Biographie

Claude Chabrol (1930-2010) est un réalisateur, scénariste et producteur français, figure majeure de la Nouvelle Vague. Critique aux Cahiers du cinéma avant de passer à la réalisation, il a bâti une œuvre prolifique disséquant les hypocrisies et les pulsions de la bourgeoisie de province.

Claude Chabrol(1930 — 2010)

Claude Chabrol

France

6 min de lecture

SpectacleArts visuelsRéalisateur/triceXXe siècleSeconde moitié du XXe siècle, période de renouveau du cinéma français (Nouvelle Vague) durant les Trente Glorieuses puis les décennies suivantes

Questions fréquentes

Claude Chabrol (1930-2010) est un réalisateur, scénariste et producteur français, considéré comme l'un des piliers de la Nouvelle Vague. Ce qu'il faut retenir, c'est que son premier long-métrage, Le Beau Serge (1958), est souvent cité comme l'un des films fondateurs du mouvement. Contrairement à d'autres cinéastes de sa génération, Chabrol a bâti une œuvre prolifique – plus de cinquante films – qui dissèque avec une ironie mordante les hypocrisies et les pulsions de la bourgeoisie de province. Moins expérimental que Godard, moins romantique que Truffaut, il a imposé un style froid et précis, faisant de lui un observateur impitoyable de la société française des Trente Glorieuses et des décennies suivantes.

Citations célèbres

« La connerie, c'est la décontraction de l'intelligence.»

Faits marquants

  • Lance la Nouvelle Vague avec son premier long-métrage Le Beau Serge (1958), souvent considéré comme le film fondateur du mouvement
  • Réalise Les Cousins (1959), Ours d'or au Festival de Berlin
  • Signe Le Boucher (1970), thriller psychologique tourné en Dordogne, l'un de ses films les plus célèbres
  • Mène une carrière prolifique de plus de cinquante longs-métrages jusqu'à La Fille coupée en deux (2007)
  • Meurt à Paris le 12 septembre 2010

Œuvres & réalisations

Le Beau Serge (1958)

Premier long-métrage de Chabrol, souvent considéré comme l'un des films fondateurs de la Nouvelle Vague.

Les Cousins (1959)

Succès qui confirme le talent de Chabrol et oppose un étudiant de province à son cousin parisien cynique.

Les Bonnes Femmes (1960)

Portrait de jeunes vendeuses parisiennes, film aujourd'hui réévalué comme un sommet de sa première période.

La Femme infidèle (1969)

Drame conjugal glaçant avec Stéphane Audran, typique de sa dissection de la bourgeoisie.

Le Boucher (1970)

Thriller psychologique dans un village du Périgord, souvent cité parmi ses plus grandes réussites.

Violette Nozière (1978)

Première collaboration avec Isabelle Huppert, inspirée d'un fait divers criminel des années 1930.

Une affaire de femmes (1988)

Histoire d'une « faiseuse d'anges » sous l'Occupation, regard sans complaisance sur la France de Vichy.

La Cérémonie (1995)

Drame sur les rapports de classes entre une bourgeoise et sa domestique, chef-d'œuvre de la maturité.

Anecdotes

Pendant l'Occupation, le jeune Claude Chabrol est envoyé chez sa grand-mère à Sardent, un petit village de la Creuse. Passionné de cinéma, il y organise un ciné-club dans une grange, projetant des films à la lumière vacillante d'un projecteur : c'est là que naît sa vocation. Vingt ans plus tard, il reviendra tourner son premier long-métrage, « Le Beau Serge », dans ce même village.

Chabrol a pu réaliser « Le Beau Serge » en 1958 grâce à un héritage reçu par sa première épouse. Avec cet argent, il fonde sa propre société de production, AJYM Films, et n'a de comptes à rendre à personne — un luxe rare pour un débutant qui n'avait jamais tourné. Le film est souvent cité comme l'un des tout premiers de la Nouvelle Vague.

Avant de passer derrière la caméra, Chabrol était critique aux « Cahiers du cinéma ». En 1957, il publie avec Éric Rohmer le tout premier livre sérieux consacré à Alfred Hitchcock, alors considéré en France comme un simple faiseur de divertissements. Les deux jeunes critiques contribuent ainsi à faire reconnaître Hitchcock comme un véritable auteur.

Grand gourmand et fin connaisseur de vins, Chabrol était réputé pour sa bonne humeur et ses repas de tournage soignés. La nourriture et les dîners bourgeois reviennent sans cesse dans ses films, où une scène de table peut révéler les hypocrisies et les tensions cachées d'une famille mieux qu'un long discours.

Chabrol a formé avec l'actrice Isabelle Huppert l'un des duos réalisateur-comédienne les plus féconds du cinéma français : ils ont tourné sept films ensemble, de « Violette Nozière » (1978) à « La Cérémonie » (1995). Avant elle, c'est son épouse Stéphane Audran qui fut sa muse dans les années 1960 et 1970.

Sources primaires

Hitchcock, par Éric Rohmer et Claude Chabrol (Éditions Universitaires) (1957)
Les deux critiques entreprennent d'analyser film par film l'œuvre du cinéaste anglais, défendant l'idée qu'Hitchcock est un auteur à part entière dont le suspense cache une véritable morale.
Et pourtant je tourne… (autobiographie, Robert Laffont) (1976)
Chabrol y raconte sa découverte du cinéma dans la Creuse, ses années de critique et ses débuts de réalisateur, avec l'humour et le détachement qui le caractérisent.
Propos de Claude Chabrol (entretiens et interviews) (années 1990)
« La bêtise est infiniment plus fascinante que l'intelligence. L'intelligence, ça a des limites, tandis que la bêtise n'en a pas. »

Lieux clés

Paris

Ville natale de Chabrol, où il fut critique aux Cahiers du cinéma, réalisa la plupart de ses films et mourut en 2010.

Sardent (Creuse)

Village où Chabrol passa une partie de son enfance pendant l'Occupation et anima un ciné-club. Il y revint tourner « Le Beau Serge » en 1958.

Cannes

Ville du Festival international du film, où les œuvres de Chabrol furent régulièrement présentées et primées tout au long de sa carrière.

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