Chirurgien écossais (1668-1748), pionnier de l'inoculation contre la variole en Grande-Bretagne. Il réalisa en 1721 la première variolisation à Londres pour la famille de Lady Mary Wortley Montagu, puis l'« Expérience royale » sur des prisonniers, ouvrant la voie à la vaccination de Jenner.
Charles Maitland(1620 — 1691)
Charles Maitland
5 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1668 en Écosse, chirurgien de formation.
- Accompagne Lady Mary Wortley Montagu à Constantinople où il observe la pratique ottomane de l'inoculation.
- En 1721, il inocule la variole à la fille de Lady Montagu à Londres, première variolisation publique en Grande-Bretagne.
- Mène en 1721 l'« Expérience royale » (Royal Experiment) sur six condamnés de la prison de Newgate pour tester l'inoculation.
- Mort en 1748, considéré comme un précurseur de la vaccination d'Edward Jenner.
Œuvres & réalisations
Maitland inocule la variole au fils de Lady Montagu, sa première intervention de variolisation, sur le modèle ottoman.
Il pratique à Londres la première inoculation sur le sol britannique, sur la fille de Lady Montagu, introduisant officiellement la méthode dans le pays.
Essai sur six prisonniers volontaires, l'un des premiers essais cliniques contrôlés de l'histoire de la médecine, qui prouva la relative sûreté de l'inoculation.
Test complémentaire sur de jeunes enfants, qui rassura les autorités et permit l'inoculation des filles royales.
Ouvrage où il rapporte ses expériences et défend l'inoculation, contribuant à sa diffusion en Europe.
Anecdotes
En 1721, Charles Maitland accepte une mission délicate : inoculer la variole à la fille de Lady Mary Wortley Montagu, à Londres. Lady Mary avait découvert cette pratique à Constantinople, où son mari était ambassadeur, et avait déjà fait inoculer son fils par Maitland en Turquie en 1718. C'était la première variolisation pratiquée sur le sol britannique.
Pour convaincre les médecins méfiants, Maitland mène en août 1721 la fameuse « Expérience royale » : six prisonniers de la prison de Newgate, condamnés à mort, acceptent d'être inoculés en échange de leur grâce. Tous survivent, et l'un d'eux, volontairement exposé ensuite à des malades de la variole, ne tombe pas malade : la protection semble démontrée.
Après le succès des prisonniers, Maitland teste l'inoculation sur des enfants orphelins de la paroisse de Saint-Jacques de Westminster, qui résistent eux aussi à la maladie. Forte de ces preuves, la princesse de Galles, Caroline d'Ansbach, fait inoculer deux de ses propres filles en 1722, donnant à la pratique une caution royale.
La variolisation pratiquée par Maitland n'était pas sans risque : on inoculait une vraie variole, espérant une forme bénigne. Quelques patients moururent ailleurs en Angleterre, ce qui alimenta de vives controverses religieuses et médicales, certains prédicateurs y voyant une atteinte à la volonté divine.
Le travail de Maitland prépare le terrain pour Edward Jenner qui, près de quatre-vingts ans plus tard en 1796, mettra au point la vaccination à partir de la vaccine, bien plus sûre. La variolisation fut la première grande étape de la lutte organisée contre la variole en Occident.
Sources primaires
Récit publié par Maitland lui-même décrivant les inoculations qu'il a pratiquées, dont celle de la famille de Lady Montagu et l'expérience sur les prisonniers de Newgate.
« La petite vérole, si fatale et si générale parmi nous, est ici rendue tout à fait inoffensive par l'invention de l'engrafting, qui est le terme qu'on lui donne. »
Comptes rendus et discussions sur les premières inoculations contre la variole en Angleterre, suivant l'« Expérience royale » de 1721.
Lieux clés
Région de naissance de Charles Maitland, qui s'y forma avant d'exercer la chirurgie.
Capitale de l'Empire ottoman où Maitland, attaché à l'ambassade britannique, pratiqua en 1718 sa première inoculation sur le fils de Lady Montagu.
Ville où Maitland réalisa en 1721 la première variolisation de Grande-Bretagne et mena ses expériences décisives.
Prison où se déroula en 1721 l'« Expérience royale » sur six condamnés à mort inoculés avec succès.
Paroisse londonienne dont des enfants orphelins furent inoculés en 1722 pour confirmer l'efficacité de la méthode.
Objets typiques

Petit instrument tranchant utilisé pour pratiquer une incision superficielle dans la peau et y déposer la matière variolique. C'était l'outil central de la variolisation.

Matière prélevée sur les pustules d'un malade atteint d'une forme bénigne, conservée sur un fil ou un coton et introduite dans l'incision du patient à inoculer.

À Constantinople, la matière variolique était parfois transportée dans une coquille de noix. Maitland décrit la conservation et le transport de cette matière infectieuse.

Étui contenant lancettes, bistouris, bandages et fils, que le chirurgien transportait pour ses interventions à domicile, fréquentes à l'époque.

Livret imprimé dans lequel Maitland publia le récit de ses inoculations pour informer et convaincre la communauté médicale et le public.

Linge servant à couvrir et protéger l'incision après l'inoculation, pendant que la réaction se développait sur plusieurs jours.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Chirurgien praticien, Maitland commençait souvent sa journée par la visite de ses patients, à leur domicile ou dans des institutions. La chirurgie de l'époque relevait d'un métier manuel, distinct de celui des médecins universitaires.
Après-midi
L'après-midi pouvait être consacré aux soins, aux saignées, aux pansements et, lors des campagnes d'inoculation, à la préparation de la matière variolique et au suivi attentif des patients inoculés.
Soir
Le soir, il rédigeait ses observations, correspondait avec d'autres praticiens et préparait les comptes rendus destinés à convaincre la communauté médicale du bien-fondé de l'inoculation.
Alimentation
L'alimentation d'un homme aisé du XVIIIe siècle anglais comprenait pain, viandes, ragoûts, bière et vin. Les patients inoculés étaient souvent soumis à un régime préparatoire, jugé alors nécessaire avant l'opération.
Vêtements
Maitland portait l'habit du gentilhomme et praticien du XVIIIe siècle : justaucorps, gilet, culotte, bas, perruque poudrée et tricorne pour les sorties.
Habitat
Il vivait dans une maison de ville à colombages ou en brique, typique de Londres et des villes britanniques de l'époque, où il pouvait aussi recevoir et soigner certains patients.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Première inoculation à Constantinople
1718
Première variolisation en Grande-Bretagne
1721
L'« Expérience royale » de Newgate
1721
Inoculation des orphelins de Westminster
1722
Mr. Maitland's Account of Inoculating the Small Pox
1722






