Aristocrate romaine de la fin de la République, sœur du tribun Publius Clodius Pulcher et épouse du consul Metellus Celer. Femme cultivée et indépendante, elle est traditionnellement identifiée à la « Lesbia » chantée par Catulle et fut violemment attaquée par Cicéron dans le Pro Caelio.
Clodia Metella
Clodia Metelli (née Claudia Pulchra, gens Claudia)
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Née vers 95 av. J.-C. dans la gens patricienne Claudia, fille d'Appius Claudius Pulcher (consul en 79 av. J.-C.).
- Épouse de Quintus Caecilius Metellus Celer, consul en 60 av. J.-C. et mort en 59 av. J.-C. ; la rumeur, relayée par Cicéron, l'accusera de l'avoir empoisonné.
- Sœur de Publius Clodius Pulcher, turbulent tribun de la plèbe assassiné en 52 av. J.-C.
- En 56 av. J.-C., cible centrale du plaidoyer de Cicéron, le Pro Caelio, qui défend son ancien amant Marcus Caelius Rufus en la dépeignant comme une femme dissolue.
- Identifiée depuis l'Antiquité (témoignage d'Apulée) à la « Lesbia » des poèmes d'amour de Catulle.
Œuvres & réalisations
Identifiée à la Lesbia chantée par Catulle, elle a inspiré l'un des plus célèbres cycles de poésie amoureuse de la littérature latine.
Son portrait par Cicéron a fait d'elle l'un des personnages féminins les plus vivants — et les plus controversés — de toute la prose romaine.
Femme lettrée, elle réunissait dans ses demeures poètes et hommes politiques, jouant un rôle de protectrice des arts inhabituel pour une Romaine.
Veuve fortunée, elle administra elle-même demeure du Palatin, jardins du Tibre et villa de Baïes, exerçant une indépendance rare à son époque.
Elle incarne pour les historiens la « femme nouvelle » de la fin de la République, libre dans ses choix et puissante par sa fortune et son réseau.
Anecdotes
Le poète Catulle ne nomme jamais Clodia directement : il la chante sous le surnom de « Lesbia », un clin d'œil à la grande poétesse grecque Sappho de l'île de Lesbos. Des siècles plus tard, l'écrivain Apulée révéla que cette mystérieuse Lesbia était bien Clodia. Le pseudonyme avait aussi le même rythme que son vrai nom, ce qui permettait de l'insérer dans les vers.
En 56 av. J.-C., Caelius, un ancien amant de Clodia, est accusé d'avoir tenté de l'empoisonner. Son défenseur, Cicéron, retourne habilement la situation : au lieu de défendre seulement l'accusé, il met Clodia elle-même « en accusation », la ridiculisant devant les juges en la surnommant la « Médée du Palatin ». La salle rit, et Caelius est acquitté.
Dans une de ses plaidoiries, Cicéron imagine faire revenir d'entre les morts un illustre ancêtre de Clodia, le censeur aveugle Appius Claudius Caecus, pour qu'il réprimande sa descendante sur sa conduite. Ce procédé spectaculaire, appelé prosopopée, frappa beaucoup l'auditoire romain.
Catulle a écrit deux des poèmes d'animaux les plus célèbres de l'Antiquité : l'un où il regarde Lesbia jouer avec son petit moineau apprivoisé (passer), l'autre où il pleure la mort de l'oiseau. Ces vers tendres et légers ont inspiré des poètes pendant deux mille ans.
Quand son mari, le consul Metellus Celer, meurt brutalement en 59 av. J.-C., des rumeurs — relayées plus tard par ses ennemis — l'accusent de l'avoir empoisonné. Aucune preuve n'existe, mais l'épisode montre comment une femme riche, cultivée et indépendante devenait facilement la cible des ragots dans la Rome de cette époque.
Sources primaires
Vivons, ma Lesbia, et aimons-nous, et tous les murmures des vieillards trop sévères, estimons-les à un seul sou.
Je hais et j'aime. Pourquoi je fais cela, peut-être me le demandes-tu. Je l'ignore, mais je le sens, et c'est un supplice.
Cicéron compare Clodia à une « Médée du Palatin » et fait surgir l'ombre de son ancêtre Appius Claudius pour lui reprocher sa conduite scandaleuse et ses débauches de Baïes.
Dans sa correspondance privée, Cicéron désigne Clodia par le surnom grec moqueur de « Boôpis » (aux yeux de génisse), épithète homérique de la déesse Junon, insinuant sa trop grande proximité avec son frère.
Apulée explique que les poètes cachaient l'identité de leurs amours sous de faux noms : « Catulle, à la place de Clodia, dit Lesbia. »
Lieux clés
Colline aristocratique où Clodia possédait sa demeure ; Cicéron la surnomma ironiquement la « Médée du Palatin ».
Vastes jardins d'agrément en bordure du Tibre où elle aimait recevoir et se promener, lieux que Cicéron présenta comme le théâtre de scandales.
Station balnéaire mondaine et réputée pour ses plaisirs, où Clodia séjournait ; Cicéron en fit l'argument de ses attaques sur sa moralité.
Cœur politique et judiciaire de Rome, où se tint en 56 av. J.-C. le procès de Caelius lors duquel Cicéron prit Clodia pour cible.
Localité au sud de Rome près de laquelle son frère Clodius fut tué en 52 av. J.-C., événement qui marqua la fin de la puissance de sa famille.
Objets typiques

