Fujin
Fujin
Fujin est le dieu du vent dans la mythologie shintoïste japonaise. Il est représenté comme un démon portant un grand sac contenant les vents du monde. Jumeau de Raijin, dieu du tonnerre, il est l'une des divinités les plus anciennes du panthéon japonais.
Faits marquants
- Fujin (風神) signifie littéralement « dieu du vent » en japonais
- Mentionné dans le Kojiki (712 ap. J.-C.), la plus ancienne chronique mythologique japonaise
- Représenté avec un sac de vents qu'il libère pour déchaîner les tempêtes
- Ses statues ornent les portes du temple Senso-ji à Asakusa, Tokyo, aux côtés de Raijin
- Associé au kamikaze (« vent divin »), censé avoir protégé le Japon des invasions mongoles en 1274 et 1281
Œuvres & réalisations
Premier texte rédigé en japonais à codifier les mythes fondateurs, le Kojiki intègre Fujin dans la généalogie des kamis primordiaux, attestant son rôle depuis la création du monde.
Complément du Kojiki rédigé en chinois classique, le Nihon Shoki précise les attributions de Fujin et Raijin dans l'ordre cosmique, servant de référence théologique pendant des siècles.
Chef-d'œuvre absolu de l'école Rinpa, ce paravent à deux panneaux sur fond or représente Fujin et Raijin dans un style d'une expressivité saisissante ; il est aujourd'hui trésor national japonais.
Réinterprétation du paravent de Sōtatsu par l'un des maîtres de l'école Rinpa, témoignant de la pérennité iconographique de Fujin dans l'art japonais classique.
Sculpture en bois laqué représentant Fujin parmi les 28 divinités protectrices (Nijūhachi Bushu) entourant Kannon, témoignage de la fusion entre shinto et bouddhisme au Japon médiéval.
Hokusai, Hiroshige et d'autres maîtres de l'estampe intégrèrent Fujin et Raijin dans leurs œuvres, diffusant leur iconographie au-delà des temples et dans la culture populaire japonaise.
Anecdotes
Fujin et Raijin auraient été parmi les premiers êtres à apparaître lorsque le chaos primordial se sépara en ciel et en terre. Selon certaines traditions shinto, c'est le souffle de Fujin qui aurait contribué à chasser les brumes et à clarifier le monde naissant, permettant à la lumière du soleil de s'y répandre.
Lors de l'invasion mongole du Japon en 1274 et en 1281, de violentes tempêtes détruisirent les flottes ennemies. Les Japonais attribuèrent ces vents salvateurs à Fujin et Raijin, nommant ces tempêtes 'kamikaze', littéralement 'vent divin'. Cet épisode renforça durablement le culte des deux divinités dans tout le pays.
Fujin est représenté avec une peau verdâtre ou bleutée, des cheveux hérissés et un immense sac en peau de léopard posé sur ses épaules. Ce sac contiendrait tous les vents du monde : lorsqu'il le dénoue, il libère les tempêtes ; lorsqu'il le referme, le calme revient sur la terre et la mer.
Le célèbre peintre Tawaraya Sōtatsu réalisa au début du XVIIe siècle un paravent à deux panneaux représentant côte à côte Fujin et Raijin. Cette œuvre, conservée au Temple Kennin-ji de Kyoto, est devenue l'une des représentations iconiques de la peinture japonaise classique et a inspiré d'innombrables artistes par la suite.
Dans la tradition bouddhiste qui s'est mêlée au shinto au Japon, Fujin fut assimilé à Vāyu, dieu du vent de l'hindouisme. Cette fusion illustre comment les croyances japonaises ont intégré des influences continentales tout en conservant leur identité propre. On retrouve Fujin parmi les Nijūhachi Bushu, les 28 divinités protectrices du bouddhisme japonais.
Sources primaires
Au commencement, lorsque le ciel et la terre n'étaient pas encore séparés, les divinités du vent participèrent à l'ordonnancement du monde visible, soufflant sur les eaux primordiales.
Les dieux du vent et du tonnerre veillent sur les frontières du royaume céleste et terrestre, et leur colère se manifeste dans les tempêtes qui balaient les terres et les mers.
Les guerriers rapportèrent que les navires mongols furent dispersés par des vents prodigieux, et le peuple rendit grâce aux divinités Fujin et Raijin pour avoir protégé le Japon de l'envahisseur.
Ces deux divinités du vent et du tonnerre sont peintes ici pour protéger ce lieu sacré et rappeler aux fidèles la puissance des forces naturelles soumises à la volonté divine.
Lieux clés
Plus ancien temple zen de Kyoto, il conserve le célèbre paravent de Sōtatsu représentant Fujin et Raijin, l'une des œuvres les plus emblématiques de l'art japonais classique.
Lieu saint suprême du shinto, dédié à la déesse Amaterasu mais intégrant l'ensemble du panthéon shinto dont Fujin ; ses forêts sacrées traversées par le vent évoquent la présence du dieu.
L'un des sanctuaires shinto les plus directement associés aux divinités du vent, où le culte de Fujin et des vents divins est particulièrement vivace depuis l'Antiquité.
Site des deux invasions mongoles de 1274 et 1281, où les tempêtes attribuées à Fujin et Raijin détruisirent les flottes ennemies. Des fouilles sous-marines y ont retrouvé des épaves de ces expéditions.
Symbole sacré du Japon, le Mont Fuji est souvent associé aux divinités du vent qui en balaient les flancs ; son sommet perpétuellement battu par les vents est considéré comme un lieu de contact entre les kamis et les mortels.
Galerie
Flickr - …trialsanderrors - Utamaro, Young lady blowing on a poppin, 1790
Wikimedia Commons, CC BY 2.0 — …trialsanderrors
Portrait of a Lady Momoyama Period (Yamato Bunkakan)
Wikimedia Commons, Public domain — Momoyama-period artist








