Écrivain pragois de langue allemande, figure majeure de la littérature du XXe siècle. Son œuvre, marquée par l'absurde et l'angoisse face à des systèmes oppressants, a donné naissance à l'adjectif « kafkaïen ».
Franz Kafka(1883 — 1924)
Franz Kafka
Tchécoslovaquie, Cisleithanie
7 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Un livre doit être la hache qui brise la mer gelée en nous.»
« Les chemins de fer, le téléphone, la télégraphie sans fil rapprochent les hommes ; mais l'angoisse demeure.»
Faits marquants
- Né le 3 juillet 1883 à Prague dans une famille juive germanophone.
- Publie la nouvelle La Métamorphose en 1915.
- Mort de la tuberculose le 3 juin 1924 près de Vienne, à 40 ans.
- Ses grands romans (Le Procès, Le Château, L'Amérique) sont publiés à titre posthume par son ami Max Brod, contre sa volonté de les détruire.
- Travailla comme juriste dans une compagnie d'assurances contre les accidents du travail.
Œuvres & réalisations
Nouvelle écrite en une seule nuit, que Kafka considérait comme sa percée littéraire. Un fils est condamné par son père dans un face-à-face oppressant.
Récit le plus célèbre de Kafka : un homme se réveille transformé en insecte géant et devient un poids pour sa famille. Symbole de l'aliénation moderne.
Roman posthume où Josef K. est arrêté et jugé sans jamais connaître son crime. Œuvre fondatrice de l'imaginaire « kafkaïen ».
Nouvelle décrivant une machine de torture qui grave la sentence dans la chair du condamné. Méditation glaçante sur la justice et la cruauté.
Longue lettre autobiographique, jamais remise, où Kafka analyse la peur que lui inspire son père autoritaire. Clé de lecture de toute son œuvre.
Roman inachevé : l'arpenteur K. tente en vain d'être reconnu par les autorités d'un château inaccessible. Allégorie de la bureaucratie et de l'exclusion.
Premier roman, inachevé, suivant un jeune émigrant dans une Amérique fantasmée. Mêle satire sociale et étrangeté onirique.
Anecdotes
Avant de mourir, Kafka demanda à son ami Max Brod de brûler tous ses manuscrits inédits, dont les romans « Le Procès » et « Le Château ». Brod refusa d'obéir et publia les textes après 1924 : sans cette trahison, l'œuvre la plus célèbre de Kafka aurait disparu en fumée.
Kafka n'était écrivain que la nuit. Le jour, il était juriste salarié de l'Office d'assurance contre les accidents du travail à Prague, où il rédigeait des rapports techniques sur la sécurité des machines. Il appelait son travail de bureau son « gagne-pain » et réservait ses forces nocturnes à la littérature.
De son vivant, Kafka n'a presque rien publié et était quasi inconnu du grand public. Il ne fit paraître que quelques récits comme « La Métamorphose » (1915), et la gloire mondiale n'arriva que des années après sa mort, au point que son nom a donné l'adjectif « kafkaïen ».
Kafka se fiança deux fois à la même femme, Felice Bauer, et rompit deux fois. Il lui écrivit des centaines de lettres parfois quotidiennes, mais l'idée du mariage le terrifiait car il craignait qu'il ne lui vole le temps et la solitude nécessaires à l'écriture.
Atteint de tuberculose, Kafka passa ses dernières années dans des sanatoriums. À la fin, la maladie touchant son larynx l'empêchait de parler et même d'avaler : il communiquait par petits billets écrits et mourut affamé à 40 ans, en 1924, dans un établissement près de Vienne.
Sources primaires
En se réveillant un matin après des rêves agités, Gregor Samsa se retrouva, dans son lit, métamorphosé en un monstrueux insecte.
Tu m'as demandé récemment pourquoi je prétends avoir peur de toi. Comme d'habitude, je n'ai rien su te répondre, en partie justement à cause de la peur que tu m'inspires.
23 septembre. Cette nouvelle, « Le Verdict », je l'ai écrite d'une seule traite dans la nuit du 22 au 23, de dix heures du soir à six heures du matin.
On avait sûrement calomnié Josef K., car, sans avoir rien fait de mal, il fut arrêté un matin.
Lieux clés
Ville natale de Kafka, où il passa presque toute sa vie. Son dédale de ruelles, sa communauté juive de langue allemande et la silhouette du Château forment le décor de son œuvre.
Kafka y étudia le droit et y obtint son doctorat en 1906. Il y rencontra Max Brod, son ami fidèle et futur éditeur posthume.
Kafka y travailla comme juriste de 1908 à 1922, rédigeant des rapports sur les risques industriels. Cet univers administratif nourrit sa vision de la bureaucratie absurde.
Kafka loua en 1916-1917 une minuscule maison de cette ruelle pittoresque pour y écrire dans le calme. Le Château qui la domine fournira le titre et le motif de son dernier roman.
Kafka y mourut de la tuberculose le 3 juin 1924, à 40 ans. La maladie de son larynx l'empêchait de parler et de s'alimenter dans ses derniers jours.
Kafka y repose dans le caveau familial, sous une pierre où figurent aussi les noms de ses parents. Sa tombe est devenue un lieu de pèlerinage littéraire.
Objets typiques

