Edvard Munch(1863 — 1944)

Edvard Munch

Norvège

6 min de lecture

Arts visuelsArtisteXXe siècleTournant des XIXe et XXe siècles, marqué par le symbolisme et la naissance de l'expressionnisme en Europe du Nord, sur fond de bouleversements artistiques de la Belle Époque.

Edvard Munch (1863-1944) est un peintre et graveur norvégien, figure majeure du symbolisme et précurseur de l'expressionnisme. Hanté par l'angoisse, la maladie et la mort, il a exploré les émotions humaines dans des œuvres devenues universelles, dont *Le Cri*.

Questions fréquentes

Edvard Munch (1863-1944) est un peintre et graveur norvégien, figure clé du symbolisme et précurseur de l'expressionnisme. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a révolutionné la manière de représenter les émotions humaines, en particulier l'angoisse, la maladie et la mort. Son œuvre la plus célèbre, Le Cri (1893), est devenue une icône universelle de l'angoisse moderne, bien au-delà du monde de l'art. Ce qui distingue Munch de ses contemporains, c'est qu'il ne cherche pas à reproduire la réalité visuelle, mais à exprimer des sentiments intérieurs avec des couleurs intenses et des formes déformées.

Citations célèbres

« Je peins non pas ce que je vois, mais ce que j'ai vu.»
« La maladie, la folie et la mort étaient les anges noirs qui veillaient sur mon berceau.»

Faits marquants

  • Naissance en 1863 à Løten, en Norvège, dans une famille marquée tôt par la maladie et le deuil.
  • Peint *Le Cri* en 1893, œuvre emblématique de l'angoisse moderne déclinée en plusieurs versions.
  • Réalise la frise *La Frise de la vie*, cycle explorant l'amour, l'angoisse et la mort.
  • Son exposition à Berlin en 1892 provoque un scandale et marque la naissance de la Sécession berlinoise.
  • Meurt en 1944 à Oslo, léguant l'essentiel de son œuvre à la ville (musée Munch).

Œuvres & réalisations

L'Enfant malade (1885-1886)

Évocation poignante de la mort de sa sœur Sophie ; sa facture floue et inachevée fait scandale et annonce sa rupture avec l'académisme.

Le Cri (1893)

Œuvre la plus célèbre de Munch, icône universelle de l'angoisse moderne, déclinée en plusieurs versions.

Madonna (1894-1895)

Figure féminine ambivalente mêlant vie, désir et mort, emblème du symbolisme de Munch.

Vampire (Amour et douleur) (1893-1895)

Scène d'étreinte ambiguë, longtemps interprétée comme une femme vampirisant un homme, typique de sa vision tourmentée de l'amour.

La Frise de la vie (années 1890-1900)

Vaste ensemble de tableaux organisés autour des thèmes de l'amour, de l'angoisse et de la mort.

La Danse de la vie (1899-1900)

Grande composition allégorique montrant les trois âges de la femme et le cycle de l'existence.

Peintures murales de l'aula de l'université d'Oslo (1909-1916)

Décor monumental, dont *Le Soleil*, marquant le tournant lumineux et optimiste de son art tardif.

Autoportrait entre l'horloge et le lit (1940-1943)

Méditation sur la vieillesse et la mort imminente, l'artiste se représentant figé entre le temps qui passe et son lit.

Anecdotes

En 1893, Munch peint *Le Cri*, inspiré par une promenade au coucher du soleil près d'Oslo : il raconte avoir ressenti « un cri infini qui traversait la nature » alors que le ciel devenait rouge sang. Il existe en réalité plusieurs versions de l'œuvre (peintures, pastels et lithographies).

Munch a vécu une enfance marquée par la maladie : sa mère meurt de la tuberculose quand il a 5 ans, et sa sœur aînée Sophie de la même maladie quand il a 14 ans. Ces deuils hanteront toute son œuvre, comme dans *L'Enfant malade*.

En 1908, épuisé par l'alcool, l'anxiété et les hallucinations, Munch est hospitalisé dans une clinique de Copenhague pendant plusieurs mois. Il en ressort apaisé et change de style, adoptant des couleurs plus vives et lumineuses.

Vers la fin de sa vie, devenu célèbre, Munch refusait de vendre certaines de ses toiles qu'il appelait ses « enfants ». Il vivait entouré d'elles dans sa propriété d'Ekely, près d'Oslo.

Quand les nazis occupent la Norvège, Munch craint qu'ils ne confisquent ses œuvres, déjà retirées des musées allemands comme « art dégénéré ». À sa mort en 1944, il lègue à la ville d'Oslo plus de 1 000 peintures, 15 000 estampes et des milliers de dessins.

Sources primaires

Journal de Munch (note sur la genèse du Cri) (vers 1892)
Je marchais sur un chemin avec deux amis — le soleil se couchait — soudain le ciel devint rouge sang — je m'arrêtai, fatigué, et m'appuyai sur une barrière — il y avait du sang et des langues de feu au-dessus du fjord bleu-noir et de la ville — mes amis continuèrent, et je restai là, tremblant d'angoisse — et je sentis un cri infini qui traversait la nature.
Notes autobiographiques de Munch sur sa peinture (fin du XIXe siècle)
Je ne peins pas ce que je vois, mais ce que j'ai vu.
Testament d'Edvard Munch (1940)
Munch lègue par testament l'ensemble des œuvres restant en sa possession à la municipalité d'Oslo, fondant ainsi la collection du futur musée Munch.

Lieux clés

Løten, Norvège

Village où naît Edvard Munch en 1863, dans une famille de la bourgeoisie cultivée mais peu fortunée.

Oslo (Christiania), Norvège

Capitale où Munch grandit, se forme et expose ses premières œuvres ; il y léguera plus tard l'ensemble de sa collection.

Paris, France

Ville où Munch séjourne à partir de 1885 et découvre l'impressionnisme et le post-impressionnisme, déterminants pour son art.

Berlin, Allemagne

Sa première exposition y fait scandale en 1892 ; Munch y vit plusieurs années et y développe *La Frise de la vie*.

Clinique du Dr Jacobson, Copenhague, Danemark

Établissement où Munch est interné en 1908-1909 après un effondrement nerveux ; il y trouve un certain apaisement.

Ekely, près d'Oslo, Norvège

Propriété où Munch vit reclus de 1916 à sa mort en 1944, entouré de ses toiles et de ses ateliers en plein air.

Voir aussi