Eugène de Savoie(1663 — 1736)

Eugène de Savoie

duché de Savoie

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MilitairePolitiqueChef militaireTemps modernesEurope baroque de la fin du XVIIe et du début du XVIIIe siècle, marquée par les guerres de Louis XIV, l'expansion austro-habsbourgeoise et le recul ottoman dans les Balkans

Prince de la maison de Savoie passé au service des Habsbourg, Eugène de Savoie devint l'un des plus grands chefs de guerre de son temps. Généralissime des armées impériales, il s'illustra contre les Ottomans et durant la guerre de Succession d'Espagne.

Questions fréquentes

Eugène de Savoie (1663-1736) est un prince de la maison de Savoie qui, dédaigné par Louis XIV, se mit au service des Habsbourg et devint l'un des plus grands chefs de guerre de son temps. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il incarne à la fois le génie militaire baroque et le mécénat éclairé : généralissime des armées impériales, il remporta des victoires décisives contre les Ottomans et dans la guerre de Succession d'Espagne, tout en faisant construire le palais du Belvédère à Vienne. Moins connu que Marlborough, son allié, il fut pourtant l'architecte de l'expansion autrichienne dans les Balkans et un acteur central de l'équilibre européen.

Faits marquants

  • Né en 1663 à Paris, éconduit par Louis XIV, il entre au service de l'empereur Léopold Ier en 1683
  • Remporte avec Marlborough la bataille de Blenheim (Höchstädt) en 1704 pendant la guerre de Succession d'Espagne
  • Écrase les Ottomans à la bataille de Zenta en 1697, puis prend Belgrade en 1717
  • Victorieux à Malplaquet (1709) et négociateur des traités de Rastatt (1714)
  • Meurt à Vienne en 1736 ; commanditaire du palais du Belvédère

Œuvres & réalisations

Victoire de Zenta (1697)

Anéantissement de l'armée ottomane traversant la Tisza ; victoire fondatrice qui mena au traité de Karlowitz.

Bataille de Blenheim (Höchstädt) (1704)

Triomphe remporté avec Marlborough contre les forces franco-bavaroises, qui sauva Vienne.

Déblocage de Turin (1706)

Manœuvre stratégique chassant les Français d'Italie du Nord pendant la guerre de Succession d'Espagne.

Victoire d'Oudenarde et prise de Lille (1708)

Succès aux Pays-Bas espagnols affaiblissant durablement la position de Louis XIV.

Prise de Belgrade (1717)

Conquête de la forteresse ottomane, apogée militaire d'Eugène et expansion habsbourgeoise dans les Balkans.

Palais du Belvédère (1714-1723)

Chef-d'œuvre de l'architecture baroque viennoise commandé par Eugène, mécène des arts.

Réforme du Conseil aulique de guerre (Hofkriegsrat) (1703-1736)

Modernisation de l'organisation et de l'administration des armées impériales sous sa présidence.

Anecdotes

Petit, frêle et destiné par sa famille à une carrière dans l'Église, le jeune Eugène demanda à Louis XIV un commandement militaire. Le roi le jugea sans avenir et le surnomma dédaigneusement « le petit abbé ». Vexé, Eugène quitta la France en 1683 et, dit-on, jura de n'y revenir que l'épée à la main — promesse qu'il tint en combattant les armées françaises pendant trente ans.

À la bataille de Zenta, en 1697, Eugène apprit que l'armée ottomane était en train de traverser la rivière Tisza. Bien qu'un ordre de la cour lui interdît d'engager le combat, il attaqua aussitôt et écrasa l'armée du sultan, qui perdit des dizaines de milliers d'hommes. La victoire fut si éclatante que l'empereur lui pardonna sa désobéissance.

Pendant la guerre de Succession d'Espagne, Eugène forma avec le duc de Marlborough, général anglais, l'un des plus célèbres duos militaires de l'histoire. À Blenheim en 1704, leur coordination parfaite infligea à l'armée franco-bavaroise une défaite retentissante qui sauva Vienne.

En 1706, l'armée impériale assiégée dans Turin semblait perdue. Eugène traversa toute l'Italie du Nord avec ses troupes, contourna les lignes françaises et lança un assaut qui débloqua la ville. La légende veut qu'il ait lui-même mené la charge, l'épée au poing.

Devenu immensément riche et puissant, Eugène fit construire à Vienne le splendide palais du Belvédère et réunit une bibliothèque de plus de 15 000 livres et manuscrits. Ce guerrier réputé taciturne était aussi un homme cultivé, mécène des arts et correspondant de savants comme Leibniz.

Sources primaires

Dépêche d'Eugène de Savoie à l'empereur Léopold Ier après la bataille de Zenta (septembre 1697)
L'ennemi a été entièrement défait et taillé en pièces ; le camp, l'artillerie et les bagages du Grand Vizir sont tombés entre nos mains.
Correspondance entre Eugène de Savoie et le duc de Marlborough (1704-1711)
Les lettres échangées durant la guerre de Succession d'Espagne témoignent de la confiance et de la coordination des deux généraux dans la conduite des campagnes communes.
Feldzüge des Prinzen Eugen von Savoyen (recueil des campagnes du prince Eugène) (rédigés 1683-1736)
Compilation officielle des ordres, rapports et dépêches militaires d'Eugène, conservés dans les archives de guerre autrichiennes et publiés par l'état-major impérial.
Inscription dédicatoire du palais du Belvédère, Vienne (1714-1723)
Le palais d'été édifié par le prince Eugène porte la marque de sa gloire militaire, mêlant les emblèmes guerriers aux fastes baroques de la cour de Vienne.

Lieux clés

Paris

Ville natale d'Eugène, où il grandit à la cour de Louis XIV avant d'être éconduit et de partir pour l'Autriche.

Vienne

Capitale des Habsbourg où Eugène fit carrière, dirigea le Conseil aulique de guerre et mourut en 1736.

Palais du Belvédère, Vienne

Somptueux palais baroque qu'Eugène fit édifier pour abriter ses collections d'art et sa bibliothèque.

Zenta (Senta, Serbie)

Lieu de sa victoire écrasante de 1697 contre l'armée ottomane, qui établit sa réputation de grand chef de guerre.

Turin

Ville assiégée par les Français en 1706 qu'Eugène débloqua par une manœuvre audacieuse, libérant l'Italie du Nord.

Belgrade

Forteresse ottomane prise par Eugène en 1717, point culminant de ses campagnes contre l'Empire ottoman.

Voir aussi