'importance durable de sa pensée.

Citations célèbres

« L'enfer est pavé de bonnes intentions»

Faits marquants

  • Né vers 1090 à Fontaine-lès-Dijon en Bourgogne
  • Fonde l'abbaye de Clairvaux en 1115 et en devient le premier abbé
  • Contribue à la rédaction de la règle de l'ordre du Temple (1129)
  • Prêche la deuxième croisade à Vézelay en 1146
  • Meurt en 1153, canonisé en 1174 et proclamé docteur de l'Église en 1830

Œuvres & réalisations

Fondation de l'abbaye de Clairvaux (1115)

Bernard crée et organise une abbaye qui essaime dans toute l'Europe : à sa mort, Clairvaux comptait des dizaines d'abbayes-filles.

Apologia ad Guillelmum (vers 1125)

Texte critiquant le luxe de l'abbaye de Cluny et défendant la sobriété cistercienne, devenu un manifeste de la réforme monastique.

De diligendo Deo (De l'amour de Dieu) (vers 1126)

Traité majeur de spiritualité décrivant les degrés par lesquels l'âme s'élève vers l'amour de Dieu.

De laude novae militiae (vers 1130)

Éloge des Templiers rédigé pour soutenir cette nouvelle chevalerie religieuse dont Bernard avait aidé à rédiger la règle.

Sermons sur le Cantique des cantiques (1135-1153)

Série de 86 sermons, son chef-d'œuvre spirituel, méditant l'union de l'âme avec Dieu à travers le texte biblique.

De consideratione (vers 1149-1153)

Traité adressé au pape Eugène III, ancien moine de Clairvaux, sur les devoirs et les dangers de la charge pontificale.

Prédication de la deuxième croisade (1146)

Campagne de prédication à travers la France et la Germanie qui mobilise rois et chevaliers pour la croisade.

Anecdotes

En 1113, Bernard n'entre pas seul à l'abbaye de Cîteaux : à 22 ans, il a déjà convaincu une trentaine de proches de le suivre, dont plusieurs de ses frères et son oncle. La tradition raconte qu'il avait un tel talent de persuasion que les mères cachaient leurs fils quand il passait, de peur qu'il ne les entraîne au monastère.

En 1115, ses supérieurs envoient le jeune Bernard fonder une nouvelle abbaye dans une vallée déserte de Champagne, surnommée d'abord 'Val d'Absinthe'. Il la rebaptise Clairvaux, la 'claire vallée', et en devient l'abbé : il y restera près de quarante ans et en fera l'un des plus grands foyers spirituels d'Europe.

À Pâques 1146, devant le roi de France Louis VII et une foule immense réunie à Vézelay, Bernard prêche la deuxième croisade avec une telle ferveur que, dit-on, les croix de tissu distribuées vinrent à manquer : il aurait déchiré son propre habit pour en fabriquer d'autres.

Bernard fut un conseiller des papes au point que l'un de ses anciens moines de Clairvaux devint pape sous le nom d'Eugène III en 1145. Bernard lui écrivit alors un traité, le 'De consideratione', pour lui rappeler de rester humble malgré sa charge.

Surnommé le 'Docteur mellifluus' (le docteur au miel) pour la douceur de ses sermons, Bernard fut canonisé en 1174, à peine vingt et un ans après sa mort, puis proclamé docteur de l'Église en 1830.

Sources primaires

De diligendo Deo (De l'amour de Dieu) (vers 1126)
La raison d'aimer Dieu, c'est Dieu lui-même ; et la mesure de cet amour, c'est de l'aimer sans mesure.
De laude novae militiae (Éloge de la nouvelle milice), aux Templiers (vers 1130)
Une chevalerie nouvelle est apparue sur la terre, qui mène un double combat : contre les ennemis de chair et de sang et contre les puissances spirituelles du mal.
De consideratione, adressé au pape Eugène III (vers 1149-1153)
Souviens-toi avant tout que tu es homme, et reste donc en présence de toi-même comme en présence de tous.
Sermons sur le Cantique des cantiques (1135-1153)
Que mon âme aime ardemment, car elle a été faite pour aimer ; rien d'autre ne peut combler son désir que celui qui l'a créée.
Apologia ad Guillelmum (Apologie à Guillaume de Saint-Thierry) (vers 1125)
À quoi bon, dans les cloîtres, ces monstres ridicules sculptés, cette difforme beauté et cette belle difformité, sous les yeux des frères qui lisent ?

Lieux clés

Fontaine-lès-Dijon

Village de Bourgogne où Bernard naît en 1091 dans une famille de petite noblesse.

Abbaye de Cîteaux

Berceau de l'ordre cistercien où Bernard entre en 1113 comme jeune moine avant d'être envoyé fonder une nouvelle abbaye.

Abbaye de Clairvaux

Abbaye fondée par Bernard en 1115 dans l'Aube, qu'il dirige comme abbé jusqu'à sa mort et où il meurt en 1153.

Vézelay

Bourg bourguignon où Bernard prêche la deuxième croisade en 1146 devant le roi Louis VII.

Troyes

Ville où se tient en 1128 le concile qui reconnaît l'ordre des Templiers, auquel Bernard contribue.

Sens

Siège du concile de 1140 où Bernard affronte le théologien Pierre Abélard, dont les idées sont condamnées.

Voir aussi