Elizabeth Blackburn(1948 — ?)

Elizabeth Blackburn

États-Unis, Australie

6 min de lecture

SciencesXXe siècleSeconde moitié du XXe siècle et début du XXIe, âge d'or de la biologie moléculaire et de la génétique, dans le sillage de la découverte de la structure de l'ADN.

Elizabeth Blackburn est une biologiste moléculaire australo-américaine née en 1948 en Tasmanie. Elle a découvert la télomérase, l'enzyme qui protège les extrémités des chromosomes, ce qui lui a valu le prix Nobel de physiologie ou médecine en 2009.

Questions fréquentes

Elizabeth Blackburn est une biologiste moléculaire australo-américaine née en 1948 en Tasmanie. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle a découvert la télomérase, l'enzyme qui protège les extrémités des chromosomes (les télomères), ce qui lui a valu le prix Nobel de physiologie ou médecine en 2009, partagé avec Carol Greider et Jack Szostak. Ses travaux ont ouvert une nouvelle compréhension du vieillissement cellulaire et du cancer.

Faits marquants

  • Née le 26 novembre 1948 à Hobart, en Tasmanie (Australie)
  • Dans les années 1970-1980, elle étudie les télomères, les extrémités protectrices des chromosomes
  • En 1984, avec Carol Greider, elle découvre la télomérase, l'enzyme qui reconstruit les télomères
  • Reçoit le prix Nobel de physiologie ou médecine en 2009, partagé avec Carol Greider et Jack Szostak
  • Ses travaux ouvrent des pistes majeures pour comprendre le vieillissement cellulaire et le cancer

Œuvres & réalisations

Découverte de la séquence répétée des télomères (avec Joseph Gall) (1978)

Première description moléculaire des extrémités des chromosomes, montrant qu'elles sont faites d'une courte séquence d'ADN répétée.

Découverte de la télomérase (avec Carol Greider) (1984-1985)

Mise en évidence de l'enzyme qui rallonge et protège les télomères, expliquant comment les chromosomes évitent de se dégrader à chaque division cellulaire.

Prix Lasker de la recherche médicale fondamentale (2006)

Récompense majeure souvent considérée comme l'antichambre du Nobel, saluant ses travaux sur les télomères.

Prix Nobel de physiologie ou médecine (2009)

Décerné avec Carol Greider et Jack Szostak pour la découverte de la protection des chromosomes par les télomères et la télomérase.

« The Telomere Effect » (avec Elissa Epel) (2017)

Livre grand public reliant mode de vie, stress et vieillissement cellulaire à la longueur des télomères.

Anecdotes

Pour étudier les extrémités des chromosomes, Elizabeth Blackburn a choisi un organisme microscopique vivant dans les mares : le cilié Tetrahymena. Ce minuscule être unicellulaire possède des milliers de mini-chromosomes, donc une quantité énorme de télomères à analyser, ce qui en faisait un sujet d'étude idéal.

En 1978, avec Joseph Gall, Blackburn découvre que les extrémités des chromosomes de Tetrahymena sont faites d'une courte séquence d'ADN répétée des dizaines de fois (TTGGGG). Personne ne comprenait encore à quoi servait cette curieuse répétition aux bouts des chromosomes.

Le 25 décembre 1984, sa doctorante Carol Greider développe une plaque radioactive dans le laboratoire et y voit pour la première fois la trace d'une enzyme inconnue : la télomérase. Ce cadeau de Noël scientifique vaudra aux deux chercheuses, avec Jack Szostak, le prix Nobel de médecine en 2009.

En 2004, Elizabeth Blackburn est écartée du Conseil de bioéthique du président américain après avoir défendu la recherche sur les cellules souches. De nombreux scientifiques protestent, estimant qu'on la renvoie pour des raisons politiques et non scientifiques.

Plus tard, Blackburn montre avec la psychologue Elissa Epel que le stress chronique semble lié à des télomères plus courts : les mères épuisées par des années à s'occuper d'un enfant gravement malade présentaient un vieillissement cellulaire accéléré. Une idée qu'elles ont popularisée dans un livre grand public.

Sources primaires

E. H. Blackburn & J. G. Gall, « A tandemly repeated sequence at the termini of the extrachromosomal ribosomal RNA genes in Tetrahymena », Journal of Molecular Biology (1978)
Les chercheurs décrivent une courte séquence d'ADN répétée en tandem aux extrémités des molécules d'ADN ribosomique de Tetrahymena, première description moléculaire d'un télomère.
C. W. Greider & E. H. Blackburn, « Identification of a specific telomere terminal transferase activity in Tetrahymena extracts », Cell (1985)
L'article rapporte la mise en évidence d'une activité enzymatique capable d'ajouter des répétitions télomériques à l'extrémité des chromosomes : la future télomérase.
Elizabeth H. Blackburn, conférence Nobel « Telomeres and Telomerase: The Means to the End » (2009)
Blackburn y retrace la découverte des télomères et de la télomérase, et explique le rôle protecteur de ces structures pour la stabilité du génome.
Elizabeth Blackburn & Elissa Epel, « The Telomere Effect » (L'Effet télomère) (2017)
Livre grand public où les autrices relient longueur des télomères, mode de vie, stress et vieillissement cellulaire.
Notice autobiographique d'Elizabeth Blackburn, site de la Fondation Nobel (nobelprize.org) (2009)
Blackburn y raconte son enfance en Tasmanie, sa passion précoce pour les animaux et la science, et son parcours de Melbourne à Cambridge puis aux États-Unis.

Lieux clés

Hobart, Tasmanie (Australie)

Ville natale d'Elizabeth Blackburn, où elle grandit entourée d'animaux et développe sa curiosité scientifique.

Université de Melbourne (Australie)

Lieu de ses études de biochimie, licence puis master, avant son départ pour l'Angleterre.

Université de Cambridge (Royaume-Uni)

Elle y prépare son doctorat dans le laboratoire de Frederick Sanger, double prix Nobel de chimie.

Université Yale (États-Unis)

Premier poste américain de Blackburn, où elle poursuit ses travaux sur les télomères de Tetrahymena.

Université de Californie à Berkeley (États-Unis)

C'est dans son laboratoire qu'est découverte la télomérase en 1984 avec Carol Greider.

Université de Californie à San Francisco (UCSF)

Lieu de sa carrière de professeure et de ses recherches sur les liens entre télomères, stress et santé.

Voir aussi