Kafka tenait depuis 1910 des cahiers intimes où il consignait rêves, fragments littéraires et angoisses. Ces journaux sont à la fois laboratoire d'écriture et confession.

Kafka écrivait des centaines de lettres, parfois plusieurs par jour, à ses fiancées et amies. Ces lettres forment une part essentielle de son œuvre et de sa vie sentimentale.

Dans son travail d'assureur, Kafka utilisait les outils de l'administration moderne, dont la machine à écrire, pour produire rapports et formulaires. Cet univers bureaucratique nourrit ses fictions.

Kafka rédigeait des rapports sur les accidents du travail et les risques des machines industrielles. Cette paperasse omniprésente inspire les procédures absurdes du « Procès » et du « Château ».

Comme tout employé de bureau de son époque, Kafka portait costume strict, col dur et chapeau pour se rendre à l'Office d'assurance. Une tenue qui incarnait le sérieux bourgeois pragois.

Kafka traversait quotidiennement Prague à pied ou en tramway électrique, ville dont les ruelles, ponts et la silhouette du Château imprègnent son imaginaire.
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Vie quotidienne
Matin
Kafka se levait tôt pour rejoindre son bureau de l'Office d'assurance, où il passait la matinée à étudier des dossiers d'accidents du travail. Juriste consciencieux, il y était apprécié malgré le peu d'estime qu'il portait à cette activité alimentaire.
Après-midi
Sa journée de fonctionnaire se terminait vers 14 heures, ce qui lui laissait l'après-midi pour dormir, se promener dans Prague ou faire de l'exercice. Il pratiquait la natation, la gymnastique et de longues marches pour soigner son corps fragile.
Soir
C'est la nuit que Kafka écrivait, parfois jusqu'à l'aube, dans le silence de l'appartement familial. Il considérait cette solitude nocturne comme la condition indispensable de sa création littéraire.
Alimentation
Kafka adopta un mode de vie végétarien et s'intéressait aux régimes naturels et à la mastication lente alors en vogue. À la fin de sa vie, la tuberculose du larynx l'empêcha presque totalement de manger.
Vêtements
Comme tout employé de la Prague bourgeoise, il portait le costume sombre, le col dur et le chapeau de l'homme de bureau. Élégant et soigné, il aimait une mise correcte et discrète.
Habitat
Kafka vécut longtemps dans l'appartement de ses parents, au cœur de la Vieille Ville, ce qui pesait sur son besoin d'indépendance. Il loua parfois des chambres ou de petites maisons, comme dans la Ruelle d'Or, pour écrire tranquille.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Le Verdict (Das Urteil)
1912
La Métamorphose (Die Verwandlung)
1915
Le Procès (Der Process)
1914-1915, publié en 1925
La Colonie pénitentiaire (In der Strafkolonie)
1919
Lettre au père (Brief an den Vater)
1919
Le Château (Das Schloss)
1922, publié en 1926
L'Amérique / Le Disparu (Der Verschollene)
écrit dès 1912, publié en 1927






