Biographie

Aleksandra Exter est une peintre et décoratrice russo-ukrainienne, figure majeure de l'avant-garde russe du début du XXe siècle. Pionnière du cubo-futurisme et du constructivisme, elle révolutionne les décors et costumes de théâtre.

Aleksandra Exter

Aleksandra Aleksandrovna Exter

6 min de lecture

Arts visuelsSpectacleArtisteXXe sièclePremier tiers du XXe siècle, période d'effervescence des avant-gardes artistiques en Russie et en Europe, marquée par la Révolution de 1917 puis l'exil
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Questions fréquentes

Aleksandra Exter (1882-1949) était une peintre et décoratrice russo-ukrainienne, figure clé de l'avant-garde russe. Ce qui la rend singulière, c'est qu'elle a été une véritable « passeuse » entre Paris et la Russie : après avoir fréquenté Picasso, Braque et Apollinaire à Montparnasse, elle a importé le cubisme à Kiev et Moscou. Elle a ensuite révolutionné la scénographie en remplaçant les décors peints par des volumes architecturaux et des plans inclinés, jetant les bases du constructivisme théâtral. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle a transformé la scène en un espace dynamique où l'acteur devient un élément de la composition.

Faits marquants

  • Née en 1882 à Białystok (Empire russe), elle se forme à Kiev puis à Paris où elle côtoie les cubistes
  • Figure du cubo-futurisme russe dans les années 1910, proche de Malevitch et des avant-gardes
  • Conçoit des décors et costumes révolutionnaires pour le théâtre de chambre de Tairov à Moscou à partir de 1916
  • Crée les costumes futuristes du film de science-fiction soviétique « Aelita » (1924)
  • Émigre à Paris en 1924 où elle enseigne et poursuit son œuvre jusqu'à sa mort en 1949

Œuvres & réalisations

Décors de «Famira Kifared» (1916)

Scénographie pionnière pour le Théâtre Kamerny : volumes architecturaux et plans inclinés remplacent les décors peints. Acte fondateur du constructivisme théâtral.

Costumes et décors de «Salomé» (1917)

Mise en scène d'Oscar Wilde par Taïrov, où Exter déploie couleurs éclatantes et formes dynamiques. Un sommet de son esthétique de la couleur-mouvement.

Décors de «Roméo et Juliette» (1921)

Décor constructiviste foisonnant d'escaliers et de passerelles pour le Théâtre Kamerny. Considéré comme l'apogée de son langage scénique.

Costumes des Martiens du film «Aelita» (1924)

Tenues futuristes en métal et matières brillantes pour le film de Protazanov. Référence durable de l'imaginaire science-fiction au cinéma.

Série de toiles cubo-futuristes («Ville», «Venise») (1912-1918)

Tableaux abstraits aux plans fragmentés et couleurs intenses. Ils acclimatent le cubisme parisien à l'avant-garde russe.

Livres d'artiste manuscrits (1930-1940)

Ouvrages uniques peints et enluminés à la main, réalisés durant l'exil parisien. Témoignage de sa créativité dans des conditions précaires.

Anecdotes

Lors de ses séjours à Paris avant 1914, Aleksandra Exter fréquente les ateliers de Montparnasse et côtoie Picasso, Braque et le poète Guillaume Apollinaire. Véritable passeuse entre les avant-gardes, elle rapporte le cubisme à Kiev et Moscou, devenant un pont vivant entre l'art parisien et l'art russe.

En 1916, elle bouleverse le théâtre russe avec ses décors pour la pièce «Famira Kifared» au Théâtre de Chambre (Kamerny) d'Alexandre Taïrov à Moscou. Au lieu de toiles peintes plates, elle construit des volumes géométriques, des plans inclinés et des escaliers où les acteurs deviennent eux-mêmes des éléments de la composition.

En 1924, elle imagine les costumes futuristes du film de science-fiction soviétique «Aelita», qui met en scène une reine de Mars. Ses tenues angulaires en métal, cellophane et matériaux brillants ont inspiré pendant des décennies l'imaginaire visuel des extraterrestres et des robots au cinéma.

Exter ne se contentait pas de peindre des costumes : elle a conçu des «marionnettes» et des figurines articulées comme de véritables sculptures cubistes, traitant le corps humain comme un assemblage de cônes, de cylindres et de disques colorés.

Après son exil en France en 1924, elle enseigne à l'Académie Moderne de Fernand Léger à Paris et fabrique à la main de somptueux livres d'artiste uniques (manuscrits enluminés), gagnant modestement sa vie loin de la gloire qu'elle avait connue en Russie.

Sources primaires

Yakov Tugendhold, «Alexandra Exter» (monographie) (1922)
Exter ne décore pas la scène, elle la construit : ses décors sont des architectures vivantes où la couleur et le volume jouent le drame en même temps que l'acteur.
Alexandre Taïrov, «Notes d'un metteur en scène» (Zapiski rejissiora) (1921)
Le décor doit cesser d'être une illustration peinte pour devenir un plancher rythmique sur lequel l'acteur évolue dans l'espace réel.
Affiche et générique du film «Aelita» de Iakov Protazanov (1924)
Costumes des Martiens : Alexandra Exter — un monde de métal, de verre et de lumière pour la cité de Mars.

Lieux clés

Białystok

Ville de l'Empire russe (aujourd'hui en Pologne) où naît Aleksandra Exter en 1882.

Kiev

Ville de sa jeunesse et de sa formation à l'École d'art ; elle y ouvre plus tard son propre atelier-école.

Paris (Montparnasse)

Capitale des avant-gardes où elle rencontre Picasso et Braque, puis lieu de son exil à partir de 1924.

Théâtre Kamerny, Moscou

Théâtre de Chambre d'Alexandre Taïrov où Exter révolutionne la scénographie entre 1916 et 1921.

Fontenay-aux-Roses

Commune de la banlieue sud de Paris où elle vit ses dernières années et meurt en 1949.

Voir aussi