Mathématicien britannique, figure majeure de la théorie des nombres et de l'analyse au début du XXe siècle. Il est célèbre pour sa collaboration avec John Littlewood et pour avoir révélé au monde le génie autodidacte indien Srinivasa Ramanujan.
G.H. Hardy(1877 — 1947)
Godfrey Harold Hardy
Royaume-Uni
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« Un mathématicien, comme un peintre ou un poète, est un faiseur de motifs.»
« Je n'ai jamais rien fait d'« utile ». Aucune de mes découvertes n'a apporté, ni n'est susceptible d'apporter, directement ou indirectement, en bien ou en mal, la moindre différence à l'agrément du monde.»
Faits marquants
- Né en 1877 à Cranleigh (Royaume-Uni), mort en 1947 à Cambridge
- Énonce en 1908 la loi de Hardy-Weinberg, fondamentale en génétique des populations
- Engage à partir de 1913 une collaboration avec le mathématicien indien Srinivasa Ramanujan
- Mène avec John Littlewood une longue et féconde collaboration en théorie analytique des nombres
- Publie en 1940 'A Mathematician's Apology', réflexion sur la beauté des mathématiques
Œuvres & réalisations
Manuel fondateur qui introduisit la rigueur de l'analyse moderne dans l'enseignement britannique. Réédité de nombreuses fois, il forma des générations d'étudiants.
Principe de génétique des populations expliquant la stabilité des fréquences alléliques. Découverte « accidentelle » devenue un pilier de la biologie.
Série de mémoires sur les nombres premiers, la fonction zêta de Riemann et la méthode du cercle. Collaboration légendaire par sa fécondité.
Hardy guida, publia et fit reconnaître les découvertes de Ramanujan, notamment sur les partitions d'entiers via la méthode du cercle Hardy-Littlewood-Ramanujan.
Ouvrage de référence rassemblant et systématisant les inégalités mathématiques fondamentales, encore consulté aujourd'hui.
Essai célèbre défendant la beauté des mathématiques pures comme art. Devenu un classique de la littérature scientifique grand public.
Manuel de théorie des nombres devenu une référence mondiale pour l'enseignement universitaire.
Anecdotes
En 1913, Hardy reçut une lettre étonnante d'un employé indien inconnu, Srinivasa Ramanujan, remplie de théorèmes extraordinaires. Méfiant, il faillit la jeter, mais après en avoir discuté avec Littlewood le soir même, il conclut que seul un génie authentique pouvait inventer de telles formules. Il fit venir Ramanujan à Cambridge, changeant l'histoire des mathématiques.
Hardy aimait raconter l'anecdote du taxi numéro 1729. Rendant visite à Ramanujan malade, il lui dit que le numéro de son taxi était banal. Ramanujan répliqua aussitôt : « Non, c'est le plus petit nombre exprimable comme somme de deux cubes de deux façons différentes ! » (1³+12³ et 9³+10³). On parle depuis de « nombre taxicab ».
Athée convaincu, Hardy considérait Dieu comme son ennemi personnel. Avant une traversée maritime dangereuse, il envoya une carte postale annonçant faussement qu'il avait résolu l'hypothèse de Riemann : il pariait que Dieu ne le laisserait pas mourir en lui accordant à tort la gloire de cette découverte.
Hardy détestait les miroirs au point de les recouvrir d'un drap en entrant dans une chambre d'hôtel. Passionné de cricket, il évaluait la beauté d'une démonstration mathématique comme celle d'un coup parfait, affirmant qu'« il n'y a pas de place durable pour les mathématiques laides ».
Dans son célèbre essai « L'Apologie d'un mathématicien » (1940), Hardy se vantait de n'avoir jamais rien fait d'« utile » et que ses travaux ne pourraient jamais servir à la guerre. L'ironie de l'histoire : sa fameuse loi de Hardy-Weinberg est aujourd'hui un pilier de la génétique des populations.
Sources primaires
Un mathématicien, comme un peintre ou un poète, est un faiseur de motifs. Si ses motifs sont plus durables que les leurs, c'est parce qu'ils sont faits d'idées.
Ces formules devaient être vraies, car si elles ne l'étaient pas, personne n'aurait eu l'imagination de les inventer.
Il est facile de voir qu'une telle distribution se perpétuera inchangée après la deuxième génération.
Je dois à Ramanujan le seul épisode romantique de ma vie.
Lieux clés
Ville natale de Hardy, où son père enseignait dans une école préparatoire. Il y reçut sa première éducation.
Cœur de la vie intellectuelle de Hardy, où il étudia puis enseigna, et où il accueillit Ramanujan. Foyer de l'âge d'or des mathématiques pures britanniques.
Hardy y occupa la chaire savilienne de géométrie de 1919 à 1931, une période qu'il jugea heureuse et productive.
Prestigieux collège où Hardy fit ses études secondaires grâce à une bourse, avant d'entrer à Cambridge.
Ville où Hardy passa l'essentiel de sa carrière et où il mourut le 1er décembre 1947.
Objets typiques

