Retour à Brigitte de Suède
La table à deux repas du Nord, scandée par le jeûne
Dans la Suède du XIVe siècle, on mangeait deux fois le jour : le dagmål du matin et le nattvard du soir. Le pain de seigle en était le socle immuable ; à côté venait le sovel, le plat chaud (bouillie, pois, poisson) qui se mangeait avec le pain. Le calendrier de l'Église découpait l'année en jours gras et jours maigres : pour une veuve pénitente comme Brigitte, presque chaque jour était maigre — pain, légumineuses, poisson, jamais de viande. Les jours de grande fête (Noël, Pâques, la Sainte-Lucie) rompaient l'austérité avec un pain doré et précieux. Le voyageur et le pèlerin, eux, vivaient de niste : provisions séchées qui ne pourrissaient pas sur la route de Rome ou de Jérusalem.
Signature : Le seigle, grain du Nord
Le seigle est l'ossature de toute cette table : pain noir du quotidien, galette dure et trouée du pèlerin, bouillie d'âtre. Robuste, il pousse là où le froment échoue, se conserve des mois une fois séché et nourrit aussi bien la moniale jeûnant à Vadstena que la pèlerine sur les chemins. Le froment doré, lui, ne paraît qu'aux jours de fête.

Brigitte de Suède à table

1303 — 1373

5 recettes d’époque