Eça de Queirós(1845 — 1900)

Eça de Queirós

royaume de Portugal

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LettresÉcrivain(e)PolitiqueJournalisteXIXe sièclePortugal de la seconde moitié du XIXe siècle, marqué par l'essor du réalisme européen et la contestation de la société bourgeoise et de l'influence cléricale.

Romancier portugais (1845-1900), figure majeure du réalisme et du naturalisme dans la littérature lusophone. Diplomate de carrière, il est l'auteur de romans qui dressent une critique acerbe de la société portugaise de son temps.

Questions fréquentes

Pour comprendre l'importance d'Eça de Queirós (1845-1900), il faut imaginer un Portugal encore marqué par le romantisme et la tradition. Ce qui le rend décisif, c'est qu'il a introduit le réalisme et le naturalisme dans la littérature lusophone, à l'image de ce que Zola faisait en France. Diplomate de carrière, il a passé une grande partie de sa vie à l'étranger — à La Havane, Newcastle et Paris —, ce qui lui a offert un regard critique et acéré sur la société portugaise de son temps. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'avec des romans comme O Crime do Padre Amaro (1876) et Os Maias (1888), il a brossé une fresque impitoyable de la bourgeoisie, du clergé et de l'aristocratie, faisant de lui le plus grand romancier portugais du XIXe siècle.

Faits marquants

  • Né en 1845 à Póvoa de Varzim, au Portugal
  • Membre du « Cénacle » et de la « Génération de 70 », mouvement intellectuel réformateur
  • Publie « Le Crime du padre Amaro » (1875), premier grand roman réaliste portugais
  • Fait paraître « Les Maia » (1888), considéré comme son chef-d'œuvre
  • Mort en 1900 à Neuilly-sur-Seine, alors qu'il est consul du Portugal à Paris

Œuvres & réalisations

O Mistério da Estrada de Sintra (Le Mystère de la route de Sintra) (1870)

Roman-feuilleton à énigme écrit avec Ramalho Ortigão, publié anonymement et qui fit sensation auprès des lecteurs.

O Crime do Padre Amaro (Le Crime du Père Amaro) (1876)

Roman fondateur du réalisme portugais, critique virulente du clergé et de l'hypocrisie provinciale.

O Primo Basílio (Le Cousin Basile) (1878)

Peinture naturaliste de l'adultère et de l'ennui dans la bourgeoisie lisboète.

A Relíquia (La Relique) (1887)

Roman satirique mêlant ironie et fantaisie autour de la bigoterie et de l'imposture.

Os Maias (Les Maia) (1888)

Chef-d'œuvre d'Eça, vaste fresque sociale de trois générations d'une famille aristocratique de Lisbonne.

A Ilustre Casa de Ramires (L'Illustre Maison de Ramires) (1900)

Roman réfléchissant sur la décadence de la noblesse portugaise et le rapport au passé national.

A Cidade e as Serras (La Ville et les Montagnes) (1901)

Roman posthume opposant la civilisation parisienne artificielle à la vie simple de la campagne portugaise.

A Correspondência de Fradique Mendes (1900)

Œuvre où Eça invente un personnage d'aristocrate cosmopolite pour porter sa réflexion ironique sur son époque.

Anecdotes

En 1870, Eça de Queirós et son ami Ramalho Ortigão publient anonymement, sous forme de lettres dans le journal Diário de Notícias, un roman-feuilleton à énigme : O Mistério da Estrada de Sintra (Le Mystère de la route de Sintra). Beaucoup de lecteurs crurent à un fait divers réel et le journal fut inondé de réactions, jusqu'à ce que les deux auteurs avouent la supercherie.

En 1871, avec d'autres jeunes intellectuels de la « Génération de 70 », Eça participe aux Conférences du Casino de Lisbonne, où il prononce une intervention sur le réalisme comme nouvelle expression de l'art. Jugées subversives, ces conférences sont interdites par le gouvernement après seulement quelques séances.

Eça mène toute sa vie une double carrière : écrivain et diplomate. Il fut consul du Portugal à La Havane, à Newcastle puis Bristol en Angleterre, et enfin à Paris. C'est à l'étranger, loin du Portugal qu'il critique avec ironie, qu'il écrivit la plupart de ses grands romans.

La première version du roman O Crime do Padre Amaro (Le Crime du Père Amaro) parut en 1875 dans une revue alors qu'Eça était en poste à Newcastle. Mécontent de ce texte qu'il jugeait inachevé, il le réécrivit profondément, donnant une édition en volume en 1876, puis une version définitive remaniée en 1880.

Son grand roman Os Maias (1888), fresque de trois générations d'une famille de l'aristocratie lisboète, lui demanda de longues années de travail. Considéré comme son chef-d'œuvre, il offre un portrait satirique et désabusé de la haute société portugaise du XIXe siècle.

Sources primaires

A Relíquia — épigraphe (formule célèbre d'Eça de Queirós) (1887)
Sur la forte nudité de la vérité, le manteau diaphane de la fantaisie. (« Sobre a nudez forte da verdade, o manto diáfano da fantasia. »)
As Farpas — chroniques satiriques d'Eça de Queirós et Ramalho Ortigão (1871-1872)
Pamphlets mensuels raillant les mœurs, la politique et la médiocrité de la société portugaise de la Régénération, dont Eça assura la part principale de 1871 à 1872.
Programme des Conférences démocratiques du Casino de Lisbonne (1871)
Cycle de conférences publiques voulant « relier le Portugal au mouvement moderne » et examiner les grandes questions sociales, philosophiques et littéraires de l'Europe ; Eça y traita du réalisme comme nouvelle expression de l'art.

Lieux clés

Póvoa de Varzim (Portugal)

Ville côtière du nord du Portugal où Eça de Queirós naît en 1845.

Université de Coimbra (Portugal)

Foyer intellectuel du pays où Eça étudie le droit et fréquente les futurs membres de la Génération de 70.

Lisbonne (Portugal)

Capitale où il mène sa vie littéraire, participe aux Conférences du Casino et qu'il dépeint dans ses romans comme Os Maias.

Newcastle upon Tyne (Angleterre)

Ville industrielle anglaise où il fut consul et écrivit plusieurs de ses grands romans réalistes.

Paris (France)

Dernier poste consulaire d'Eça à partir de 1888 ; il y fréquente la vie littéraire et y achève son œuvre.

Neuilly-sur-Seine (France)

Commune des environs de Paris où Eça de Queirós meurt en 1900.

Voir aussi