Femme anglaise du XIVe siècle connue pour un acte juridique de 1380 par lequel elle libérait le poète Geoffrey Chaucer de toute poursuite pour « raptus ». Ce document, redécouvert par les chercheurs, alimente un débat historique sur la condition féminine et la nature de l'incident.
Cecilia Chaumpaigne
Cecilia Chaumpaigne
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Questions fréquentes
Faits marquants
- 1380 : Cecilia Chaumpaigne signe un acte de quitance libérant Geoffrey Chaucer de toute poursuite liée à un « raptus »
- Le terme latin raptus peut désigner aussi bien un viol qu'un enlèvement ou une séduction, ce qui alimente le débat historique
- Le document a été redécouvert dans les archives anglaises et a relancé les recherches biographiques sur Chaucer au XXe siècle
- Elle représente une des rares femmes ordinaires dont le nom est parvenu jusqu'à nous par la seule trace d'un acte judiciaire médiéval
Œuvres & réalisations
Document juridique par lequel Cecilia Chaumpaigne libère Geoffrey Chaucer de toute poursuite pour raptus. C'est l'unique trace directe laissée par cette femme dans l'histoire, conservée aux Archives nationales britanniques (The National Archives, C 54/219).
Acte plus explicite retrouvé par le chercheur Christopher Cannon dans les archives londoniennes, dans lequel Cecilia abandonne tout droit d'action contre Chaucer. Sa publication dans la revue Speculum a relancé durablement le débat sur la nature de l'incident.
Si Cecilia Chaumpaigne n'est pas l'auteure de cette œuvre, l'acte de 1380 est inséparable de la biographie de Chaucer qui la rédigea. Certains chercheurs ont cherché dans ces textes des traces littéraires de l'incident, notamment dans la figure de la Femme de Bath et ses discours sur la domination masculine.
Anecdotes
Le 4 mai 1380, Cecilia Chaumpaigne se présente devant la Cour de Chancellerie royale de Londres et signe un acte juridique libérant le poète Geoffrey Chaucer de toute poursuite pour « raptus ». Ce document, enregistré dans les Close Rolls du royaume, constitue la quasi-totalité de ce que l'histoire a retenu de cette femme, dont on ignore même les dates de naissance et de mort.
Le terme latin « raptus » inscrit dans l'acte de 1380 est au cœur d'un débat historique intense depuis la redécouverte du document. En droit médiéval anglais, ce mot pouvait désigner aussi bien le viol que l'enlèvement ou la saisie forcée d'une personne ; les historiens restent profondément divisés sur le sens exact à lui donner ici, ce qui rend tout jugement sur l'incident particulièrement délicat.
En 1993, l'historien Christopher Cannon découvrit dans les archives londoniennes un second acte plus explicite dans lequel Cecilia abandonnait tout « droit d'action » contre Chaucer. Cette trouvaille relança une vive polémique dans le monde de la recherche littéraire et suscita une réévaluation de la biographie du père de la poésie anglaise.
Deux hommes, Richard Goodchild et John Grove, signèrent également des actes similaires libérant Chaucer de poursuites à la même période. Certains historiens y voient la trace d'une négociation financière organisée pour étouffer une affaire compromettante, pratique courante dans les règlements extrajudiciaires médiévaux.
L'affaire Chaumpaigne-Chaucer illustre la fragilité de la condition juridique des femmes dans l'Angleterre du XIVe siècle. En common law, une femme mariée ne pouvait ester en justice de façon autonome, et même une femme célibataire disposait de peu de recours face à un homme influent comme Chaucer, à la fois poète de cour et contrôleur des douanes royales.
Sources primaires
Cecilia Chaumpaigne a remis, quitté et entièrement libéré Geoffrey Chaucer de tout type d'action, aussi bien de raptus que de toute autre chose ou cause quelconque.
Cecilia Chaumpaigne libère Geoffrey Chaucer de tout droit d'action légale qu'elle aurait pu avoir ou exercer contre lui, de quelque nature que ce soit.
Richard Goodchild et John Grove libèrent Geoffrey Chaucer de toutes actions en justice, en lien avec les mêmes circonstances que celles mentionnées par Cecilia Chaumpaigne.
Les Close Rolls conservent de nombreux actes juridiques privés enregistrés à la Chancellerie royale, incluant des quittances, contrats et libérations de poursuites pour diverses parties.
Lieux clés
Lieu où fut enregistré le 4 mai 1380 l'acte de quitclaim de Cecilia Chaumpaigne. La Chancellerie conservait les actes juridiques importants du royaume sous forme de rouleaux de parchemin, les Close Rolls.
Quartier de Londres où Chaucer résidait à partir de 1374 dans un appartement au-dessus de la porte de la ville. C'est dans ce contexte londonien que l'incident impliquant Cecilia Chaumpaigne aurait eu lieu.
Principal tribunal royal traitant les affaires civiles et criminelles importantes dans l'Angleterre médiévale. Une poursuite pour raptus aurait pu y être portée si Cecilia Chaumpaigne n'avait pas renoncé à ses droits par l'acte de 1380.
Cœur marchand et judiciaire où vivaient et travaillaient les deux protagonistes. Au XIVe siècle, Londres comptait entre 40 000 et 80 000 habitants ; c'était le principal centre économique, politique et culturel du royaume.
Objets typiques