Outil quotidien du mathématicien pour écrire équations et démonstrations lors des séminaires et du travail en collaboration. Hardy y développait ses idées avec Littlewood.

Carnets manuscrits où Ramanujan consignait des milliers de formules sans démonstration, étudiés et diffusés par Hardy. Ils restent une mine d'inspiration pour les mathématiciens.

Symbole de la passion dévorante de Hardy pour le cricket, sport auquel il comparait l'élégance des démonstrations mathématiques. Il suivait assidûment les scores.

Instruments d'écriture pour la correspondance et la rédaction d'articles savants. La lettre fondatrice de Ramanujan fut écrite à la plume.

Robe académique noire portée lors des cérémonies et de l'enseignement dans les colleges. Marque de l'appartenance au monde feutré de Trinity College.

Hardy souffrait d'une aversion pour son reflet et couvrait systématiquement les miroirs des chambres où il séjournait. Détail révélateur de son caractère excentrique.
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Vie quotidienne
Matin
Hardy commençait sa journée tard et la consacrait à ses « quatre heures » de mathématiques créatives, qu'il jugeait le maximum possible pour un travail de qualité. Il lisait d'abord les pages cricket du journal avant de s'attaquer aux problèmes.
Après-midi
L'après-midi était souvent réservé au cricket, sa grande passion, soit en assistant à des matchs, soit en suivant les scores. Il pratiquait aussi le « real tennis » et de longues promenades, considérant l'exercice comme essentiel à l'esprit.
Soir
Les soirées se passaient à la Combination Room de Trinity College, autour de conversations avec ses collègues, ou à correspondre. C'est un soir qu'il décida, avec Littlewood, du génie de Ramanujan.
Alimentation
Comme membre d'un college de Cambridge, Hardy partageait les repas formels à la High Table, avec une cuisine britannique classique. Célibataire, il dépendait largement de la restauration collective de l'institution.
Vêtements
Hardy portait les tenues sobres et élégantes d'un universitaire de l'époque édouardienne : costumes de tweed, chemises et la toge académique noire lors des cérémonies. Il négligeait peu son apparence malgré ses excentricités.
Habitat
Il vivait dans les appartements (« rooms ») réservés aux Fellows à l'intérieur des colleges de Cambridge puis d'Oxford. Ce mode de vie célibataire et communautaire était typique des universitaires britanniques.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
A Course of Pure Mathematics
1908
Loi de Hardy-Weinberg
1908
Travaux avec Littlewood sur la théorie des nombres
1911-1947
Édition des travaux de Ramanujan
1914-1920
Inequalities (avec Littlewood et Pólya)
1934
A Mathematician's Apology
1940
An Introduction to the Theory of Numbers (avec E.M. Wright)
1938






