Aleksandra Exter est une peintre et décoratrice russo-ukrainienne, figure majeure de l'avant-garde russe du début du XXe siècle. Pionnière du cubo-futurisme et du constructivisme, elle révolutionne les décors et costumes de théâtre.
Aleksandra Exter
Aleksandra Aleksandrovna Exter
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Née en 1882 à Białystok (Empire russe), elle se forme à Kiev puis à Paris où elle côtoie les cubistes
- Figure du cubo-futurisme russe dans les années 1910, proche de Malevitch et des avant-gardes
- Conçoit des décors et costumes révolutionnaires pour le théâtre de chambre de Tairov à Moscou à partir de 1916
- Crée les costumes futuristes du film de science-fiction soviétique « Aelita » (1924)
- Émigre à Paris en 1924 où elle enseigne et poursuit son œuvre jusqu'à sa mort en 1949
Œuvres & réalisations
Scénographie pionnière pour le Théâtre Kamerny : volumes architecturaux et plans inclinés remplacent les décors peints. Acte fondateur du constructivisme théâtral.
Mise en scène d'Oscar Wilde par Taïrov, où Exter déploie couleurs éclatantes et formes dynamiques. Un sommet de son esthétique de la couleur-mouvement.
Décor constructiviste foisonnant d'escaliers et de passerelles pour le Théâtre Kamerny. Considéré comme l'apogée de son langage scénique.
Tenues futuristes en métal et matières brillantes pour le film de Protazanov. Référence durable de l'imaginaire science-fiction au cinéma.
Tableaux abstraits aux plans fragmentés et couleurs intenses. Ils acclimatent le cubisme parisien à l'avant-garde russe.
Ouvrages uniques peints et enluminés à la main, réalisés durant l'exil parisien. Témoignage de sa créativité dans des conditions précaires.
Anecdotes
Lors de ses séjours à Paris avant 1914, Aleksandra Exter fréquente les ateliers de Montparnasse et côtoie Picasso, Braque et le poète Guillaume Apollinaire. Véritable passeuse entre les avant-gardes, elle rapporte le cubisme à Kiev et Moscou, devenant un pont vivant entre l'art parisien et l'art russe.
En 1916, elle bouleverse le théâtre russe avec ses décors pour la pièce «Famira Kifared» au Théâtre de Chambre (Kamerny) d'Alexandre Taïrov à Moscou. Au lieu de toiles peintes plates, elle construit des volumes géométriques, des plans inclinés et des escaliers où les acteurs deviennent eux-mêmes des éléments de la composition.
En 1924, elle imagine les costumes futuristes du film de science-fiction soviétique «Aelita», qui met en scène une reine de Mars. Ses tenues angulaires en métal, cellophane et matériaux brillants ont inspiré pendant des décennies l'imaginaire visuel des extraterrestres et des robots au cinéma.
Exter ne se contentait pas de peindre des costumes : elle a conçu des «marionnettes» et des figurines articulées comme de véritables sculptures cubistes, traitant le corps humain comme un assemblage de cônes, de cylindres et de disques colorés.
Après son exil en France en 1924, elle enseigne à l'Académie Moderne de Fernand Léger à Paris et fabrique à la main de somptueux livres d'artiste uniques (manuscrits enluminés), gagnant modestement sa vie loin de la gloire qu'elle avait connue en Russie.
Sources primaires
Exter ne décore pas la scène, elle la construit : ses décors sont des architectures vivantes où la couleur et le volume jouent le drame en même temps que l'acteur.
Le décor doit cesser d'être une illustration peinte pour devenir un plancher rythmique sur lequel l'acteur évolue dans l'espace réel.
Costumes des Martiens : Alexandra Exter — un monde de métal, de verre et de lumière pour la cité de Mars.
Lieux clés
Ville de l'Empire russe (aujourd'hui en Pologne) où naît Aleksandra Exter en 1882.
Ville de sa jeunesse et de sa formation à l'École d'art ; elle y ouvre plus tard son propre atelier-école.
Capitale des avant-gardes où elle rencontre Picasso et Braque, puis lieu de son exil à partir de 1924.
Théâtre de Chambre d'Alexandre Taïrov où Exter révolutionne la scénographie entre 1916 et 1921.
Commune de la banlieue sud de Paris où elle vit ses dernières années et meurt en 1949.
Objets typiques

Modèle réduit en carton et bois figurant les escaliers, plans inclinés et volumes géométriques de la scène. Exter y teste l'agencement de l'espace avant la construction grandeur nature.

Vêtement de scène aux formes géométriques tranchées, en tissus colorés, métal et matières brillantes. Il transforme le corps de l'acteur en figure abstraite et dynamique.

Peinture à l'eau opaque aux couleurs vives, instrument privilégié de ses projets de décors et costumes. Elle permet des aplats nets et contrastés typiques de son style.

Figurine articulée conçue comme une petite sculpture d'assemblage géométrique. Exter en fait un objet d'art autonome autant qu'un personnage de spectacle.

Ouvrage unique peint et enluminé entièrement à la main, réalisé en exil à Paris. Chaque exemplaire est une œuvre originale mêlant texte et compositions abstraites.

Support tendu pour ses tableaux abstraits aux plans fragmentés et aux couleurs intenses. C'est sur ces toiles qu'elle acclimate le cubisme parisien à l'avant-garde russe.
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Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
À Kiev ou à Moscou, Exter commence souvent la journée dans son atelier inondé de lumière, entourée de gouaches et de maquettes. Elle dessine les premières esquisses de costumes ou de décors avant l'arrivée de ses élèves et collaborateurs.
Après-midi
L'après-midi se passe au théâtre, en répétition, où elle ajuste les volumes du décor et fait essayer les costumes aux acteurs. Elle discute avec le metteur en scène Taïrov de la manière dont la couleur doit «jouer» en même temps que le texte.
Soir
Le soir, elle retrouve les cercles d'avant-garde : poètes, peintres et hommes de théâtre débattent de l'art nouveau autour d'un thé. Ces conversations nourrissent ses projets et tissent un réseau entre Kiev, Moscou et Paris.
Alimentation
Son alimentation suit les ressources de l'époque : cuisine russo-ukrainienne à base de pain noir, soupes (bortsch), légumes et thé bouillant servi au samovar. Pendant la guerre civile et l'exil, les repas deviennent plus frugaux et incertains.
Vêtements
Femme moderne et artiste, elle aime les vêtements aux lignes audacieuses et conçoit elle-même des modèles de mode géométriques. Elle expérimente avec les couleurs et les motifs, faisant de sa propre tenue un prolongement de son art.
Habitat
Elle vit et travaille dans des appartements-ateliers, à Kiev puis à Moscou, transformés en laboratoires de création. En exil, elle s'installe modestement à Fontenay-aux-Roses, près de Paris, dans un logement plus simple.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Décors de «Famira Kifared»
1916
Costumes et décors de «Salomé»
1917
Décors de «Roméo et Juliette»
1921
Livres d'artiste manuscrits
1930-1940






