Cochise(1812 — 1874)

Cochise

États-Unis

7 min de lecture

MilitairePolitiqueXIXe siècleConquête de l'Ouest américain et guerres indiennes du XIXe siècle

Chef apache du groupe des Chiricahuas, Cochise mena pendant plus de dix ans la résistance armée contre l'armée américaine dans le Sud-Ouest. Figure majeure des guerres apaches, il conclut finalement la paix en 1872.

Questions fréquentes

Cochise (1812-1874) était le chef des Apaches Chiricahuas dans le Sud-Ouest américain. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il mena pendant plus de dix ans une guérilla contre l'armée américaine après l'affaire Bascom (1861), devenant l'une des figures majeures des guerres apaches. Contrairement à d'autres chefs qui furent capturés ou tués, Cochise ne fut jamais vaincu militairement : il négocia une paix en 1872 qui créa une réserve sur ses terres ancestrales. Sa résistance et son habileté diplomatique en font un symbole de la lutte pour la survie des peuples autochtones face à l'expansion américaine.

Faits marquants

  • Vers 1861 : l'affaire dite de Bascom déclenche son entrée en guerre contre l'armée américaine
  • 1861-1872 : il mène environ onze ans de guérilla contre les troupes américaines dans l'actuel Arizona
  • 1872 : il négocie la paix avec le général Oliver Otis Howard, grâce à la médiation de Thomas Jeffords
  • 1872 : une réserve chiricahua est créée pour son peuple dans le sud-est de l'Arizona
  • 1874 : il meurt de maladie dans les montagnes Dragoon

Œuvres & réalisations

Résistance armée des Chiricahuas (1861-1872)

Plus de dix ans de guérilla menée contre l'armée américaine dans le Sud-Ouest, qui fit de Cochise l'une des figures majeures des guerres apaches.

Bataille de la passe d'Apache (juillet 1862)

Embuscade tendue avec Mangas Coloradas contre la colonne de Californie ; l'une des plus grandes confrontations des guerres apaches.

Défense du bastion des monts Dragoon (années 1860)

Organisation d'un refuge inexpugnable d'où Cochise dirigea sa résistance sans jamais être capturé.

Traité de paix de 1872 (octobre 1872)

Accord négocié avec le général Howard, mettant fin à la guerre et créant une réserve sur les terres ancestrales chiricahuas.

Création de la réserve chiricahua (1872)

Obtention d'un territoire pour son peuple avec son ami Thomas Jeffords comme agent, condition posée par Cochise lui-même.

Anecdotes

En 1861, le lieutenant George Bascom accusa à tort Cochise d'avoir enlevé un jeune garçon et le convoqua sous un drapeau de parlement. Comprenant le piège, Cochise trancha la toile de la tente militaire d'un coup de couteau et s'échappa sous les balles. Cet épisode, appelé l'« affaire Bascom », déclencha plus de dix ans de guerre.

Cochise installa son refuge dans un dédale de rochers des monts Dragoon, en Arizona, d'où ses guerriers pouvaient surveiller la plaine et disparaître en un instant. L'endroit était si imprenable que les soldats américains ne réussirent jamais à l'y déloger : on l'appelle aujourd'hui encore le « Cochise Stronghold » (le bastion de Cochise).

En juillet 1862, à la passe d'Apache, Cochise et son beau-père Mangas Coloradas tendirent une embuscade à la colonne de Californie. Les Apaches furent surpris par une arme inédite pour eux : les canons obusiers. Cochise aurait dit que ses hommes auraient pu vaincre les soldats « sans ces wagons qui tirent deux fois » (les canons).

La paix de 1872 fut obtenue grâce à une amitié rare : celle entre Cochise et le porteur de courrier Thomas Jeffords, qui avait osé entrer seul et désarmé dans le camp apache pour négocier la sécurité de ses cavaliers. Cochise n'accepta de traiter avec le général Howard qu'à la condition que Jeffords devienne l'agent de sa réserve.

À sa mort en 1874, les Chiricahuas enterrèrent Cochise en secret dans une crevasse des monts Dragoon, avec son cheval et ses armes. Ils firent ensuite galoper des chevaux sur la tombe pour effacer toute trace : l'emplacement exact reste inconnu à ce jour.

Sources primaires

Discours de Cochise rapporté lors des négociations (vers 1871-1872)
Quand j'étais jeune, je parcourais tout ce pays, à l'est comme à l'ouest, et je ne voyais d'autre peuple que les Apaches. Après bien des étés, je revins et trouvai une autre race venue prendre cette terre.
Oliver O. Howard, My Life and Experiences Among Our Hostile Indians (1907 (récit des négociations de 1872))
Cochise me dit : « Personne ne désire la paix plus que moi. » Il tint parole, et tant qu'il vécut la trêve ne fut jamais rompue de son fait.
Réponse de Cochise au général Howard sur la réserve (octobre 1872)
Donnez-moi cette terre, celle des Chiricahuas, et que Jeffords soit notre agent : alors la paix tiendra.
Rapports militaires américains sur la passe d'Apache (juillet 1862)
Les Apaches occupaient les hauteurs et les sources ; sans l'usage de l'artillerie, le passage de la colonne eût été fort coûteux en vies.

Lieux clés

Monts Chiricahua (Arizona)

Massif du sud-est de l'Arizona, cœur du territoire des Apaches Chiricahuas et région de naissance de Cochise. Refuge naturel fait de pics et de canyons.

Passe d'Apache

Col stratégique entre deux chaînes de montagnes, doté de sources d'eau rares dans le désert. Lieu de l'affaire Bascom (1861) et de la bataille de 1862.

Fort Bowie

Fort américain bâti en 1862 à la passe d'Apache pour en contrôler les sources et combattre Cochise. Symbole de la présence militaire dans l'Apacheria.

Cochise Stronghold (monts Dragoon)

Forteresse naturelle de rochers où Cochise établit son camp imprenable et où il fut enterré en secret en 1874. Son nom honore directement le chef apache.

Tucson (Arizona)

Ville-clé du territoire d'Arizona, base des colons et des autorités américaines. Centre des tensions, proche du massacre de Camp Grant (1871).

Voir aussi