Romancier portugais (1845-1900), figure majeure du réalisme et du naturalisme dans la littérature lusophone. Diplomate de carrière, il est l'auteur de romans qui dressent une critique acerbe de la société portugaise de son temps.
Eça de Queirós(1845 — 1900)
Eça de Queirós
royaume de Portugal
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1845 à Póvoa de Varzim, au Portugal
- Membre du « Cénacle » et de la « Génération de 70 », mouvement intellectuel réformateur
- Publie « Le Crime du padre Amaro » (1875), premier grand roman réaliste portugais
- Fait paraître « Les Maia » (1888), considéré comme son chef-d'œuvre
- Mort en 1900 à Neuilly-sur-Seine, alors qu'il est consul du Portugal à Paris
Œuvres & réalisations
Roman-feuilleton à énigme écrit avec Ramalho Ortigão, publié anonymement et qui fit sensation auprès des lecteurs.
Roman fondateur du réalisme portugais, critique virulente du clergé et de l'hypocrisie provinciale.
Peinture naturaliste de l'adultère et de l'ennui dans la bourgeoisie lisboète.
Roman satirique mêlant ironie et fantaisie autour de la bigoterie et de l'imposture.
Chef-d'œuvre d'Eça, vaste fresque sociale de trois générations d'une famille aristocratique de Lisbonne.
Roman réfléchissant sur la décadence de la noblesse portugaise et le rapport au passé national.
Roman posthume opposant la civilisation parisienne artificielle à la vie simple de la campagne portugaise.
Œuvre où Eça invente un personnage d'aristocrate cosmopolite pour porter sa réflexion ironique sur son époque.
Anecdotes
En 1870, Eça de Queirós et son ami Ramalho Ortigão publient anonymement, sous forme de lettres dans le journal Diário de Notícias, un roman-feuilleton à énigme : O Mistério da Estrada de Sintra (Le Mystère de la route de Sintra). Beaucoup de lecteurs crurent à un fait divers réel et le journal fut inondé de réactions, jusqu'à ce que les deux auteurs avouent la supercherie.
En 1871, avec d'autres jeunes intellectuels de la « Génération de 70 », Eça participe aux Conférences du Casino de Lisbonne, où il prononce une intervention sur le réalisme comme nouvelle expression de l'art. Jugées subversives, ces conférences sont interdites par le gouvernement après seulement quelques séances.
Eça mène toute sa vie une double carrière : écrivain et diplomate. Il fut consul du Portugal à La Havane, à Newcastle puis Bristol en Angleterre, et enfin à Paris. C'est à l'étranger, loin du Portugal qu'il critique avec ironie, qu'il écrivit la plupart de ses grands romans.
La première version du roman O Crime do Padre Amaro (Le Crime du Père Amaro) parut en 1875 dans une revue alors qu'Eça était en poste à Newcastle. Mécontent de ce texte qu'il jugeait inachevé, il le réécrivit profondément, donnant une édition en volume en 1876, puis une version définitive remaniée en 1880.
Son grand roman Os Maias (1888), fresque de trois générations d'une famille de l'aristocratie lisboète, lui demanda de longues années de travail. Considéré comme son chef-d'œuvre, il offre un portrait satirique et désabusé de la haute société portugaise du XIXe siècle.
Sources primaires
Sur la forte nudité de la vérité, le manteau diaphane de la fantaisie. (« Sobre a nudez forte da verdade, o manto diáfano da fantasia. »)
Pamphlets mensuels raillant les mœurs, la politique et la médiocrité de la société portugaise de la Régénération, dont Eça assura la part principale de 1871 à 1872.
Cycle de conférences publiques voulant « relier le Portugal au mouvement moderne » et examiner les grandes questions sociales, philosophiques et littéraires de l'Europe ; Eça y traita du réalisme comme nouvelle expression de l'art.
Lieux clés
Ville côtière du nord du Portugal où Eça de Queirós naît en 1845.
Foyer intellectuel du pays où Eça étudie le droit et fréquente les futurs membres de la Génération de 70.
Capitale où il mène sa vie littéraire, participe aux Conférences du Casino et qu'il dépeint dans ses romans comme Os Maias.
Ville industrielle anglaise où il fut consul et écrivit plusieurs de ses grands romans réalistes.
Dernier poste consulaire d'Eça à partir de 1888 ; il y fréquente la vie littéraire et y achève son œuvre.
Commune des environs de Paris où Eça de Queirós meurt en 1900.
Objets typiques

Instrument d'écriture quotidien du romancier au XIXe siècle, avant l'usage courant de la machine à écrire. Eça noircissait ainsi des centaines de feuillets pour ses romans.

Liasse de feuillets couverts de ratures et de remaniements. Eça était un perfectionniste qui réécrivait sans cesse ses textes, comme O Crime do Padre Amaro, publié en trois versions successives.

La presse était le grand support de diffusion de la littérature : romans publiés par épisodes (feuilletons) et chroniques satiriques. Eça y débuta avec ses feuilletons et ses pamphlets As Farpas.

Vêtement masculin sombre et ajusté, signe de respectabilité bourgeoise et tenue du consul en fonction. Eça portait l'élégance discrète d'un haut fonctionnaire portugais à l'étranger.

Source de lumière des intérieurs bourgeois avant l'électrification, éclairant les longues soirées d'écriture et de lecture. Elle accompagnait le travail nocturne du romancier.

Outil officiel servant à authentifier les documents administratifs et les passeports émis par le consulat. Il symbolise la fonction diplomatique exercée par Eça pendant près de trente ans.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Comme haut fonctionnaire, Eça consacrait une partie de sa matinée aux devoirs du consulat : courrier officiel, papiers administratifs et démarches pour les ressortissants portugais. Il lisait aussi la presse française et anglaise pour suivre l'actualité européenne.
Après-midi
L'après-midi pouvait mêler obligations diplomatiques, lectures et promenades en ville. À l'étranger, il observait avec curiosité les mœurs locales, matière qu'il transposait ensuite dans ses romans.
Soir
Le soir était souvent le temps de l'écriture, à la lampe : Eça composait et surtout corrigeait inlassablement ses pages. Il appréciait aussi les dîners, les conversations littéraires et la correspondance avec ses amis écrivains.
Alimentation
Bourgeois cultivé vivant en Angleterre puis en France, il connaissait aussi bien la cuisine portugaise que les tables raffinées européennes. Le café, le vin et les longs repas nourrissaient la sociabilité de l'époque qu'il dépeint dans ses romans.
Vêtements
Eça portait la tenue soignée du gentleman et du diplomate du XIXe siècle : redingote ou costume sombre, chemise à col dur, cravate, et le souci d'une élégance discrète conforme à son rang.
Habitat
Sa vie de consul l'amena à habiter dans plusieurs villes — La Havane, Newcastle, Bristol, Paris — dans des logements bourgeois confortables. Loin de Lisbonne, ces résidences successives furent les ateliers où naquirent ses grands romans.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
O Mistério da Estrada de Sintra (Le Mystère de la route de Sintra)
1870
O Crime do Padre Amaro (Le Crime du Père Amaro)
1876
O Primo Basílio (Le Cousin Basile)
1878
A Relíquia (La Relique)
1887
Os Maias (Les Maia)
1888
A Ilustre Casa de Ramires (L'Illustre Maison de Ramires)
1900
A Cidade e as Serras (La Ville et les Montagnes)
1901






