Peintre et graveur espagnol (1746-1828), considéré comme le précurseur de l'art moderne. Il fut peintre officiel de la cour d'Espagne tout en développant une œuvre personnelle sombre et visionnaire, notamment après sa surdité en 1792.
Francisco de Goya(1746 — 1828)
Francisco de Goya
Espagne
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Questions fréquentes
Faits marquants
- 1746 : naissance à Fuendetodos, en Aragon (Espagne)
- 1786 : nommé peintre du roi Charles III, puis premier peintre du roi Charles IV en 1799
- 1792 : surdité totale après une grave maladie, tournant décisif dans son œuvre
- 1808-1814 : témoin des atrocités de la guerre d'indépendance espagnole contre Napoléon, inspirant Les Désastres de la guerre
- 1828 : mort en exil à Bordeaux, laissant une œuvre majeure dont les Peintures noires réalisées à la Quinta del Sordo
Œuvres & réalisations
Série de 80 gravures satiriques dénonçant les superstitions, la corruption du clergé et les travers de la société espagnole. La planche 43, 'Le sommeil de la raison engendre des monstres', est devenue l'une des images les plus célèbres de l'art occidental.
Portrait de groupe de la famille royale espagnole d'une franchise presque cruelle, où Goya représente ses commanditaires avec une vérité psychologique qui dépasse les conventions du portrait officiel.
Deux tableaux représentant la même femme allongée, nue puis habillée — œuvres sensuelles et scandalueuses qui valurent à Goya d'être convoqué par l'Inquisition espagnole.
Chef-d'œuvre de la peinture historique représentant l'exécution de résistants espagnols par les soldats français. Cette toile majeure inaugure la représentation moderne de la violence de guerre et influencera Manet et Picasso.
Série de 82 gravures documentant avec une brutalité sans précédent les atrocités de la guerre d'indépendance espagnole contre Napoléon. Considérée comme l'une des œuvres antibelliqueuses les plus puissantes de l'histoire de l'art.
L'une des quatorze 'Peintures noires' peintes directement sur les murs de la Quinta del Sordo, représentant le dieu Saturne en train de dévorer son enfant dans un délire de terreur. Image emblématique de la folie, du pouvoir destructeur et de la vieillesse.
Carton pour tapisserie destiné au palais royal de l'Escurial, représentant une scène de la vie quotidienne élégante et lumineuse — témoignage de la première période de Goya, encore dans la tradition rococo avant sa rupture artistique.
Anecdotes
En 1792, Goya contracta une maladie mystérieuse — probablement une encéphalite ou un empoisonnement au plomb — qui le laissa totalement sourd à l'âge de 46 ans. Loin de briser sa carrière, cette surdité le coupa du monde extérieur et l'orienta vers une vision intérieure de plus en plus sombre et tourmentée, qui allait transformer profondément son art.
Goya vécut ses dernières années dans une maison aux abords de Madrid qu'il appela ironiquement la 'Quinta del Sordo' (la Maison du Sourd). Sur les murs de ses pièces, il peignit directement à l'huile une série d'images hallucinantes et terrifiantes, connues sous le nom de 'Peintures noires', sans jamais les destiner à être vues du public.
Peintre officiel du roi Charles IV, Goya réalisa en 1800 un portrait de groupe de la famille royale d'une franchise déconcertante. Certains historiens d'art y voient une critique déguisée : les visages sont durs, vulgaires, et la reine Marie-Louise, dont la domination sur son mari était notoire, trône au centre de la composition.
Après l'invasion napoléonienne de l'Espagne en 1808, Goya fut témoin des atrocités de la guerre. Il en tira une série de 82 gravures intitulée 'Les Désastres de la guerre', représentant avec une brutalité sans précédent les massacres, les famines et les horreurs du conflit. Ces planches ne furent publiées qu'en 1863, trente-cinq ans après sa mort.
À 80 ans passés, exilé volontaire à Bordeaux après la restauration absolutiste de Ferdinand VII, Goya s'enthousiasma pour la toute nouvelle technique de la lithographie. Il réalisa une série sur les corridas de taureaux, 'La Tauromaquia bordelaise', prouvant jusqu'à la fin de sa vie une curiosité artistique et une énergie créatrice intactes.
Sources primaires
Il m'est impossible de voir quoi que ce soit. Je ne sais pas si c'est de la cataracte ou autre chose, mais ma vue est si faible que je peux à peine signer mon nom.
Pour occuper mon imagination mortifiée par la contemplation de mes maux, et pour compenser en partie les grandes dépenses qu'ils m'ont occasionnées, je me suis mis à un ensemble de tableaux de cabinet.
La peinture (comme la poésie) choisit dans l'universel ce qu'elle juge le plus convenable à ses fins ; elle réunit en un seul personnage fantastique des circonstances et des traits que la nature n'a distribués qu'entre plusieurs.
Tristes pressentiments de ce qui va arriver.
Je suis vieux, sourd, paresseux et ignorant en français, mais je vais si bien et je suis si désireux de voir ce monde.
Lieux clés
Village natal de Goya en 1746, dans une région aride et austère d'Aragon. Sa maison natale, très modeste, est aujourd'hui conservée comme musée.
Lieu de travail officiel de Goya en tant que peintre de la cour de Charles III puis Charles IV, où il réalisa portraits royaux et décorations officielles.
Maison de campagne acquise par Goya en 1819, sur les rives du Manzanares, où il peignit directement sur les murs les terrifiantes 'Peintures noires'. Elle fut démolie à la fin du XIXe siècle.
Chapelle dont les fresques (1798) furent entièrement peintes par Goya ; il y est d'ailleurs inhumé, sans sa tête, retrouvée disparue lors du rapatriement de ses restes.
Ville où Goya passa ses dernières années en exil volontaire (1824-1828), entouré d'amis libéraux espagnols et continuant à peindre et graver jusqu'à sa mort en 1828.
Goya réalisa plusieurs fresques monumentales pour cette basilique de sa région natale, qui lui apportèrent une renommée nationale dès sa jeunesse.
Objets typiques

