Christine de Pizan(1364 — 1430)
Christine de Pizan
France
7 min de lecture
philosophe et poétesse française d’origine italienne
Questions fréquentes
Faits marquants
Œuvres & réalisations
Premier texte ouvertement féministe de Christine, dans lequel elle dénonce la misogynie des clercs et défend l'honneur des femmes. Il marque le début de sa carrière littéraire engagée.
Long poème allégorique de 23 636 vers dans lequel Christine retrace l'histoire du monde et sa propre vie, en faisant de la Fortune une figure centrale de l'existence humaine.
Chef-d'œuvre de Christine : une cité imaginaire construite avec l'aide de trois allégories (Raison, Droiture, Justice) et peuplée de femmes illustres de l'histoire. Œuvre fondatrice du féminisme occidental.
Traité d'éducation pratique destiné aux femmes de tous les milieux sociaux, de la princesse à la paysanne. Il constitue un témoignage précieux sur la vie des femmes au Moyen Âge.
Biographie commandée par Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, en hommage au roi défunt. C'est une source historique importante sur le règne de Charles V.
Traité militaire s'appuyant sur Végèce et Frontin, qui sera imprimé en Angleterre par William Caxton en 1489. Il témoigne de l'extraordinaire étendue des connaissances de Christine.
Seul poème contemporain célébrant Jeanne d'Arc, écrit après la levée du siège d'Orléans. C'est le dernier texte connu de Christine, composé après onze années de silence au couvent.
Anecdotes
À la mort de son mari Étienne de Castel en 1389, Christine de Pizan se retrouve veuve à 25 ans avec trois enfants à charge et de lourdes dettes. Plutôt que de se remarier, elle prend la décision exceptionnelle pour l'époque de vivre de sa plume, devenant ainsi la première femme en Europe à gagner sa vie grâce à l'écriture.
Christine osa s'opposer publiquement à Jean de Meun, auteur de la seconde partie du Roman de la Rose, qu'elle accusait de misogynie. Cette querelle littéraire, connue sous le nom de 'Querelle du Roman de la Rose', se déroula par lettres échangées entre 1401 et 1402 et fit grand bruit à la cour de France.
Pour écrire La Cité des Dames en 1405, Christine s'inspira directement du De mulieribus claris de Boccace, mais en renversant son propos : là où l'auteur italien dénigrait souvent les femmes, elle construisit une cité imaginaire peuplée de femmes illustres pour défendre leur dignité et leur intelligence.
En 1418, lors de la prise de Paris par les Bourguignons, Christine se réfugia au couvent de Poissy où se trouvait sa fille. Elle y vécut recluse pendant onze ans dans le silence, avant de prendre la plume une dernière fois en 1429 pour célébrer les victoires de Jeanne d'Arc dans un poème dithyrambique, le Ditié de Jehanne d'Arc.
Sources primaires
Je, Christine, me trouvay un jour assise en ma chambre d'estude, environnee de plusieurs volumes de divers auteurs... Et lors pris grant desplaisance de moy mesmes et de tout femenin sexe.
Chose est bien digne de mémoire Que Dieu par une vierge tendre Ait voulu — miracle notoire — Sur France sa grâce répandre.
Plusieurs clercs dient en general, Et maintes gens leur croient bien, Que femme n'est digne de nul bien, Que toutes sont variables.
Toute femme de quelque estat qu'elle soit doit avoir en son courage force et vigueur pour resister aux adversitez de Fortune.
En cestui temps, moy Christine, Laissay mon lict de grant matin, Et de ma chambre en une salle M'en alay tout droit sans intervalle.
Lieux clés
Ville natale de Christine de Pizan, où elle naît en 1364. Ses origines italiennes lui confèrent une culture humaniste qu'elle apporte avec elle à la cour de France.
Résidence de la cour de France où Christine grandit auprès de son père, astrologue du roi Charles V. Ce milieu lui permet de recevoir une éducation exceptionnelle pour une femme de l'époque.
Résidence parisienne de Charles V puis de Charles VI, où Christine fréquente la cour, obtient des commandes littéraires et rencontre les grands mécènes qui financeront ses œuvres.
Couvent dominicain où Christine se réfugie en 1418 pour fuir les troubles politiques. Elle y passe ses dernières années auprès de sa fille, religieuse dans cette communauté.
Principal centre intellectuel de l'Europe médiévale, dont Christine était proche via les lettrés et théologiens comme Jean Gerson qui la soutinrent dans la Querelle du Roman de la Rose.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
L'Épître au dieu d'Amours
1399
Le Livre de la Mutation de Fortune
1403
Le Livre de la Cité des Dames
1405
Le Livre des Trois Vertus (Trésor de la Cité des Dames)
1405
Le Livre des faits et bonnes mœurs du sage roi Charles V
1404
Le Livre des faits d'armes et de chevalerie
1410
Le Ditié de Jehanne d'Arc
1429






