Philosophe, économiste et psychanalyste français d'origine grecque, cofondateur du groupe et de la revue Socialisme ou Barbarie. Penseur de l'autonomie et de l'imaginaire social, il a développé une critique radicale du marxisme et des bureaucraties.
Cornelius Castoriadis(1922 — 1997)
Cornelius Castoriadis
Grèce, France
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« Une société autonome est une société qui s'auto-institue explicitement.»
Faits marquants
- Né en 1922 à Constantinople, mort en 1997 à Paris
- Émigre en France en 1945 après des études à Athènes
- Cofonde en 1948 le groupe et la revue Socialisme ou Barbarie (active jusqu'en 1967)
- Publie en 1975 son œuvre majeure, L'Institution imaginaire de la société
- Devient directeur d'études à l'EHESS en 1980, où il enseigne jusqu'à sa mort
Œuvres & réalisations
Cofondation, avec Claude Lefort, d'un groupe et d'une revue qui développent une critique originale de l'URSS et des bureaucraties, à la fois contre le capitalisme et contre le stalinisme.
Son œuvre majeure, qui introduit les concepts d'imaginaire social et d'autonomie. Un livre fondateur pour repenser comment les sociétés se créent elles-mêmes.
Vaste série de recueils d'essais (publiés en plusieurs volumes, certains posthumes) couvrant philosophie, politique, science et psychanalyse.
Recueil de ses textes politiques issus de Socialisme ou Barbarie, analysant la domination bureaucratique à l'Est comme à l'Ouest.
Essai sur la puissance militaire soviétique et la stratégie, marquant son engagement dans les débats de la guerre froide.
Recueil tardif où il dénonce le conformisme, le repli sur le privé et l'affaiblissement de la vie politique dans les démocraties modernes.
Formation et exercice comme psychanalyste, intégrés à sa réflexion sur l'imaginaire et la création de sens chez l'être humain.
Anecdotes
Pendant près de vingt ans, Castoriadis a écrit sous des pseudonymes comme Pierre Chaulieu et Paul Cardan. La raison était très concrète : immigré grec au statut de séjour fragile, il risquait l'expulsion de France à cause de ses activités politiques révolutionnaires. Il ne fut naturalisé français qu'en 1970.
Il menait une double vie étonnante : le jour, il était un économiste respecté travaillant à l'OCDE, l'organisation internationale qui conseille les gouvernements ; le soir, il animait clandestinement un groupe révolutionnaire qui critiquait justement le capitalisme et les bureaucraties d'État.
En décembre 1945, le jeune Castoriadis quitte la Grèce déchirée par la guerre civile et débarque en France à bord du navire Mataroa, avec tout un groupe de jeunes intellectuels grecs boursiers. Beaucoup d'entre eux deviendront des figures importantes de la pensée française.
La revue qu'il cofonde, Socialisme ou Barbarie (1949-1967), n'était tirée qu'à quelques centaines d'exemplaires, mais son influence fut immense : ses idées sur l'autonomie et la critique de la bureaucratie ont nourri les étudiants de Mai 68.
Dans la dernière partie de sa vie, ce philosophe et économiste se forma aussi à la psychanalyse et reçut des patients. Pour lui, comprendre comment l'esprit humain crée du sens était indissociable de la réflexion sur la liberté des sociétés.
Sources primaires
La société est création, et création d'elle-même : autocréation. Elle s'institue en instituant un monde de significations imaginaires sociales.
L'alternative devant laquelle se trouve l'humanité moderne est claire : ou bien le socialisme, c'est-à-dire la gestion par les producteurs eux-mêmes, ou bien la barbarie de l'exploitation et de la bureaucratie.
Une société autonome est une société qui sait que ses lois sont son œuvre, et qui peut donc les remettre explicitement en question.
Nous vivons une époque de conformisme généralisé et de montée de l'insignifiance, où les questions véritablement politiques sont peu à peu effacées.
Lieux clés
Ville de naissance de Castoriadis en 1922, avant que sa famille ne gagne la Grèce.
Ville où il grandit, fait ses études et s'engage très jeune dans le militantisme politique avant de quitter la Grèce.
Ville où il s'installe à partir de 1945, mène l'essentiel de sa vie intellectuelle et politique, et où il meurt en 1997.
Lieu de son travail d'économiste, le jour, à l'écart de ses activités révolutionnaires nocturnes.
Institution où il devient directeur d'études en 1979 et poursuit son enseignement philosophique.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Fondation de Socialisme ou Barbarie
1949
L'Institution imaginaire de la société
1975
Les Carrefours du labyrinthe
1978-1999
La Société bureaucratique
1973
Devant la guerre
1981
La Montée de l'insignifiance
1996
Pratique de la psychanalyse
à partir des années 1970






