Francesco Melzi (1491-1570) fut l'élève favori et fidèle compagnon de Léonard de Vinci. Peintre italien de la Renaissance lombarde, il hérita des manuscrits et œuvres de Léonard à sa mort et contribua à préserver son œuvre.
Francesco Melzi(1492 — 1570)
Francesco Virgolini
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Né vers 1491 à Vaprio d'Adda, près de Milan, dans une famille noble lombarde
- Rejoint l'atelier de Léonard de Vinci vers 1506-1508, à l'âge d'environ 15 ans
- Accompagne Léonard lors de son séjour en France à la cour de François Ier (1516-1519)
- Hérite à la mort de Léonard (1519) de l'ensemble de ses manuscrits, dessins et œuvres
- Compile le Libro di pittura à partir des notes de Léonard, contribuant à diffuser ses théories artistiques
Œuvres & réalisations
Considérée comme son chef-d'œuvre, cette peinture représente la déesse romaine Pomone et le dieu Vertumne déguisé en vieille femme, tirée des Métamorphoses d'Ovide. Conservée à la Gemäldegalerie de Berlin, elle témoigne de la maîtrise du sfumato léonardesque dans le rendu des visages et des draperies.
Compilation des notes théoriques de Léonard de Vinci sur la peinture, la lumière, les proportions et la perspective, réalisée par Melzi à partir de milliers de feuillets originaux. Publié à Paris en 1651, cet ouvrage fut la première codification des théories picturales de Léonard et influença durablement la théorie de l'art européenne.
Tableau représentant une jeune femme tenant des fleurs, attribué à Melzi et conservé à l'Ermitage de Saint-Pétersbourg. Il illustre sa maîtrise dans la représentation des visages féminins selon le style léonardesque, avec ce traitement subtil de la lumière caractéristique de l'école lombarde.
Copie réalisée par Melzi d'après une composition aujourd'hui perdue de Léonard représentant Léda et Zeus métamorphosé en cygne. Cette œuvre est précieuse pour les historiens de l'art car elle permet de reconstituer fidèlement l'original disparu du maître.
Plusieurs portraits de jeunes hommes sont attribués à Melzi, révélant sa formation dans la grande tradition lombarde du portrait de cour. Ces œuvres témoignent de sa capacité à capter la psychologie des modèles dans la lignée directe de l'enseignement de Léonard.
Anecdotes
Vers 1506, le jeune Francesco Melzi, fils d'une noble famille lombarde, n'a qu'une quinzaine d'années lorsqu'il rencontre Léonard de Vinci à Milan. Séduit par le génie du maître, il abandonne les privilèges de sa condition pour entrer dans son atelier, devenant rapidement son assistant le plus proche et son compagnon fidèle jusqu'à la mort de l'artiste.
En 1519, lorsque Léonard s'éteint à Amboise, c'est Francesco Melzi qui annonce la nouvelle à la famille du maître. Dans une lettre touchante adressée aux frères de Léonard, il écrit que la mort de celui-ci a été pour lui un deuil aussi douloureux que la perte d'un père, témoignant de la profondeur du lien affectif qui les unissait.
Après la mort de Léonard, Melzi organisa seul le rapatriement de l'ensemble des manuscrits et œuvres depuis la France jusqu'en Italie, transportant des milliers de feuillets de notes scientifiques, artistiques et philosophiques. Cette mission périlleuse permit de sauvegarder l'un des plus grands patrimoines intellectuels de la Renaissance.
Melzi passa plusieurs décennies à tenter d'organiser les notes éparses de Léonard pour constituer un Traité de la Peinture. Malgré son dévouement total, ce travail colossal ne fut publié qu'en 1651, soit plus de quatre-vingts ans après sa mort, à Paris. Son effort de compilation reste néanmoins l'un des actes fondateurs de la théorie de l'art en Occident.
Après son retour en Italie, Melzi vécut retiré dans la Villa Melzi à Vaprio d'Adda, entouré des milliers de feuillets hérités de son maître. Ses héritiers, peu conscients de la valeur inestimable de ce trésor, dispersèrent les manuscrits après sa mort en 1570, conduisant à leur dispersion aux quatre coins de l'Europe.
Sources primaires
Je crois que vous avez appris la mort de Maître Léonard, votre frère, et pour moi le meilleur des pères. Il m'est impossible d'exprimer le chagrin que j'ai ressenti à sa mort ; et tant que mes membres me soutiendront, j'éprouverai une douleur perpétuelle.
Francesco Melzi, gentilhomme milanais, fut du vivant de Léonard très aimé de lui ; et aujourd'hui, homme âgé, il conserve avec amour le souvenir de Léonard et ses tableaux.
Nous avons vu à Amboise un vieillard de plus de soixante-dix ans, Léonard de Vinci, accompagné d'un jeune Milanais fort gracieux que le vieux maître chérit tendrement.
Ce traité rassemble les théories du maître sur la lumière, les proportions, les draperies et la perspective, constituant la première codification systématique de sa pensée picturale transmise par son plus fidèle disciple.
Lieux clés
Lieu de naissance et de résidence principale de Francesco Melzi, cette villa familiale lombarde devint après 1519 le sanctuaire des manuscrits de Léonard de Vinci. C'est là que Melzi travailla pendant des décennies à la compilation du Trattato della Pittura, entouré du précieux héritage intellectuel du maître, jusqu'à sa mort.
C'est à Milan que Melzi rencontra Léonard de Vinci vers 1506, alors que la ville était sous domination française. Il y reçut sa formation artistique dans l'atelier du maître, au cœur d'une métropole qui était alors l'un des foyers culturels et intellectuels les plus actifs d'Europe.
Résidence accordée par François Ier à Léonard de Vinci en 1516, le Clos Lucé fut le dernier lieu de vie du maître, où Melzi l'assista jusqu'à sa mort en 1519. C'est dans ce château que Melzi recueillit solennellement le legs artistique et intellectuel de Léonard.
Entre 1513 et 1516, Melzi accompagna Léonard à Rome, où ce dernier séjourna sous la protection de Julien de Médicis. Ce séjour permit à Melzi d'admirer les œuvres antiques et de côtoyer les grands maîtres contemporains tels que Michel-Ange et Raphaël.
Objets typiques

