Retour à Eugène Delacroix
Le repas bourgeois parisien du XIXe siècle
À la table de Delacroix, on suit l'ordonnance discrète de la bourgeoisie parisienne romantique : un potage clair pour ouvrir, un plat de viande ou de volaille servi avec ses légumes, puis un entremets sucré ou un fruit. Tout y est mesuré, élégant, sans ostentation — un repas que sa santé fragile et sa gouvernante Jenny veillaient à garder léger. Mais cette sobriété parisienne est traversée, dès 1832, par le souvenir éclatant du Maroc : les épices, le miel et la couleur des tables de Meknès et de Tanger viennent y semer un parfum d'Orient.
Signature : Le safran et les épices du voyage marocain
En 1832, le voyage au Maroc bouleverse la palette du peintre — et son imaginaire des saveurs. Le safran, la cannelle et l'eau de fleur d'oranger deviennent, dans nos recettes, l'équivalent gustatif de ce choc de lumière : un fil rouge entre la sobriété parisienne et l'éblouissement oriental qui changea son art.

Eugène Delacroix à table

1798 — 1863

4 recettes d’époque