Pois fendus à la fève des jours maigres (ärtmos)
Une purée épaisse de pois jaunes (ou de fèves) longuement mijotée avec oignon et un peu de poireau, parfumée d'herbes du jardin. Nourrissante, terreuse, humble — le plat des jours sans viande, étalé sur une tranche de pain bis.
Une purée épaisse de pois jaunes (ou de fèves) longuement mijotée avec oignon et un peu de poireau, parfumée d'herbes du jardin. Nourrissante, terreuse, humble — le plat des jours sans viande, étalé sur une tranche de pain bis.
Approchez, et ne vous gaussez point de la pauvreté de mon écuelle. Notre-Seigneur n'a-t-il point rassasié les foules de pain et de poisson, et non de venaison ? Je fais tremper mes pois dès la veille, toute une nuit dans l'eau de pluie ; au matin je les pose sur les braises et les laisse fondre doucement, en remuant de ma cuiller de bois pour qu'ils ne s'attachent point. Une once d'oignon, un brin d'herbe du clos, et rien de plus : car la bouche qui jeûne entend mieux la voix de Dieu que la bouche repue. Mangez-en avec votre pain noir, et rendez grâce.
- •Pois jaunes secs (ou fèves sèches décortiquées) — une bonne écuellée (base nourrissante des jours maigres)
- •Oignon — un (fond aromatique)
- •Poireau — un brin (douceur végétale)
- •Beurre (jour maigre toléré) ou huile — une noix (liant et goût)
- •Marjolaine ou livèche du jardin — quelques feuilles (parfum)
- •Sel — selon le goût (assaisonnement)
Pois fendus à la fève des jours maigres (ärtmos)
Une purée épaisse de pois jaunes (ou de fèves) longuement mijotée avec oignon et un peu de poireau, parfumée d'herbes du jardin. Nourrissante, terreuse, humble — le plat des jours sans viande, étalé sur une tranche de pain bis.
Pourquoi ce plat ? Veuve pénitente puis fondatrice d'ordre, Brigitte s'abstenait de viande et jeûnait sans relâche : le pois sec, légumineuse-socle du Nord, était la nourriture maigre par excellence, celle qui rassasie l'estomac sans flatter la chair. C'était l'ordinaire de sa table comme de celle des moniales d'Alvastra et de Vadstena.
Approchez, et ne vous gaussez point de la pauvreté de mon écuelle. Notre-Seigneur n'a-t-il point rassasié les foules de pain et de poisson, et non de venaison ? Je fais tremper mes pois dès la veille, toute une nuit dans l'eau de pluie ; au matin je les pose sur les braises et les laisse fondre doucement, en remuant de ma cuiller de bois pour qu'ils ne s'attachent point. Une once d'oignon, un brin d'herbe du clos, et rien de plus : car la bouche qui jeûne entend mieux la voix de Dieu que la bouche repue. Mangez-en avec votre pain noir, et rendez grâce.
Ingrédients (version d’époque)
- Pois jaunes secs (ou fèves sèches décortiquées) — une bonne écuellée (base nourrissante des jours maigres)
- Oignon — un (fond aromatique)
- Poireau — un brin (douceur végétale)
- Beurre (jour maigre toléré) ou huile — une noix (liant et goût)
- Marjolaine ou livèche du jardin — quelques feuilles (parfum)
- Sel — selon le goût (assaisonnement)
Ingrédients
- Pois cassés jaunes — 300 g (base)
- Oignon — 1 gros (fond)
- Poireau (blanc) — 1/2 (douceur)
- Beurre — 30 g (liant)
- Marjolaine séchée (ou livèche fraîche) — 1 c. à café (parfum)
- Sel — 1 c. à café (assaisonnement)
- Eau — 1 litre (cuisson)
Préparation
- Faire tremper les pois cassés une nuit dans l'eau froide (facultatif mais plus fidèle), puis égoutter.
- Émincer oignon et poireau, les faire suer dans le beurre sans coloration.
- Ajouter les pois et l'eau, porter à frémissement, écumer.
- Laisser mijoter 45 min à 1 h à feu doux, en remuant, jusqu'à ce que les pois se défassent en purée épaisse.
- Saler, ajouter la marjolaine, écraser grossièrement à la cuiller pour garder du caractère.
- Servir chaud, étalé sur une tranche de pain de seigle.
Comment on faisait : Les pois et les fèves (et non le haricot, inconnu de l'Europe avant 1492) étaient la légumineuse-socle du Nord médiéval. Séchés, ils se gardaient tout l'hiver et fournissaient les protéines des jours maigres, qui étaient innombrables dans le calendrier liturgique. On les cuisait à l'âtre dans un chaudron pendu à la crémaillère, des heures durant.
Le twist contemporain : Un filet d'huile de colza grillée et quelques pousses de cresson sur le dessus : le clin d'œil scandinave contemporain à une purée vieille de sept siècles.
Brigitte de Suède · Charactorium