Melzi hérita de plusieurs milliers de feuillets couverts de notes, croquis et théories de Léonard, rédigés en écriture spéculaire. Il consacra une grande partie de sa vie à les conserver précieusement dans des coffres de la Villa Melzi et à en recopier les passages les plus importants pour en faire un traité.

Instrument d'écriture et de dessin universel à la Renaissance, la plume d'oie taillée servait aussi bien à rédiger des lettres qu'à exécuter des dessins préparatoires. Melzi s'en servait quotidiennement dans son double rôle de copiste des notes de Léonard et de peintre exécutant ses propres œuvres.

La technique de peinture à l'huile, perfectionnée en Lombardie, utilisait des pigments minéraux et végétaux broyés sur une pierre de porphyre et mélangés à de l'huile de lin. Formé directement par Léonard, Melzi maîtrisait cette technique pour ses propres créations picturales.

Dessin grandeur nature sur papier épais servant à transférer une composition sur le panneau peint. Melzi utilisait cette méthode héritée de l'atelier de Léonard pour préparer méticuleusement ses peintures avant d'appliquer les premières couches de couleur.

Support traditionnel de la peinture italienne de la Renaissance, le panneau de peuplier ou de noyer recouvert de gesso était préparé avec soin avant d'y appliquer les couches de peinture. Melzi utilisa ce support pour ses propres tableaux, dont le célèbre Vertumne et Pomone.

Issu d'une famille noble, Melzi utilisait un sceau personnel pour authentifier sa correspondance officielle, notamment les lettres adressées aux héritiers de Léonard ou aux érudits et mécènes qui s'intéressaient aux œuvres et manuscrits du maître.
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Vie quotidienne
Matin
Francesco Melzi commençait sa journée au lever du soleil, selon la coutume des ateliers d'artistes italiens. Il consacrait les premières heures aux travaux de copie et d'organisation des manuscrits hérités de Léonard, profitant de la meilleure lumière naturelle pour déchiffrer la fine écriture en miroir du maître sur les milliers de feuillets conservés dans les coffres de la villa.
Après-midi
Les après-midis étaient réservés à la pratique de la peinture dans l'atelier de la Villa Melzi, où Francesco travaillait sur ses propres compositions ou copiait des œuvres de Léonard. Il accueillait parfois des visiteurs cultivés — nobles lombards, humanistes, érudits — désireux de consulter les précieux manuscrits ou de commissionner un portrait.
Soir
Le soir, Melzi se consacrait à la lecture et à la correspondance. En tant que noble lombard respecté, il entretenait un réseau épistolaire actif avec des mécènes, des érudits et des membres de sa famille. Les veillées étaient également l'occasion de relire les notes de Léonard à la lueur des chandelles, poursuivant inlassablement la compilation du grand Traité de la Peinture.
Alimentation
Comme les nobles lombards de son temps, Melzi suivait un régime varié mêlant viandes rôties, poissons d'eau douce pêchés dans l'Adda voisine, légumes du potager et pain blanc. Les repas étaient pris à deux heures fixes, matin et soir, agrémentés de vin local coupé d'eau, selon les usages de l'aristocratie italienne du XVIe siècle.
Vêtements
Melzi portait les habits d'un gentilhomme lombard aisé : pourpoint de drap fin, chausses ajustées et manteau de velours lors des occasions officielles ou des visites. Dans son atelier, il revêtait un tablier de cuir ou de toile grossière pour protéger ses vêtements des taches de pigments et d'huile, à l'image des peintres de sa génération.
Habitat
La Villa Melzi à Vaprio d'Adda était une demeure aristocratique agrémentée d'un parc, d'une chapelle privée et de vastes pièces de réception. Après son retour de France en 1519, Francesco y aménagea une salle dédiée à la conservation des milliers de feuillets de Léonard, protégés dans des coffres de bois. La villa surplombait la rivière Adda, offrant un panorama serein très apprécié des humanistes et artistes qui lui rendaient visite.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Léda et le Cygne (copie d'après Léonard de Vinci)
c. 1508-1515
Portrait de jeune homme
c. 1510-1520






