La carte de Elsa Triolet
Bortsch à la betterave et à l'aneth
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Pervoïe (la soupe-socle, premier service chaud du repas russe)

Bortsch à la betterave et à l'aneth

QuotidienDocumentée🍋 🧂moyen1 h 15 (hors bouillon)
Pervoïe (la soupe-socle, premier service chaud du repas russe)

Bortsch à la betterave et à l'aneth

Pourquoi ce plat ? La fiche évoque le « goût des plats mijotés et des repas partagés en convivialité » qu'Elsa avait gardé de sa Russie natale. Le bortsch, soupe nourrissante et roborative, est exactement ce plat du quotidien que l'on fait mijoter longtemps et que l'on partage en famille, fil rouge de la cuisine slave de son enfance moscovite.

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Pervoïe (la soupe-socle, premier service chaud du repas russe)

Une soupe paysanne d'un rouge profond, à base de betterave, de chou et de quelques légumes-racines mijotés longuement, relevée d'une pointe d'acidité (vinaigre ou jus de citron) qui ravive sa couleur. On la sert brûlante, blanchie d'une cuillerée de smetana qui fond en marbrures roses, et saupoudrée d'aneth.

Un bortsch ne se hâte pas : il demande qu'on l'oublie sur le coin du fourneau et qu'on revienne le voir, comme une vieille amie. Le secret, que ma mère me répétait, c'est la pointe d'aigre — un trait de vinaigre — qui réveille le rouge de la betterave et l'empêche de tourner au brun fatigué. On le sert si chaud que la cuillerée de crème aigre y dessine des nuages roses, et l'on parle, et l'on parle. À Paris, dans les hivers de pénurie, ce bortsch m'a tenu chaud au corps et à la mémoire.
Elsa Triolet
Ingrédients
  • Betteravesplusieurs (base, couleur et douceur)
  • Chouun demi (corps de la soupe)
  • Carottes et oignonquelques-uns (légumes du bouillon)
  • Pommes de terrequelques-unes (consistance)
  • Os à moelle ou jarret de bœufun morceau (bouillon (jours sans restriction))
  • Vinaigreun trait (acidité, fixe la couleur)
  • Smetana et anethau service (garniture signature)
Comment on faisait : Le bortsch est une soupe partagée par toute l'Europe de l'Est, déclinée en d'innombrables versions (gras les jours ordinaires, maigre pendant le Carême). La pointe d'acidité n'est pas qu'un goût : chimiquement, elle préserve le pigment rouge de la betterave qui, sans elle, vire au brun. On le préparait en grande quantité, car il gagne à reposer une nuit.
Sources : Elena Molokhovets, Un cadeau aux jeunes ménagères, 1861 · Darra Goldstein, A Taste of Russia: A Cookbook of Russian Hospitality, 1983

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