Document juridique rédigé sur peau de mouton préparée, sur lequel Cecilia Chaumpaigne faisait enregistrer sa renonciation à toute poursuite contre Chaucer. Ce type d'acte, enregistré à la Chancellerie royale, avait force de loi et constituait une preuve irréfutable en cas de contestation future.

Les actes juridiques médiévaux étaient authentifiés par un sceau en cire apposé à l'aide d'une matrice personnelle. Le sceau garantissait l'identité de la personne signataire à une époque où la signature manuscrite n'était pas encore systématique.

Volumineuses séries de rouleaux de parchemin conservés par la Chancellerie royale anglaise, dans lesquels étaient copiés les actes privés et lettres closes. C'est précisément dans ces registres que l'acte de Cecilia Chaumpaigne a été préservé et retrouvé par les historiens modernes.

Vêtements féminins typiques de l'Angleterre du XIVe siècle : la cotte, longue robe ajustée portée près du corps, surmontée d'un surcot sans manches. La qualité du tissu — laine grossière ou drap fin teint — signalait immédiatement le statut social de la femme.

Coiffure féminine médiévale couvrant la tête et le cou, portée par les femmes respectables, mariées ou non. Son port signalait la vertu et la respectabilité sociale dans l'Angleterre du XIVe siècle.

Source d'éclairage quotidienne pour les gens ordinaires au Moyen Âge, fabriquée à partir de graisse animale. Elle permettait aux scribes de la Chancellerie de travailler à la rédaction et à la copie des actes juridiques après la tombée du jour.
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Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Une femme d'extraction modeste ou bourgeoise dans l'Angleterre du XIVe siècle se levait tôt, au lever du soleil. Elle participait à la prière matinale, puis s'occupait des premières tâches domestiques : allumer le feu de tourbe ou de bois, préparer le repas du matin à base de pain bis, de fromage et de bière légère.
Après-midi
L'après-midi était consacré aux travaux textiles — filage, tissage ou couture — qui constituaient l'essentiel du labeur féminin dans les milieux non aristocratiques. Les femmes des villes comme Londres pouvaient aussi tenir un étal sur le marché, aider un époux artisan dans sa boutique ou servir comme lingères ou fileuses pour des marchands drapiers.
Soir
La soirée était courte, la lumière artificielle des chandelles de suif étant coûteuse et fumante. On se rassemblait autour de l'âtre pour converser, écouter des récits ou des chansons, avant de se coucher tôt. Les rues de Londres étaient réputées dangereuses après le couvre-feu sonné par les cloches des paroisses.
Alimentation
Le régime alimentaire des Londoniens ordinaires reposait sur le pain (de seigle ou de froment selon le revenu), les légumes (oignons, poireaux, choux, navets), le poisson salé ou séché les jours de jeûne et la viande bouillie le reste du temps. La bière légère (ale) brassée à la maison ou achetée chez l'alestaker remplaçait l'eau souvent impure des puits urbains.
Vêtements
Les femmes portaient une longue cotte en laine ajustée au corps, surmontée d'un surcot sans manches pour les sorties. La tête était couverte d'un voile ou d'une guimpe en lin, signe de respectabilité. La couleur et la finesse du tissu signalaient le rang : laine grossière naturelle pour les pauvres, drap fin teint (garance rouge, pastel bleu) pour les ménages plus aisés.
Habitat
Dans la ville de Londres, les femmes de condition modeste vivaient dans des maisons à colombages étroites et hautes de deux ou trois étages, souvent partagées avec des locataires. Les pièces étaient peu nombreuses, au sol de terre battue ou de pierre, mal éclairées par de petites fenêtres à volets de bois. La promiscuité était la norme dans les quartiers populaires, où les familles s'entassaient dans une ou deux pièces.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Acte de quitclaim (Close Rolls, 4 mai 1380)
4 mai 1380
Second acte de libération (découvert par Christopher Cannon, 1993)
1380
Contes de Canterbury — contexte biographique (Geoffrey Chaucer)
vers 1386-1400






