Peintre italien (vers 1578-1644), spécialiste de la peinture de paysages et de marines. Il fut le maître de Claude Lorrain et contribua au développement de la perspective atmosphérique dans la peinture baroque romaine.
Agostino Tassi(1580 — 1644)
Agostino Tassi
États pontificaux
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Né vers 1578 à Pérouse ou Florence, mort en 1644 à Rome
- Spécialisé dans les paysages, marines et quadrature (illusion architecturale en fresque)
- Maître de Claude Lorrain, qu'il forma à Rome vers 1613-1617
- Condamné pour le viol d'Artemisia Gentileschi lors du procès de 1612, affaire célèbre de l'histoire de l'art
- Travailla pour le cardinal Scipione Borghese et réalisa des fresques dans plusieurs palais romains
Œuvres & réalisations
Chef-d'œuvre de la quadratura baroque : Tassi peint à fresque des architectures illusionnistes sur les murs de la grande salle du palais pontifical, encore visibles aujourd'hui. Ce décor illustre sa maîtrise absolue de la perspective simulée et de l'espace imaginaire.
En collaboration avec Guercino, Tassi réalise les encadrements architecturaux en trompe-l'œil qui mettent en valeur la célèbre Aurore au plafond. Cette œuvre collective est l'un des grands monuments de la fresque baroque romaine.
Tout au long de sa carrière, Tassi produisit des marines et des paysages côtiers qui influencèrent durablement Claude Lorrain. Ces tableaux, dispersés dans plusieurs musées européens, se distinguent par leur lumière atmosphérique et leurs ciels lumineux caractéristiques.
L'une des marines les mieux documentées de Tassi, elle illustre son talent pour rendre la lumière réfléchie sur l'eau et l'animation d'un port méditerranéen, thème qui deviendra la signature même de son élève le Lorrain.
Tassi contribua à des travaux décoratifs dans les galeries du Vatican dans le cadre des grands chantiers de Paul V, y appliquant ses techniques de perspective architecturale aux côtés d'autres peintres de renom.
Anecdotes
En 1611, Agostino Tassi est accusé d'avoir violé Artemisia Gentileschi, jeune peintre de talent et fille de son collègue Orazio. Le procès qui s'ensuit en 1612 est l'un des plus retentissants de l'histoire de l'art baroque : pour vérifier la crédibilité de son témoignage, Artemisia est soumise à la torture des cordes (la sibille), ce qu'elle endure avec courage. Tassi est finalement condamné au bannissement, peine peu appliquée.
Agostino Tassi fut le maître le plus influent de Claude Gellée, dit le Lorrain, qui devint l'un des plus grands peintres de paysages de l'histoire occidentale. Le jeune Lorrain, arrivé à Rome vers 1612, apprit auprès de Tassi l'art de la lumière dorée, des horizons marins et de la perspective atmosphérique — une transmission qui révolutionna la peinture de paysage européenne pour des générations.
Spécialiste de la quadratura — l'art de peindre des architectures en trompe-l'œil pour agrandir illusoirement l'espace — Tassi décora plusieurs grands palais romains. Pour le Palais du Quirinal, résidence des papes, il réalisa des frises architecturales d'une précision quasi mathématique qui stupéfiaient les visiteurs, leur donnant l'impression de regarder par de vraies fenêtres ouvertes sur un paysage imaginaire.
Malgré son immense talent reconnu par les plus grands mécènes romains, Tassi avait une réputation sulfureuse dans le milieu artistique. Impliqué dans plusieurs rixes et procès tout au long de sa vie, il incarnait le paradoxe baroque de l'artiste génial et incontrôlable, que ses commanditaires — cardinaux et princes — devaient à la fois tempérer et protéger pour pouvoir profiter de son art exceptionnel.
Sources primaires
Agostino Tassi, pittore romano assai valente nelle marine e nelle prospettive, ha lavorato in molti luoghi di Roma con grande lode de' Signori e Principi che lo hanno adoperato.
Constitutus Augustinus Tassius pictor… negavit se cognovisse carnaliter dictam Artemisiam, et dixit se esse innocentem de omnibus sibi obiectis.
Agostino Tassi pittore di prospettive et paesi si obbliga di dipingere le facciate della sala grande del Palazzo di Monte Cavallo con prospettive et paesi a fresco.
Agostino Tassi, pittore, ha violato mia figlia Artemisia in casa mia, con grande disonore della nostra famiglia, e supplico Vostra Santità di fargli rendere giustizia.
Lieux clés
Tassi y réalisa vers 1616-1617 ses plus importants décors de quadratura : des architectures en trompe-l'œil qui donnent l'illusion d'agrandir la grande salle du palais pontifical. Ce décor, encore visible aujourd'hui, est son chef-d'œuvre le mieux conservé.
En 1621, Tassi collabora avec Guercino à la décoration de ce casino pour le cardinal Ludovico Ludovisi, neveu du pape Grégoire XV. Il peignit les encadrements architecturaux en trompe-l'œil qui mettent en valeur la célèbre Aurore de Guercino au plafond.
Ville portuaire de Toscane que Tassi fréquenta et qui inspira ses célèbres marines. Il y observa les grands navires marchands et militaires qui alimentèrent son imaginaire de la mer et qu'il transmit à son élève Claude Lorrain.
Tassi vécut dans ce quartier populaire de Rome, fréquenté par de nombreux artistes et artisans. C'est là que se déroula l'affaire Gentileschi en 1611 et que son élève Claude Lorrain séjourna lors de son apprentissage.
Tassi participa à la décoration de ce palais romain proche du Quirinal, contribuant à l'embellissement d'un des ensembles baroques les plus raffinés de la ville, commandé par de grands prélats de la Curie romaine.
Objets typiques

