Emilie Flöge(1874 — 1952)

Emilie Flöge

Autriche

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Arts visuelsCultureStylisteXXe siècleVienne fin de siècle, Sécession viennoise, Art nouveau

Styliste et créatrice de mode autrichienne (1874-1952), compagne et muse de Gustav Klimt. Elle dirigea un salon de haute couture à Vienne et contribua au mouvement de la robe réforme, promouvant des vêtements libérés du corset.

Questions fréquentes

Emilie Flöge (1874-1952) était une créatrice de mode autrichienne, figure de l'avant-garde viennoise. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle fut bien plus que la compagne et muse de Gustav Klimt pendant vingt-sept ans : elle dirigea le salon de haute couture Schwestern Flöge à Vienne, où elle inventa des robes libérées du corset, les Reformkleider. Sa relation avec Klimt était à la fois intime et artistique : il peignit son portrait en 1902 et l'on pense qu'elle inspira la femme enlacée dans Le Baiser. Contrairement à une simple égérie, elle était une professionnelle reconnue, membre à part entière du cercle de la Sécession viennoise.

Faits marquants

  • 1874 : naissance à Vienne
  • 1904 : ouverture du salon de mode Schwestern Flöge avec ses sœurs à Vienne
  • Longue relation artistique et personnelle avec Gustav Klimt, dont elle est le sujet du tableau Le Baiser
  • Pionnière de la robe réforme (Reformkleid), vêtement sans corset inspiré des idées du Wiener Werkstätte
  • 1952 : décès à Vienne

Œuvres & réalisations

Salon Schwestern Flöge (Sœurs Flöge) (1904-1938)

Maison de haute couture fondée avec ses sœurs Helene et Pauline, dont l'intérieur fut conçu par Josef Hoffmann. Pendant trente-quatre ans, ce salon fut le principal espace de création et de diffusion des robes réformes d'Emilie Flöge auprès de la bourgeoisie viennoise.

Collection de robes réformes (Reformkleider) (1904-1938)

Ligne de robes sans corset, aux formes amples et libres, confectionnées en soieries à motifs Wiener Werkstätte. Ces créations incarnaient un idéal de beauté moderne, fonctionnel et émancipateur, à rebours de la mode officielle de l'époque.

Collaborations textiles avec la Wiener Werkstätte (1905-1930)

Emilie Flöge participa à la conception de tissus imprimés aux motifs géométriques ou floraux pour les Ateliers viennois, contribuant à l'identité visuelle du mouvement Arts & Crafts autrichien.

Participation aux expositions de la Sécession viennoise (1898-1910)

Le salon Schwestern Flöge et ses créations furent régulièrement associés aux expositions de la Sécession, où mode, arts décoratifs et beaux-arts se côtoyaient sous la bannière du Gesamtkunstwerk.

Anecdotes

Emilie Flöge et Gustav Klimt entretinrent une relation intime et artistique d'une durée de vingt-sept ans, sans jamais se marier. Lorsque Klimt fut frappé d'une attaque cérébrale en janvier 1918, il aurait murmuré : « Holt die Emilie ! » (Faites venir Emilie !). Elle se précipita à son chevet et demeura auprès de lui jusqu'à sa mort, le 6 février 1918.

Emilie Flöge fut l'une des premières créatrices à proposer des « robes réformes » (Reformkleider) dans son salon viennois : ces robes amples, sans corset, permettaient aux femmes de respirer et de se mouvoir librement, à contre-courant de la mode officielle qui imposait des silhouettes très contraintes. Cette démarche, à la fois esthétique et féministe avant l'heure, lui valut une réputation d'avant-gardiste dans toute la capitale autrichienne.

Le salon « Schwestern Flöge », ouvert en 1904 avec ses sœurs Helene et Pauline, était l'un des espaces les plus élégants de Vienne. Son intérieur avait été conçu par l'architecte Josef Hoffmann, figure majeure de la Sécession viennoise, qui en fit un véritable manifeste du Gesamtkunstwerk — l'œuvre d'art totale où architecture, mobilier et mode fusionnaient en un ensemble cohérent.

Klimt peignit le portrait d'Emilie Flöge en 1902, la représentant dans une robe ornée de spirales dorées caractéristiques de son esthétique. De nombreux historiens de l'art estiment que la femme enlacée dans Le Baiser (1907-1908) est en réalité Emilie, bien que Klimt n'ait jamais confirmé cette identification — laissant planer un mystère qui nourrit encore les débats.

Après l'Anschluss de 1938, qui rattacha l'Autriche à l'Allemagne nazie, Emilie Flöge fut contrainte de fermer définitivement son salon. Les bombardements et les chaos de la Seconde Guerre mondiale détruisirent ou dispersèrent une grande partie de ses archives, vêtements et objets personnels, effaçant ainsi une part irremplaçable de sa mémoire créatrice.

Sources primaires

Lettres de Gustav Klimt à Emilie Flöge (1895-1917) (1895-1917)
La correspondance entre Klimt et Emilie Flöge, conservée en partie à la Bibliothèque nationale autrichienne, révèle la profondeur de leur relation sur près de vingt ans. Klimt y évoque ses projets artistiques, ses voyages et ses états d'âme, signant souvent avec affection « Dein Gustav ».
Ver Sacrum — revue de la Sécession viennoise (1898-1903)
La revue Ver Sacrum, organe officiel de la Sécession viennoise, publia entre 1898 et 1903 des illustrations de robes, de textiles et d'objets décoratifs dans l'esprit du Jugendstil, documentant l'effervescence créative du milieu que fréquentait Emilie Flöge.
Photographies du salon Schwestern Flöge (Josef Hoffmann, arch.) (1904-1910)
Des photographies d'époque prises vers 1904-1910 documentent l'intérieur du salon conçu par Josef Hoffmann : meubles géométriques, vitrages clairs et présentation des robes réformes témoignent de l'alliance revendiquée entre mode et arts décoratifs.
Catalogues de la Wiener Werkstätte (1905-1925)
Les catalogues des Ateliers viennois mentionnent les collaborations de créatrices comme Emilie Flöge pour la conception de textiles imprimés et de bijoux, portés en accord avec les robes du salon Schwestern Flöge.

Lieux clés

Vienne, Autriche

Capitale de l'empire austro-hongrois et berceau de la Sécession viennoise, Vienne fut le lieu de naissance, de vie et de travail d'Emilie Flöge. C'est là qu'elle dirigea son salon pendant trente-quatre ans et s'imposa comme figure de l'avant-garde artistique.

Salon Schwestern Flöge, Mariahilfer Straße, Vienne

Ouvert en 1904 avec ses sœurs, ce salon de haute couture conçu par Josef Hoffmann accueillait la crème de la société viennoise et fut le théâtre de la révolution vestimentaire portée par Emilie Flöge jusqu'à sa fermeture forcée en 1938.

Lac Attersee (Salzkammergut), Autriche

Emilie Flöge et Gustav Klimt y passaient leurs étés en famille. Klimt y peignit de nombreux paysages lacustres, et des photographies célèbres montrent Emilie dans ses robes réformes au bord du lac.

Wien Museum (Musée de Vienne), Vienne

Ce musée conserve le Portrait d'Emilie Flöge peint par Klimt en 1902 ainsi que plusieurs documents liés à l'histoire du salon Schwestern Flöge, perpétuant la mémoire de la créatrice.

Voir aussi