Longue robe traditionnelle de la matrone romaine, signe de son statut de femme mariée de haute naissance, que Clodia portait par-dessus la tunique.

Grand manteau drapé que les Romaines rabattaient parfois sur la tête en public ; les ennemis de Clodia lui reprochaient de paraître trop librement sans cette réserve.

Petites planchettes enduites de cire sur lesquelles on gravait lettres et poèmes ; c'est sur de tels objets que circulaient les vers d'amour de Catulle à Lesbia.

Disque de métal poli servant de miroir ; objet courant de la toilette des riches Romaines soignant maquillage et coiffure.

Bagues d'or, boucles d'oreilles et perles affichaient la richesse de Clodia ; Cicéron raillait son goût du luxe et de la parure.

Sorte de lit porté à bras d'esclaves permettant aux aristocrates de se déplacer dans Rome sans marcher dans la boue des rues.

Vaisselle précieuse des convivia, ces dîners mondains où Clodia, femme cultivée, recevait poètes et personnages politiques.
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Vie quotidienne
Matin
La matinée d'une grande dame comme Clodia commençait par la toilette : des esclaves coiffaient ses cheveux en boucles élaborées, appliquaient fards et parfums. Elle recevait ensuite la salutatio, ces visites de clients et d'amis venus présenter leurs hommages au lever.
Après-midi
L'après-midi était consacré aux affaires de la maisonnée, aux visites mondaines et aux promenades dans ses jardins en bord de Tibre. Femme cultivée, elle pouvait aussi lire, écouter de la poésie ou s'entretenir avec les beaux esprits de Rome.
Soir
Le soir venait le convivium, le banquet, moment central de la vie sociale aristocratique. Étendue sur un lit de table, Clodia partageait mets raffinés, vin coupé d'eau, musique et conversations avec poètes et hommes politiques.
Alimentation
La table des riches Romains offrait pain, légumes, fruits, fromages, poissons, volailles et viandes assaisonnés de la fameuse sauce de poisson (garum). Le vin, toujours mélangé à de l'eau, accompagnait les repas, parfois relevé de miel ou d'épices.
Vêtements
Elle portait une tunique de lin ou de soie, recouverte de la stola des matrones, et drapait au-dehors la palla. Bijoux d'or, perles et étoffes teintes coûteuses signalaient son rang ; ses détracteurs lui reprochaient un luxe et une liberté de tenue jugés provocants.
Habitat
Clodia vivait dans une vaste domus sur le Palatin, la colline des grandes familles, ornée de mosaïques, de fresques et de péristyles à colonnes. Elle possédait aussi des jardins d'agrément le long du Tibre et une villa de plaisance à Baïes, au bord de la mer.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
L'inspiratrice de la « Lesbia » de Catulle
v. 60-55 av. J.-C.
Figure centrale du Pro Caelio de Cicéron
56 av. J.-C.
Un cercle culturel sur le Palatin
années 60-50 av. J.-C.
La gestion autonome de ses biens
après 59 av. J.-C.
Le modèle de la femme romaine émancipée
Ier siècle av. J.-C.






