Éric Rohmer, de son vrai nom Maurice Schérer, est un cinéaste, critique et scénariste français, figure majeure de la Nouvelle Vague. Il est célèbre pour ses cycles de films au dialogue ciselé explorant les hésitations sentimentales et morales de ses personnages.
Éric Rohmer(1920 — 2010)
Éric Rohmer
France
6 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1920 à Tulle (ou Nancy selon les sources) sous le nom de Maurice Schérer, mort en 2010 à Paris.
- Rédacteur en chef des Cahiers du cinéma de 1957 à 1963, après avoir cofondé la revue La Gazette du cinéma.
- Réalise le cycle des Six contes moraux (années 1960-1972), dont 'Ma nuit chez Maud' (1969), nommé aux Oscars.
- Lion d'or à la Mostra de Venise en 2001 pour l'ensemble de sa carrière.
- Auteur des cycles 'Comédies et proverbes' (années 1980) et 'Contes des quatre saisons' (années 1990).
Œuvres & réalisations
Étude pionnière qui réhabilite Alfred Hitchcock comme un grand artiste et illustre la « politique des auteurs » défendue par les Cahiers du cinéma.
Premier long métrage de Rohmer, portrait d'un musicien désargenté errant dans un Paris estival et désert.
Sommet des « Six contes moraux », ce film de dialogues sur la foi et le désir connaît un succès mondial et est nommé aux Oscars.
Conte moral sur le désir et la tentation au bord d'un lac alpin, considéré comme l'un de ses chefs-d'œuvre.
Adaptation soignée d'une nouvelle de Kleist, récompensée par le Grand Prix du Jury à Cannes.
Comédie estivale des malentendus amoureux, qui vaut à Rohmer l'Ours d'argent du meilleur réalisateur à Berlin.
Portrait improvisé d'une jeune femme solitaire en quête de bonheur, couronné par le Lion d'or à Venise.
Reconstitution de la Révolution française à l'aide de décors peints numériques, audace technique d'un cinéaste octogénaire.
Anecdotes
Maurice Schérer s'est inventé le pseudonyme « Éric Rohmer » en assemblant deux noms qu'il admirait : celui du réalisateur Erich von Stroheim et celui de Sax Rohmer, l'auteur des romans de Fu Manchu. Il tenait tant au secret de sa double vie que sa propre mère est morte sans jamais savoir que son fils était un cinéaste célèbre.
Avant de filmer, Rohmer fut professeur de lettres, puis rédacteur en chef de la revue Cahiers du cinéma de 1957 à 1963. Plus âgé que ses jeunes collègues critiques — Godard, Truffaut, Chabrol, Rivette — qui passaient à la réalisation, il était surnommé affectueusement « le grand Momo ».
Rohmer était célèbre pour sa frugalité et sa discrétion : il ne conduisait pas, se déplaçait en métro et en bus, tournait avec de toutes petites équipes et des budgets minuscules. Cette économie de moyens lui permettait de garder une totale liberté artistique.
Pour « Le Rayon vert » (1986), Rohmer laissa ses comédiens improviser une grande partie des dialogues à partir de simples situations. Ce film tourné presque sans scénario écrit remporta pourtant le Lion d'or au festival de Venise.
Pour « L'Anglaise et le Duc » (2001), Rohmer, âgé de plus de 80 ans, reconstitua le Paris de la Révolution française grâce à des décors peints à la main puis intégrés numériquement, mêlant ainsi la peinture classique et la technologie moderne.
Sources primaires
Hitchcock est un des plus grands inventeurs de formes de toute l'histoire du cinéma.
Le cinéma classique est celui qui croit à la fois en la réalité et en la fiction, faisant de l'écran le lieu d'une vérité.
Ce n'est pas tant ce que font mes personnages qui m'intéresse que ce qu'ils pensent en le faisant.
J'aime que mes films montrent des gens qui parlent ; le langage est pour moi le cœur même de l'aventure morale.
Lieux clés
Ville natale de Maurice Schérer en 1920, au cœur d'une France provinciale qu'il quittera pour Paris.
Ville où Rohmer enseigna, dirigea les Cahiers du cinéma, fonda sa vie de cinéaste et mourut en 2010. Décor de nombreux films comme « L'Amour l'après-midi ».
Ville d'Auvergne où se déroule « Ma nuit chez Maud », tourné dans son décor hivernal réel et sa cathédrale.
Plages et stations balnéaires qui servent de cadre à plusieurs « Contes des quatre saisons » et à « Pauline à la plage ».
Lieu de la consécration : Rohmer y reçoit le Lion d'or en 1986 pour « Le Rayon vert ».
Objets typiques

Caméra légère utilisant un format de pellicule réduit, peu coûteux, qui a permis à la Nouvelle Vague de tourner en décors réels avec de petites équipes. Rohmer y resta attaché toute sa carrière par souci d'économie et de liberté.

Enregistreur sonore portable suisse devenu l'outil de référence du « son direct » au cinéma. Il permettait de capter dialogues et ambiances sur les lieux mêmes du tournage.

Texte de travail où Rohmer ciselait les dialogues de ses personnages, cœur de son cinéma. Pour certains films, il les laissait au contraire largement improviser par ses acteurs.

Revue critique fondée en 1951 où Rohmer écrivit puis exerça comme rédacteur en chef. Elle forgea la « politique des auteurs » et lança les cinéastes de la Nouvelle Vague.

Support photochimique sur lequel s'impriment les images du film. Sa manipulation, son développement et son montage rythmaient tout le travail du cinéaste avant l'ère numérique.

Ticket de métro ou carte d'abonnement qu'utilisait Rohmer pour ses déplacements, refusant la voiture par sobriété. Le symbole de son mode de vie frugal et discret.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Rohmer commençait souvent sa journée par la lecture et l'écriture, peaufinant les dialogues de ses scénarios. Lève-tôt et méthodique, il aimait travailler dans le calme avant les rendez-vous professionnels.
Après-midi
L'après-midi pouvait être consacré aux réunions à la production, aux repérages de décors réels ou à la préparation des tournages. Il se déplaçait en métro et à pied dans Paris, en homme frugal qui refusait la voiture.
Soir
Le soir, il fréquentait les salles de cinéma, les ciné-clubs et la Cinémathèque, ou rédigeait ses articles critiques. La projection de films restait pour lui une nourriture quotidienne.
Alimentation
Réputé pour sa sobriété, Rohmer menait une vie simple et sans luxe, à l'image de ses budgets de tournage. Il évitait l'ostentation, préférant les habitudes modestes d'un homme discret.
Vêtements
Il s'habillait avec une grande discrétion, en costumes simples et passe-partout, fuyant l'image du cinéaste mondain. Cette sobriété vestimentaire participait du mystère qu'il entretenait autour de sa personne.
Habitat
Rohmer vivait modestement à Paris, partageant son temps entre son domicile et les bureaux de sa société de production, Les Films du Losange. Il gardait jalousement sa vie privée à l'abri des regards.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Le Signe du lion
1959
Le Genou de Claire
1970
La Marquise d'O...
1976
Pauline à la plage
1983
Le Rayon vert
1986