Goya travaillait avec des brosses épaisses, voire un couteau à palette ou ses propres doigts, pour poser la matière picturale avec une énergie gestuelle qui préfigure l'expressionnisme moderne.

La gravure fut l'un des moyens d'expression favoris de Goya, lui permettant de diffuser ses critiques sociales et politiques à travers des séries comme les Caprices, les Désastres ou les Disparates.

À Bordeaux, à plus de 80 ans, Goya adopta avec enthousiasme la lithographie, toute nouvelle technique d'impression, pour créer ses célèbres scènes de tauromachie.

Selon la légende, Goya peignait parfois la nuit à la lumière de bougies fixées à son chapeau, pour avoir les deux mains libres et travailler dans l'isolement de l'obscurité.

En tant que peintre officiel du roi, Goya devait porter l'habit de cour lors des séances de pose royales, symbole des contraintes de sa position officielle qu'il subissait en contrepoint de sa liberté créatrice privée.

Goya remplissait des carnets de dessins préparatoires et de visions personnelles ; ces 'álbumes' constituent un journal intime visuel exceptionnel témoignant de son imagination débordante.
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Vie quotidienne
Matin
Goya se levait tôt et profitait de la lumière matinale pour peindre, la luminosité naturelle étant indispensable au travail des coloris. Après sa surdité, il communiquait par écrit ou par gestes avec ses assistants et commanditaires qui se présentaient à son atelier dès les premières heures.
Après-midi
Les après-midis étaient souvent consacrées aux séances de pose pour les portraits officiels, exercice lucratif mais contraignant auquel il se soumettait pour financer sa liberté créatrice. Il recevait parfois des personnalités de la cour, de l'aristocratie ou des intellectuels libéraux qui formaient son cercle d'amis madrilènes.
Soir
Le soir, à la lumière des bougies — parfois fixées à son chapeau selon la légende —, Goya travaillait à ses œuvres personnelles : gravures, dessins et peintures qui n'étaient destinées à aucun commanditaire. C'est dans ces heures nocturnes que prenait forme son univers visionnaire et sombre.
Alimentation
La cuisine espagnole du XVIIIe siècle formait le quotidien de Goya : pain, huile d'olive, ail, légumineuses, viandes en ragoût ('cocido madrileño'), fromages et vins de la région. En tant que peintre de cour prospère, il pouvait s'offrir les mets de la bourgeoisie madrilène, bien loin de la table austère de son enfance aragonaise.
Vêtements
Dans sa vie professionnelle à la cour, Goya portait la casaque brodée et la perruque poudrée de rigueur au XVIIIe siècle. Dans son atelier, il s'habillait plus simplement d'une veste sombre et d'un tablier de travail. À Bordeaux dans ses dernières années, il adopta la tenue bourgeoise française, redingote et haut-de-forme.
Habitat
Goya habita successivement plusieurs logements madrilènes au fil de son ascension sociale, des appartements modestes de ses débuts aux demeures bourgeoises de sa maturité. Son acquisition en 1819 de la Quinta del Sordo, maison avec jardin en bordure du Manzanares, représente le sommet de sa réussite matérielle avant l'exil bordelais.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Clair-obscur dramatique et matière picturale épaisse, figures expressives surgissant de fonds noirs — le style visuel puissant et sombre de la maturité de Goya.
Ambiance sonore
L'atmosphère sonore de l'atelier nocturne de Goya à Madrid : gravure sur cuivre, crépitement du feu, bruits de la ville en guerre filtrés par les murs épais.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Los Caprichos (Les Caprices)
1799
La Famille de Charles IV
1800-1801
Les Désastres de la guerre
1810-1820 (publiés en 1863)
Le Parasol
1777






