Biographie

Farkas Bolyai est un mathématicien hongrois, connu pour ses travaux sur les fondements de la géométrie. Il est le père de János Bolyai, l'un des fondateurs de la géométrie non euclidienne, qu'il encouragea malgré ses propres réserves.

Farkas Bolyai(1775 — 1856)

Farkas Bolyai

empire d'Autriche

5 min de lecture

SciencesMathématicien(ne)XIXe sièclePremière moitié du XIXe siècle, époque de remise en question des fondements de la géométrie euclidienne en Europe centrale.

Questions fréquentes

Farkas Bolyai (1775-1856) est un mathématicien hongrois de Transylvanie, surtout connu pour avoir publié l'appendice de son fils János Bolyai dans son propre traité Tentamen en 1832. Ce qu'il faut retenir, c'est que sans lui, la découverte de la géométrie non euclidienne aurait peut-être été perdue : il a offert à son fils une tribune pour exposer sa « science absolue de l'espace », tout en étant lui-même un géomètre de talent, ami et correspondant de Carl Friedrich Gauss.

Faits marquants

  • Né en 1775 à Bolya, en Transylvanie (royaume de Hongrie).
  • Étudie à Göttingen où il se lie d'amitié avec le mathématicien Carl Friedrich Gauss.
  • Devient professeur de mathématiques, physique et chimie au collège réformé de Marosvásárhely (1804).
  • Publie en 1832-1833 le Tentamen, un traité sur les fondements des mathématiques.
  • Décède en 1856 ; son fils János développa la géométrie non euclidienne qu'il avait pressentie.

Œuvres & réalisations

Tentamen juventutem studiosam in elementa matheseos purae introducendi (1832-1833)

Son œuvre majeure : un traité systématique des mathématiques élémentaires en latin, rendu célèbre par l'appendice de János fondant la géométrie non euclidienne.

Appendix (édition et publication de l'œuvre de János) (1832)

En intégrant l'appendice de son fils à son propre livre, il permit la diffusion de l'une des découvertes mathématiques les plus importantes du XIXe siècle.

Kurzer Grundriss eines Versuchs (1851)

Second ouvrage mathématique, exposé condensé de ses idées, où il revient notamment sur la question des parallèles.

Correspondance avec Gauss (1799-1853)

Près d'un demi-siècle d'échanges scientifiques avec l'un des plus grands mathématiciens de l'histoire, précieux témoignage sur la pensée géométrique de l'époque.

Œuvres littéraires et pédagogiques (première moitié du XIXe siècle)

Pièces de théâtre, traductions et manuels d'enseignement qui illustrent l'étendue de sa culture et son engagement pour l'éducation.

Anecdotes

Farkas Bolyai fut l'ami de jeunesse du grand mathématicien Carl Friedrich Gauss, rencontré à l'université de Göttingen vers 1796. Les deux hommes entretinrent une correspondance épistolaire pendant près de cinquante ans, discutant notamment du problème du postulat des parallèles.

Pendant des années, Farkas s'acharna à vouloir démontrer le cinquième postulat d'Euclide sur les parallèles. Quand son fils János s'attaqua au même problème, il le mit en garde dans une lettre célèbre : il fallait fuir cette question « comme les passions sensuelles », car elle pouvait priver un homme de sa santé et de son repos.

Lorsque János lui envoya son travail révolutionnaire fondant une géométrie nouvelle, Farkas le fit publier en appendice de son propre livre, le Tentamen, en 1832. Gauss répondit qu'il ne pouvait louer l'œuvre sans se louer lui-même, car il y avait pensé depuis longtemps — ce qui blessa profondément le jeune János.

Homme aux talents multiples, Farkas Bolyai écrivit aussi des pièces de théâtre, composa de la musique, dessina et s'intéressa à la fabrication de poêles et de fours. Il aurait conçu son propre cercueil et demandé qu'on plante un pommier sur sa tombe plutôt qu'une pierre.

Professeur au collège réformé de Marosvásárhely (aujourd'hui Târgu Mureș) pendant plus de quarante ans, il enseigna les mathématiques, la physique et la chimie pour un salaire modeste, vivant souvent dans la gêne matérielle.

Sources primaires

Tentamen juventutem studiosam in elementa matheseos purae... introducendi (1832-1833)
Ouvrage en deux volumes exposant les fondements des mathématiques élémentaires, dont l'appendice rédigé par son fils János présente la science absolue de l'espace.
Lettre de Farkas Bolyai à son fils János (vers 1820)
Tu ne dois pas tenter cette approche des parallèles ; je connais ce chemin jusqu'à son terme : j'ai traversé cette nuit sans fond, et toute lumière, toute joie de ma vie s'y est éteinte.
Correspondance Bolyai–Gauss (1799-1853)
Échange de lettres entre Farkas Bolyai et Carl Friedrich Gauss, poursuivi sur près d'un demi-siècle, portant notamment sur la théorie des parallèles.

Lieux clés

Bolya (Buia), Transylvanie

Village natal de Farkas Bolyai, en Transylvanie, alors partie de l'Empire des Habsbourg. La famille noble des Bolyai en tirait son nom.

Université de Göttingen

Université allemande où il étudia à partir de 1796 et se lia d'amitié durable avec Carl Friedrich Gauss. Un haut lieu des mathématiques européennes.

Collège réformé de Marosvásárhely (Târgu Mureș)

Établissement où il enseigna les mathématiques, la physique et la chimie pendant plus de quarante ans. Le centre de sa vie professionnelle.

Kolozsvár (Cluj-Napoca)

Grande ville de Transylvanie où il fit une partie de ses premières études avant de partir pour l'Allemagne.

Liens externes & ressources

Œuvres

Tentamen juventutem studiosam in elementa matheseos purae introducendi

1832-1833

Appendix (édition et publication de l'œuvre de János)

1832

Œuvres littéraires et pédagogiques

première moitié du XIXe siècle

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