Pour calculer les fuyantes et les points de fuite de ses architectures en trompe-l'œil (quadratura), Tassi utilisait des instruments de géométrie avec une précision quasi scientifique, traçant au préalable des grilles perspectivistes sur le mur.

Les peintres baroques romains préparaient leurs couleurs en broyant eux-mêmes les pigments avec de l'huile de lin ; le bleu d'outremer, extrait du lapis-lazuli et extrêmement coûteux, était réservé aux ciels et aux mers dans les marines de Tassi.

Tassi remplissait des carnets de dessins de bateaux, de ports, de voilures et d'horizons marins, inspirés de Livourne et de la côte tyrrhénienne, qui servirent de répertoire de formes à son élève Claude Lorrain.

Spécialiste de la quadratura, Tassi préparait ses grands décors palatiaux par des esquisses détaillées à la plume représentant colonnes, arcades et galeries illusionnistes, qu'il reportait ensuite sur le mur à l'aide d'une grille.

La fresque exigeait de peindre sur un enduit de mortier encore humide ; Tassi et ses assistants appliquaient chaque matin la quantité exacte d'intonaco correspondant à la surface à peindre dans la journée, sans possibilité de revenir en arrière.

Pour observer la mer et les navires avec précision depuis le port de Livourne, Tassi utilisait des instruments d'optique — la lunette astronomique s'étant diffusée en Italie après les travaux de Galilée en 1609 — afin de saisir les détails des gréements et des reflets de l'eau.
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Vie quotidienne
Matin
Tassi commençait sa journée avant le lever du soleil pour profiter de la lumière rasante du matin, cruciale pour l'observation des effets atmosphériques qu'il reproduisait dans ses marines. En atelier, il supervisait la préparation de l'intonaco par ses assistants : l'enduit frais devait être appliqué en quantité calculée sur la surface à peindre dans la journée, car la fresque ne souffrait aucun retard.
Après-midi
L'après-midi était consacré au travail en atelier et à la supervision des apprentis comme Claude Lorrain, à qui il enseignait les règles de la perspective et les secrets de la lumière atmosphérique. Les commandes importantes exigeaient aussi de se rendre dans les palais des mécènes — cardinaux ou princes — pour discuter des programmes décoratifs et présenter les cartons préparatoires.
Soir
Le soir, Tassi fréquentait les tavernes du Trastevere et du Campo dei Fiori, où se retrouvaient artistes, artisans et gens de lettres. Sa réputation de querelleur était notoire dans tout le milieu artistique romain, mais c'est aussi dans ces lieux de sociabilité que se nouaient les amitiés et les contacts qui lui valaient de nouvelles commandes.
Alimentation
À Rome au début du XVIIe siècle, un peintre comme Tassi mangeait principalement du pain, des légumes secs (lentilles, pois chiches), des pâtes et du fromage de brebis. La viande — porc salé, volaille ou abats — n'apparaissait que quelques fois par semaine, et les jours de maigre imposés par l'Église, on se rabattait sur le poisson séché. Le vin local, souvent coupé d'eau, était la boisson quotidienne.
Vêtements
En atelier, Tassi portait un tablier de cuir et une blouse grossière pour protéger ses vêtements des pigments et du mortier de fresque. Pour se présenter chez ses mécènes ou au tribunal, il revêtait un pourpoint de drap sombre, des chausses et un manteau — la tenue sobre mais décente d'un artisan reconnu souhaitant se distinguer du simple ouvrier manuel.
Habitat
Tassi vivait dans un appartement loué dans le Trastevere, quartier dense et populaire de Rome. Son logement comprenait une salle commune faisant office d'atelier, une chambre à coucher et une remise pour les matériaux. Des apprentis comme le jeune Claude Lorrain y logeaient parfois également, selon la coutume de l'apprentissage en bottega.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Port avec bateaux et figures
v. 1620
Décors des loges et galeries pontificales (Vatican)
v. 1612-1615






