Écrivain espagnol majeur du XXe siècle, prix Nobel de littérature en 1989. Figure du renouveau du roman espagnol d'après-guerre, il est l'auteur de « La Famille de Pascual Duarte » et de « La Ruche ».
Camilo José Cela(1916 — 2002)
Camilo José Cela
Espagne
6 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1916 à Iria Flavia (Galice), mort en 2002 à Madrid
- Publie « La Famille de Pascual Duarte » en 1942, qui inaugure le courant du tremendismo
- Publie « La Ruche » (La Colmena) en 1951, fresque sociale du Madrid d'après-guerre
- Reçoit le prix Nobel de littérature en 1989
- Reçoit le prix Cervantes en 1995 et est fait marquis d'Iria Flavia en 1996
Œuvres & réalisations
Premier roman et œuvre fondatrice du tremendismo, récit cru et violent d'un paysan condamné.
Récit de voyage à pied dans une région pauvre d'Espagne, modèle du genre dans la littérature hispanique.
Roman choral du Madrid de l'après-guerre, longtemps interdit en Espagne, considéré comme son chef-d'œuvre.
Revue littéraire qu'il fonde et dirige, espace de liberté relative sous le franquisme.
Roman expérimental sur les premiers jours de la guerre civile à Madrid, écrit d'un seul souffle.
Roman situé en Galice pendant la guerre civile, qui lui vaut le Prix national de littérature.
Conférence du prix Nobel, plaidoyer pour la liberté de l'écrivain et la puissance du récit.
Anecdotes
En 1942, Cela publie son premier roman, « La Famille de Pascual Duarte », l'histoire brutale d'un paysan condamné à mort. Le livre fait scandale par sa violence : sa deuxième édition est saisie par la censure franquiste. Cette manière crue de raconter la misère donnera naissance à un courant littéraire, le « tremendismo ».
Son chef-d'œuvre « La Ruche », qui peint des centaines de Madrilènes affamés de l'après-guerre, ne peut paraître en Espagne à cause de la censure. Cela doit le faire imprimer à Buenos Aires, en Argentine, en 1951. Le roman ne circulera officiellement dans son pays que bien des années plus tard.
Pendant la guerre civile (1936-1939), le jeune Cela s'engage du côté des troupes de Franco et est blessé. Après la guerre, il travaille brièvement comme censeur pour le régime, un épisode qu'on lui reprochera plus tard, lui qui fut pourtant souvent censuré.
En 1948, Cela traverse à pied la région pauvre de l'Alcarria, carnet en main, pour raconter ce qu'il voit. Ce récit de voyage, « Viaje a la Alcarria », devient un classique : il y note les conversations, les auberges et les paysages comme un reporter de la vie ordinaire.
En 1989, il reçoit le prix Nobel de littérature à Stockholm. Sept ans plus tard, en 1996, le roi Juan Carlos Ier le fait « marquis d'Iria Flavia », du nom de son village natal en Galice : un écrivain devenu noble grâce à ses livres.
Sources primaires
Moi, monsieur, je ne suis pas méchant, même si les raisons ne me manqueraient pas pour l'être.
Mon roman La Ruche n'est rien d'autre qu'un pâle reflet, une humble ombre de la réalité quotidienne, âpre, attachante et douloureuse.
Cela y défend la liberté de l'écrivain et la valeur du conte et de la parole face à la peur et au silence imposés.
Lieux clés
Village natal de Cela, dont il tirera plus tard son titre de marquis. Aujourd'hui s'y trouve la fondation qui porte son nom.
Ville où Cela étudie, écrit et meurt en 2002. Le Madrid de l'après-guerre est le décor de son roman « La Ruche ».
Île où Cela s'installe et fonde en 1956 la revue Papeles de Son Armadans. Il y passe une grande partie de sa vie d'écrivain.
Région pauvre du centre de l'Espagne que Cela parcourt à pied en 1948. Son voyage donne naissance à un classique du récit de voyage.
Capitale suédoise où Cela reçoit le prix Nobel de littérature en 1989. Il y prononce son discours « Éloge de la fable ».
Objets typiques

Outil de travail quotidien de l'écrivain du XXe siècle, sur laquelle Cela tapait ses romans page après page. Le cliquetis des touches rythmait ses longues journées d'écriture.

Petit cahier où Cela notait conversations, paysages et auberges lors de sa traversée à pied de l'Alcarria. Il servait de base à ses récits de voyage.

Revue littéraire fondée et dirigée par Cela à Majorque à partir de 1956. Elle offrait un espace de publication relativement libre sous la dictature franquiste.

Cachet utilisé par les bureaux de la censure franquiste pour autoriser ou interdire la publication d'un livre. Plusieurs œuvres de Cela en furent victimes.

Médaille d'or remise à Stockholm en 1989, consacrant Cela parmi les grands écrivains mondiaux. Elle représente la plus haute reconnaissance littéraire internationale.

Instrument d'écriture employé pour les corrections, la correspondance et les dédicaces. Outil intime de l'auteur avant la frappe à la machine.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Cela était un travailleur méthodique : il se levait tôt et consacrait ses matinées à l'écriture, exigeant le silence. Il imposait une discipline quasi quotidienne à sa plume, persuadé que l'inspiration vient en écrivant régulièrement.
Après-midi
L'après-midi servait à la correction, à la lecture et à la correspondance, abondante. Il y recevait éditeurs, journalistes et écrivains, et s'occupait de sa revue Papeles de Son Armadans.
Soir
Le soir, Cela aimait la conversation, les cafés et les rencontres littéraires (les « tertulias » espagnoles). Personnage public et provocateur, il cultivait son image et ses bons mots.
Alimentation
Il appréciait la cuisine espagnole et galicienne de son temps : poissons, fruits de mer, soupes et plats du terroir. La gastronomie tient d'ailleurs une grande place dans ses récits de voyage.
Vêtements
Cela portait les costumes élégants d'un homme de lettres reconnu du XXe siècle. Aux cérémonies officielles, comme la remise du Nobel, il arborait l'habit de soirée et, plus tard, les insignes de son titre.
Habitat
Il vécut dans des maisons confortables, notamment à Majorque puis dans la région de Madrid. Sa demeure était emplie de livres, de manuscrits et d'objets, à la mesure d'un écrivain prolifique et collectionneur.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
La Famille de Pascual Duarte
1942
Viaje a la Alcarria
1948
La Ruche (La colmena)
1951
Papeles de Son Armadans (revue)
1956
San Camilo, 1936
1969
Mazurca para dos muertos
1983
Discours « Éloge de la fable »
1989






