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Fàn-cài et diǎnxīn (饭菜 / 点心)
À Shanghai, le repas familial s'organise autour du fàn (le riz blanc, socle neutre) et des cài (plats partagés posés au centre, qu'on picore avec les baguettes en se servant un peu de chaque). À côté du repas existe tout un univers de diǎnxīn (点心, « ce qui touche le cœur ») : raviolis vapeur, soupes sucrées, douceurs de rue et de maison de thé, qu'on prend au goûter, au petit matin ou tard le soir. Eileen Chang, citadine raffinée des concessions, vivait entre ces deux mondes — la table familiale lourde de sauce vermeille et les petites bouchées qu'on grignote en regardant la rue par la fenêtre.
Signature : Nóng yóu chì jiàng (浓油赤酱) — huile abondante, sauce vermeille
L'âme de la cuisine benbang (本帮, « du cru ») de Shanghai : un mariage de sauce de soja claire et foncée avec du sucre candi (sucre de roche) qu'on fait caraméliser jusqu'à napper les viandes d'un brun-rouge brillant et brillant. Doux, salé et profond à la fois — la couleur même de la table shanghaïenne des années 1940.

Eileen Chang à table

1920 — 1995

5 recettes d’époque