Fernando Pessoa(1888 — 1935)
Fernando Pessoa
Portugal, royaume de Portugal
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Fernando Pessoa (1888-1935) est un écrivain et poète portugais, figure majeure de la littérature moderniste. Il est célèbre pour ses hétéronymes, des identités d'auteurs fictifs dotés chacun d'un style et d'une biographie propres.
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Le poète est un simulateur. Il simule si complètement qu'il en vient à simuler qu'est douleur la douleur qu'il ressent vraiment.»
Faits marquants
- Naît à Lisbonne en 1888 et passe une partie de son enfance à Durban, en Afrique du Sud, où il est scolarisé en anglais.
- Crée à partir de 1914 ses principaux hétéronymes : Alberto Caeiro, Ricardo Reis et Álvaro de Campos.
- Publie peu de son vivant ; son grand recueil patriotique 'Message' (Mensagem) paraît en 1934.
- Meurt à Lisbonne en 1935, laissant une malle de manuscrits inédits.
- Le 'Livre de l'intranquillité', signé du semi-hétéronyme Bernardo Soares, n'est publié qu'à titre posthume en 1982.
Œuvres & réalisations
Seul recueil de poèmes en portugais publié de son vivant ; il revisite l'histoire et le mythe du Portugal.
Journal fragmentaire attribué à l'hétéronyme Bernardo Soares, considéré comme l'un des grands livres du XXe siècle.
Revue moderniste cofondée par Pessoa, acte fondateur du modernisme littéraire portugais, qui fit scandale.
Recueil signé de l'hétéronyme Alberto Caeiro, « maître » des autres hétéronymes, célébrant un regard simple sur la nature.
Long poème de l'hétéronyme Álvaro de Campos, sommet du modernisme portugais sur le vide et l'identité.
Récit satirique où un banquier démontre par l'absurde qu'il est le seul vrai anarchiste.
Recueil de sonnets écrits directement en anglais, témoignant de sa double culture littéraire.
Anecdotes
Le 8 mars 1914, Pessoa affirme avoir vécu son « jour triomphal » : debout devant une commode, il écrit d'un seul jet une trentaine de poèmes signés Alberto Caeiro, un poète imaginaire qu'il venait d'inventer. C'est l'acte de naissance de ses fameux hétéronymes, ces auteurs fictifs avec chacun leur style, leur vie et leurs idées.
À sa mort en 1935, Pessoa laisse une grande malle de bois bourrée d'environ 27 000 feuillets : poèmes, lettres, projets, fragments en portugais, en anglais et en français. Près d'un siècle plus tard, des chercheurs déchiffrent encore cette « malle » et y découvrent des textes inédits.
En 1930, l'occultiste anglais Aleister Crowley vient à Lisbonne. Avec l'aide de Pessoa, passionné d'astrologie, il met en scène sa fausse disparition à la Boca do Inferno, près de Cascais, laissant croire à un suicide. La presse s'emballe avant que la supercherie ne soit éventée.
De son vivant, Pessoa reste presque inconnu et gagne sa vie comme correspondant commercial, traduisant le courrier de maisons de commerce de Lisbonne. Un seul livre de poèmes en portugais, « Mensagem », paraît avant sa mort, en 1934.
La veille de sa mort, le 29 novembre 1935, Pessoa griffonne une dernière phrase, en anglais : « I know not what tomorrow will bring » (« Je ne sais pas ce que demain apportera »). Il meurt le lendemain, à 47 ans.
Sources primaires
Ce fut le 8 mars 1914 que je trouvai Alberto Caeiro. […] Je m'approchai d'une commode et, prenant un papier, je me mis à écrire, debout, comme j'écris chaque fois que je le peux. Et j'écrivis une trentaine de poèmes d'affilée, dans une sorte d'extase dont je ne saurais définir la nature.
Le poète est un simulateur. Il simule si complètement qu'il en vient à simuler qu'est douleur la douleur qu'il ressent vraiment.
Le mythe est le rien qui est tout. Le soleil même qui ouvre les cieux est un mythe brillant et muet.
Je n'ai jamais fait que rêver. Cela, et cela seulement, a été le sens de ma vie. Je n'ai jamais eu d'autre véritable souci que ma vie intérieure.
Lieux clés
Ville natale de Pessoa, où il passa l'essentiel de sa vie, travailla et mourut ; elle imprègne toute son œuvre.
Ville où le jeune Pessoa vécut auprès de son beau-père consul et reçut une éducation anglaise qui marqua durablement sa langue et ses lectures.
Célèbre café du quartier du Chiado fréquenté par Pessoa ; une statue de bronze l'y représente attablé en terrasse.
Gouffre marin où fut mise en scène, avec l'aide de Pessoa, la fausse disparition de l'occultiste Aleister Crowley en 1930.
Dernière demeure du poète, aujourd'hui maison-musée qui conserve sa bibliothèque et des manuscrits.
Monastère de Lisbonne où les restes de Pessoa furent transférés en 1985, près de ceux de grands navigateurs et écrivains portugais.






