Retour à Elsa Triolet
Le repas russe émigré : zakouski, soupe et le thé sans fin
À la table d'Elsa Triolet, on retrouve la structure du repas russe transplantée à Paris : d'abord les zakouski (petits hors-d'œuvre salés et marinés posés tous ensemble sur la table, à picorer en buvant), puis une soupe-socle qui tient lieu de plat principal, et enfin — surtout — le thé du samovar, servi à toute heure avec des confitures et des douceurs. Le repas n'a pas de fin nette : il glisse vers la conversation autour du verre de thé brûlant, habitude slave qu'Elsa garda toute sa vie même en plein Montparnasse.
Signature : La smetana et l'aneth
La crème aigre épaisse (smetana) et l'aneth frais sont la double signature de cette cuisine russe : on en couronne les blinis, on en blanchit le bortsch, on en parfume les marinades. Cette acidité lactée et cette fraîcheur herbacée distinguent immédiatement une table slave d'une table française, et Elsa les conserva comme un fil tendu vers la Moscou de son enfance.

Elsa Triolet à table

1896 — 1970

5 recettes d’époque